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	<title>Psychanalyste-Paris.com</title>
	<link>https://psychanalyste-paris.com/</link>
	<description>Psychanalyste-paris.com propose des articles et &#233;ditoriaux sur la psychanalyse et les formations de l'inconscient freudien : histoire de la naissance de la psychanalyse, d&#233;finitions de la psychanalyse freudienne et lacanienne, psychanalyse des contes de f&#233;es, consultations et formations du psychanalyste. La psychanalyse est une m&#233;thode d'investigation de l'inconscient et de ses formations : par l'analyse des r&#234;ves, des lapsus et des actes manqu&#233;s, par la rem&#233;moration et l'analyse des souvenirs infantiles, la m&#233;thode psychanalytique de la libre association et de la cure par la parole d&#233;noue progressivement les inhibitions, les sympt&#244;mes et les angoisses et nous lib&#232;re d&#233;finitivement de toutes nos souffrances psychiques.
Christophe Bormans, Psychanalyste
&#8211; 8, rue de Florence - 75008 Paris
&#8211; Secteur Nord-Ouest : 2e, 8e, 9e, 17e et 18e arrondissements de Paris
&#8211; T&#233;l. : 01 40 41 07 27
&#8211; M&#176; : Place Clichy, Europe, Rome ou Li&#232;ge
&#8211; RER ou SNCF : Gare Haussmann / Saint-Lazare</description>
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		<title>Psychanalyste-Paris.com</title>
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		<title>L'Auto-analyse de Freud</title>
		<link>https://psychanalyste-paris.com/L-Auto-analyse-de-Freud.html</link>
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		<dc:date>2002-11-09T12:13:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
		<dc:subject>Wilhelm Fliess</dc:subject>
		<dc:subject>Interpr&#233;tation des r&#234;ves</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Une cliente de Freud, la baronne Marie Ferstel, femme d'un diplomate, eut vent de l'affaire... Elle se mit en quatre pour faire la connaissance du ministre et conclut avec lui un march&#233;. Il d&#233;sirait acqu&#233;rir pour le Mus&#233;e de peinture moderne un tableau de B&#246;cklin (Die Burgruine) que poss&#233;dait une tante de Mme Ferstel, Mme Ernestine Thorsch. Il fallut trois mois de tractations pour que la vieille dame consent&#238;t &#224; c&#233;der le tableau, mais finalement le ministre annon&#231;a aimablement &#224; la baronne Ferstel, au cours d'un d&#238;ner, qu'il venait de soumettre le document n&#233;cessaire &#224; l'approbation de l'Empereur. Le jour suivant, la dame se pr&#233;cipita dans le bureau de Freud en criant : &#034;J'ai r&#233;ussi !&#034; &#187; (Ernest JONES, &#171; La vie et l'oeuvre de Sigmund Freud &#187; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 374).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/-A-propos-de-Freud-.html" rel="directory"&gt;&#192; propos de Freud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Sigmund-Freud-+.html" rel="tag"&gt;Sigmund Freud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-FLIESS-Wilhelm-+.html" rel="tag"&gt;Wilhelm Fliess&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Interpretation-des-reves-+.html" rel="tag"&gt;Interpr&#233;tation des r&#234;ves&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton45-6b64b.gif?1757697517' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce d&#233;but d'ann&#233;e 1897, la salle d'attente de Freud est vide et ses vacances en famille durent quelque peu &#234;tre &#233;court&#233;es. Ce n'est qu'en septembre qu'il pourra s'adonner &#224; sa grande passion, les voyages, en partant quelques jours avec son fr&#232;re Alexander en Italie, o&#249; il visitera successivement Venise, Pise, Trieste et Sienne, puis Orvieto, o&#249; il pourra contempler les tableaux de Signorelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-juillet cependant, seul &#224; Vienne, il s'occupe de la pierre tombale de son p&#232;re, d&#233;c&#233;d&#233; le 23 octobre dernier. C'est l&#224;, &#224; ce moment pr&#233;cis, qu'il entame son auto-analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Jones le pr&#233;cise, &#034;deux parts importantes des recherches de Freud sont intimement li&#233;es &#224; son autoanalyse&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : la mise en &#233;vidence du r&#244;le primordial que joue, dans l'inconscient, la sexualit&#233; infantile, et l'interpr&#233;tation des r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La sexualit&#233; infantile : &#034; le Grand secret &#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son article de 1896 intitul&#233; &#034;L'H&#233;r&#233;dit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&#034;, dans lequel il usait pour la premi&#232;re fois de l'expression m&#234;me de &#034;psychanalyse&#034;, Freud, on s'en souvient, reconnaissait comme &#034;source commune&#034; des n&#233;vroses, &#034;la vie sexuelle de l'individu&#034;. &#192; l'&#233;poque cependant, il n'en &#233;tait qu'aux premiers pas de ses recherches en ce domaine. Plus pr&#233;cis&#233;ment, cette source commune, il l'envisageait comme &#034;soit d&#233;sordre de la vie sexuelle actuelle, soit &#233;v&#233;nements importants de la vie pass&#233;e&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud t&#226;tonnait encore et reconnaissait volontiers que l'expression &#034;d&#233;sordres de l'&#233;conomie nerveuse&#034; demeurait quelque peu &#034;vague&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En outre, il n'est pas encore convaincu du caract&#232;re essentiellement fantasmatique de cette sexualit&#233; infantile. Comme Jones le pr&#233;cise, il semble qu'il restait toujours &#034;soumis &#224; l'influence de Charcot qui avait soulign&#233; le r&#244;le des incidents traumatisants&#034; ; mais il commence cependant &#224; avoir quelques doutes &#224; ce propos :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Comment peut-on rester convaincu de la r&#233;alit&#233; de ces confessions d'analyse qui pr&#233;tendent &#234;tre des souvenirs conserv&#233;s depuis la premi&#232;re enfance, et comment se pr&#233;munir contre l'inclination &#224; mentir et la facilit&#233; d'invention attribu&#233;es aux hyst&#233;riques ?&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en entamant sa propre analyse, qu'il commence &#224; comprendre le caract&#232;re hautement fantasmatique de la r&#233;alit&#233; psychique inconsciente. Durant le mois de f&#233;vrier 1897, soit cinq mois &#224; peine apr&#232;s la mort de son p&#232;re, Freud accuse celui-ci d'avoir commis sur sa personne des actes de s&#233;duction, du moins c'est ce qu'il croit pouvoir se souvenir. Devant cette activit&#233; fantasmatique d&#233;bordante, il &#233;crit &#224; Fliess le 2 mai 1897 : &#034;Mon r&#233;tablissement ne se r&#233;alisera que par un travail &#224; l'int&#233;rieur de mon inconscient ; je n'y puis parvenir par mes seuls efforts conscients&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; la fin du mois, le 31 mai 1897, il fait pour la premi&#232;re fois allusion au complexe d'&#338;dipe et, le 21 septembre 1897, d&#233;cide de confier alors &#224; Fliess &#034;le grand secret&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il faut que je te confie tout de suite le grand secret qui, au cours de ces derniers mois, s'est lentement r&#233;v&#233;l&#233; &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud ne croit tout simplement plus &#224; sa th&#233;orie des n&#233;vroses bas&#233;e sur l'incident traumatique ; c'est ce qu'il explique &#224; Fliess en d&#233;tail. Les causes en sont multiples et, au premier rang, on trouve d'abord :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; [...] La surprise de constater que, dans chacun des cas, il fallait accuser le p&#232;re, et ceci sans exclure le mien, de perversion, la notion de la fr&#233;quence inattendue de l'hyst&#233;rie o&#249; se retrouve chaque fois la m&#234;me cause d&#233;terminante, alors qu'une telle g&#233;n&#233;ralisation des actes pervers commis envers des enfants semblait peu croyable &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce v&#233;ritable chaos qu'il fait ressurgir de son propre inconscient, Freud a du mal &#224; y reconna&#238;tre ses petits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; [...] La conviction qu'il n'existe dans l'inconscient aucun indice de r&#233;alit&#233; de telle sorte qu'il est impossible de distinguer l'une de l'autre la v&#233;rit&#233; et la fiction investie d'affect. C'est pourquoi une solution reste possible, elle est fournie par le fait que le fantasme sexuel se joue toujours autour des parents &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud est ind&#233;niablement sur la piste du complexe d'&#339;dipe, mais s'interroge encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ces doutes constituent-ils seulement une simple &#233;tape sur la voie menant &#224; une connaissance plus approfondie ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud tente cependant de garder sa s&#233;r&#233;nit&#233; et &#233;prouve toutes ses d&#233;sillusions sous un jour nouveau. Bref, l'analyse peut commencer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Une c&#233;l&#233;brit&#233; &#233;ternelle, la fortune assur&#233;e, l'ind&#233;pendance totale, les voyages, la certitude d'&#233;viter aux enfants tous les graves soucis qui ont accabl&#233; ma jeunesse, voil&#224; quel &#233;tait mon bel espoir. Tout d&#233;pendait de la r&#233;ussite ou de l'&#233;chec de l'hyst&#233;rie. Me voici oblig&#233; de me tenir tranquille, de rester dans la m&#233;diocrit&#233;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La naissance de la psychanalyse, PUF, Paris, p. 192-193.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En acceptant symboliquement ce qui n'&#233;tait jusqu'alors que frustration, il &#233;prouve la jouissance de se sentir &#034;plut&#244;t victorieux que battu&#034; et, comme Jones le pr&#233;cise, &#034;il avait le droit de se r&#233;jouir car, gr&#226;ce aux connaissances nouvellement acquises, il &#233;tait sur le point d'explorer toute la sexualit&#233; infantile et de compl&#233;ter sa th&#233;orie psychologique du r&#234;ve - ses deux plus belles r&#233;alisations&#034;. L'ann&#233;e 1897 semble en effet ind&#233;niablement marquer, &#034;dans l'existence de Freud, le point culminant&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les b&#233;n&#233;fices scientifiques s'en font ressentir un an plus tard, lors de sa conf&#233;rence de 1898, lorsque la sexualit&#233; infantile inconsciente est enfin saisie par Freud de mani&#232;re dynamique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Mais il est exact que l'organisation et le d&#233;veloppement de l'esp&#232;ce Homme tendent &#224; &#233;viter une activit&#233; sexuelle plus ou moins extensive &#224; l'&#226;ge enfantin ; il semble que les forces de pulsion sexuelles, chez l'&#234;tre humain, doivent &#234;tre emmagasin&#233;es pour, ensuite, lors de leur d&#233;cha&#238;nement &#224; l'&#233;poque de la pubert&#233;, &#234;tre au service de grandes fins culturelles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendant ici hommage Fliess, Freud saisi le sexuel comme un v&#233;ritable processus dynamique et pulsionnel et, en outre, inverse la d&#233;termination : c'est d&#233;sormais, d&#232;s 1898, le refoulement qui est envisag&#233; comme &#233;tant premier, et c'est l'&#233;chec de ce m&#233;canisme, notamment sous sa forme sublimatoire, qui fait que les pulsions sexuelles, c'est-&#224;-dire les &#034;exp&#233;riences v&#233;cues sexuelles de l'&#226;ge enfantin&#034; agissent alors de fa&#231;on pathog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, annonce-t-il &#233;galement, ces consid&#233;rations imposent une refonte totale de toute la th&#233;orie de l'appareil psychique, afin d'acc&#233;der &#224; une compr&#233;hension nouvelle et pleinement satisfaisante des m&#233;canismes et facteurs d&#233;terminants de la n&#233;vrose. Mais il faut pour cela &#224; Freud &#034;de plus amples d&#233;veloppements&#034;. La question de la sexualit&#233; infantile &#233;tant r&#233;solue, il est d&#233;j&#224; sur le point de parachever son &#339;uvre ma&#238;tresse, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Avant tout, il serait in&#233;vitable d'avancer comme cr&#233;dibles certaines hypoth&#232;ses sur la composition et le mode de travail de l'appareil psychique, qui me semblent neuves. Dans un livre sur l'&#034;interpr&#233;tation du r&#234;ve&#034;, je trouverai l'occasion d'aborder ces fondements d'une psychologie des n&#233;vroses. Le r&#234;ve appartient en effet &#224; la m&#234;me s&#233;rie de formations psychopathologies que l'id&#233;e fixe hyst&#233;rique, la repr&#233;sentation de contrainte et l'id&#233;e d&#233;lirante &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La libre association et les r&#233;sistances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud profite de sa conf&#233;rence de 1898, pour souligner les progr&#232;s consid&#233;rables qu'il a fait faire &#224; sa m&#233;thode d'investigation de l'inconscient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Comme les manifestations des psychon&#233;vroses apparaissent &#224; partir de traces psychiques inconscientes moyennant l'apr&#232;s-coup, elles deviennent accessibles &#224; la psychoth&#233;rapie qui doit toutefois emprunter ici d'autres voies que celle, la seule suivie jusqu'&#224; pr&#233;sent, de la suggestion, avec ou sans hypnose. Me basant sur la m&#233;thode &#034;cathartique&#034; indiqu&#233;e par Breuer, j'ai presque compl&#232;tement &#233;labor&#233; dans les derni&#232;res ann&#233;es un proc&#233;d&#233; th&#233;rapeutique que j'appellerai &#034;psychanalytique&#034;, auquel je dois de nombreux succ&#232;s, tout en osant esp&#233;rer accro&#238;tre encore consid&#233;rablement mon efficacit&#233;. Dans les &#201;tudes sur l'hyst&#233;rie, publi&#233;es en 1895 (avec J. Breuer) ont &#233;t&#233; donn&#233;es les premi&#232;res communications sur la technique et la port&#233;e de la m&#233;thode. Depuis lors, bien des choses, comme j'ose l'affirmer, s'y sont modifi&#233;es en mieux. Tandis qu'alors nous d&#233;clarions avec modestie que nous ne pouvions nous attaquer qu'&#224; l'&#233;limination de sympt&#244;mes hyst&#233;riques et non pas &#224; la gu&#233;rison de l'hyst&#233;rie elle-m&#234;me, cette diff&#233;rence m'est apparue depuis lors vide de contenu, et la perspective d'une gu&#233;rison effective de l'hyst&#233;rie et des repr&#233;sentations de contrainte s'est offerte &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&#034;, &#338;uvres compl&#232;tes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on sait en effet que, d&#232;s le cas &#201;lisabeth von R., publi&#233; dans les &#233;tudes sur l'hyst&#233;rie, Freud avait mis au point une m&#233;thode qui se rapprochait de la m&#233;thode psychanalytique achev&#233;e des associations libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mademoiselle &#201;lisabeth von R, dont il commen&#231;a le traitement &#224; l'automne 1892, &#233;tait en effet un cas &#233;minemment r&#233;fractaire &#224; l'hypnose. Pourtant, dans cette cure qui semblait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec, il f&#251;t particuli&#232;rement satisfait du caract&#232;re plus complet des r&#233;sultats obtenus par ce qu'il appela tout d'abord son &#034;analyse psychique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allong&#233;e, Mademoiselle &#201;lisabeth commen&#231;ait par fermer les yeux et &#233;tait invit&#233;e &#224; se rappeler l'histoire et l'origine de ses sympt&#244;mes. Parfois, aucune id&#233;e ne lui venait &#224; l'esprit, disait-elle. C'est alors que, sur une l&#233;g&#232;re pression de Freud, elle lui r&#233;v&#233;lait tout de m&#234;me ce qui lui &#233;tait tout d'abord venu &#224; l'esprit, en ajoutant toutefois : &#034;J'aurai pu vous raconter &#231;a la premi&#232;re fois, mais je pensais que ce n'&#233;tait pas ce que vous vouliez savoir&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je ne c&#233;dai plus d&#233;sormais quand elle pr&#233;tendait n'avoir pens&#233; &#224; rien et lui affirmai qu'une id&#233;e lui avait certainement travers&#233; l'esprit, sans qu'elle y pr&#234;t&#226;t peut-&#234;tre attention [...]. Peut-&#234;tre aussi pensait-elle que l'id&#233;e surgie n'&#233;tait pas la bonne, mais cela ne la regardait point, elle devait rester absolument objective et dire tout ce qui lui passerait par la t&#234;te, que cela lui convienne ou non ; enfin, et je le savais pertinemment, elle avait eu une id&#233;e qu'elle me dissimulait, mais elle ne se d&#233;barrasserait jamais de ses maux tant qu'elle me cacherait quelque chose. [...] Gr&#226;ce &#224; cette analyse, j'acquis une confiance totale dans ma technique. [...] Au cours de ce travail p&#233;nible j'appris &#224; attribuer une grande importance &#224; la r&#233;sistance dont faisait preuve la malade lors du rappel de ses souvenirs et je groupai soigneusement les occasions o&#249; cette r&#233;sistance se manifestait de la fa&#231;on la plus &#233;vidente &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud et J. Breuer, &#201;tudes sur l'Hyst&#233;rie, [1895], PUF, Paris, 1956, p. 122.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce fut l&#224; un premier t&#226;tonnement de la m&#233;thode des associations libres, mais quatre ans apr&#232;s le cas &#201;lisabeth, en 1896, Freud sait d&#233;sormais que &#034;les occasions o&#249; cette r&#233;sistance se manifestait de la fa&#231;on la plus &#233;vidente&#034; &#233;taient, bien entendu, celle o&#249; les associations menaient tout droit &#224; la sexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est finalement qu'en 1898, que Freud fini par v&#233;ritablement comprendre le ph&#233;nom&#232;ne de la r&#233;sistance. Apr&#232;s s'en &#234;tre d'abord aper&#231;u chez ses propres patients, il est d&#233;sormais confront&#233; &#224; la sienne : &#224; sa propre r&#233;sistance &#224; son propre inconscient, &#224; sa propre sexualit&#233; infantile, lors de sa propre auto-analyse. Mais en r&#233;ussissant &#224; progressivement la surmonter, tout s'&#233;clair et il saisit d&#233;sormais, sous un angle plus large, la r&#233;sistance de la m&#233;decine en g&#233;n&#233;ral et, surtout, de l'ordre des m&#233;decins, &#224; la r&#233;v&#233;lation de ses premiers r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En concluant son c&#233;l&#232;bre article de 1898, il souligne que le traitement radical des n&#233;vroses par la psychoth&#233;rapie analytique n'est pas accessible &#224; tous, patients autant que m&#233;decins, et que la psychanalyse exige un apprentissage particulier et restera toujours &#034;inconciliable avec l'exercice d'une autre activit&#233; m&#233;dicale&#034;. &#034;En &#233;change&#034;, pr&#233;cise-t-il en conclusion, s'annonce pour les m&#233;decins souhaitant se familiariser avec la m&#233;thode psychanalytique d'investigation de l'inconscient, &#034;l'occasion de glorieuses r&#233;alisations et d'une intelligence satisfaisante de la vie d'&#226;me des &#234;tres humains&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses &#034;, [1898], &#338;uvres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, sans aucun doute l'&#339;uvre ma&#238;tresse de Freud, est le fruit de la lente &#233;volution de sa pratique vers les associations libres et de son auto-analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Freud abandonna progressivement l'hypnose et la m&#233;thode cathartique de Breuer, et qu'il invita ses malades &#224;, eux, s'abandonner &#224; la libre association, il remarqua rapidement que ces derniers intercalaient r&#233;guli&#232;rement au beau milieu des id&#233;es qui leur venaient spontan&#233;ment &#224; l'esprit, les r&#233;cits de leurs r&#234;ves, souvent tr&#232;s imag&#233;s, ainsi que toutes les associations que ces images faisaient surgir en eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est &#224; propos du cas de Mme Emmy von N., que Freud est pour la premi&#232;re fois intrigu&#233; par ces r&#233;cits de songes, et fait observer qu'il est lui-m&#234;me soumis &#224; ce qu'il appelle alors cette force de &#034;compulsion&#034; qu'il y a &#224; pr&#234;ter une grande attention au mat&#233;riel onirique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#034; J'ai pu r&#233;cemment, gr&#226;ce &#224; des observations pratiqu&#233;es en d'autres domaines, me convaincre de la force d'une pareille compulsion. Pendant plusieurs semaines, je fus oblig&#233; de remplacer mon lit habituel par une couche plus dure, sur laquelle je devais r&#234;ver davantage, soit de fa&#231;on plus active, ou peut-&#234;tre sans obtenir le m&#234;me sommeil profond. Pendant le quart d'heure qui suivait mon r&#233;veil, je me souvenais de tous mes r&#234;ves de la nuit et me donnais la peine de les noter et de tenter de les expliquer &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud et J. Breuer, &#201;tudes sur l'Hyst&#233;rie, [1895], PUF, Paris, 1956, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a tout lieu de croire avec Jones, que &#034;ce fut de tr&#232;s bonne heure, probablement d&#232;s l'enfance, que Freud commen&#231;a &#224; s'int&#233;resser aux r&#234;ves ; de tout temps il avait r&#234;v&#233; et, d&#232;s sa jeunesse, ne se contentait pas de retenir ses songes, mais les notait&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du reste, une grande quantit&#233; de r&#233;cit de r&#234;ves sont d&#233;j&#224; contenus dans sa correspondance avec sa fianc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce n'est que dans cette note relative &#224; l'observation de Emmy von N., &#233;crite en 1894 - la note datant probablement du printemps 1895 -, que Freud fait pour la premi&#232;re fois ouvertement allusion au grand int&#233;r&#234;t qu'il semble porter &#224; l'art antique de l'interpr&#233;tation des r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est du reste &#224; cette m&#234;me &#233;poque, en juillet 1895, que &#034;fait historique&#034; nous dit Jones, pour la premi&#232;re fois Freud analyse &#224; fond l'un de ses r&#234;ves. C'est celui dit de &#034;L'Injection faite &#224; Irma&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Freud soup&#231;onnait depuis longtemps que le r&#234;ve consistait essentiellement en la r&#233;alisation d'un d&#233;sir cach&#233;, mais le fait se trouva confirm&#233; par la premi&#232;re analyse compl&#232;te qu'il fit de l'un de ses songes, le mercredi 24 juillet 1895 - &#233;v&#233;nement historique ; il s'agit du r&#234;ve de &#034;L'injection d'Irma&#034;. Bien plus tard, Fliess ayant &#233;mis quelque doute sur l'exactitude de la date, Freud la v&#233;rifia en consultant son calpin de l'&#233;poque (lettre du 18 juin 1900). Freud m'invita un jour &#224; d&#238;ner au Restaurant Bellevue et nous occup&#226;mes la table de l'angle (nord-est) de la terrasse o&#249; avait eu lieu le grand &#233;v&#233;nement. Je parlai d'une plaque qui devait &#234;tre pos&#233;e l&#224; sans savoir que, bien des ann&#233;es auparavant, Freud avait, en mani&#232;re de plaisanterie, demand&#233; &#224; Fliess s'il pensait qu'il y aurait jamais en cet endroit une plaque de marbre portant l'inscription : &#034;C'est ici que fut r&#233;v&#233;l&#233; au Dr Sigmund Freud, le 24 juillet 1895, le secret des r&#234;ves &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'on sait que le r&#234;ve de l'injection faite &#224; Irma, avec la fameuse formule de la Trim&#233;thylamine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 99 et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;alise, en premi&#232;re interpr&#233;tation, un d&#233;sir de disculpation de Freud, bien que comme il le fait lui-m&#234;me remarquer, &#034;on reconna&#238;t ais&#233;ment le rapport entre le contenu large sur lequel le r&#234;ve repose et le th&#232;me &#233;troit, objet du d&#233;sir : non-responsabilit&#233; au sujet de la maladie d'Irma&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est l&#224;, en effet, le premier r&#234;ve analys&#233; par Freud et c'est d'ailleurs celui qui ouvre, apr&#232;s le chapitre pr&#233;liminaire sur l'histoire de la discipline pourrait-on dire, le deuxi&#232;me chapitre de son &#339;uvre ma&#238;tresse. Mais avant d'aboutir &#224; cette conclusion que, &#034;apr&#232;s compl&#232;te interpr&#233;tation, tout r&#234;ve se r&#233;v&#232;le comme l'accomplissement d'un d&#233;sir&#034;, th&#232;se qu'il soutiendra alors durant tout le reste son ouvrage, combien de r&#234;ves et d'effort d'analyse, Freud aura-t-il d&#251; consentir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tout le pass&#233; ressurgi&#034;, &#233;crit-il a Fliess, &#034;je me sens actuellement tout d&#233;sempar&#233;&#034;. S'installe alors, effectivement, une longue p&#233;riode durant laquelle Freud tente d'analyser ses propres r&#234;ves, pratique qui devient r&#233;guli&#232;re &#224; la fin du mois de juillet 1897, et qui pr&#233;sente l'objectif avou&#233; et parfaitement bien d&#233;fini de mener sa propre analyse jusqu'&#224; son terme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; D&#233;sormais, il devait [...] transformer l'int&#233;r&#234;t scientifique que lui inspirait le m&#233;canisme de ses r&#234;ves en une autoanalyse r&#233;guli&#232;re et impitoyable. La mort de son p&#232;re le poussa &#224; pratiquer cette analyse tout autant qu'&#224; &#233;crire son livre &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 mai 1897, Freud fait r&#234;ve d'inceste &#224; la suite duquel il comprend d&#233;finitivement que l'histoire de la s&#233;duction de son p&#232;re est un fantasme inconscient, lequel est relatif &#224; l'hostilit&#233; des enfants &#224; l'&#233;gard du parent de m&#234;me sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud tient r&#233;guli&#232;rement Fliess au courant des progr&#232;s de son analyse et lui fait part du mat&#233;riel qui, jusque-l&#224; refoul&#233;, remonte enfin &#224; la surface : les souvenirs d'avoir ressenti pour sa m&#232;re des d&#233;sirs sexuels, d'avoir d&#233;sir&#233; la voir nue. Tout ce mat&#233;riel psychique depuis longtemps enfoui, cette curiosit&#233; sexuelle qui avait soutenu sa qu&#234;te scientifique et son d&#233;sir de savoir, tout cela lui revient d&#233;sormais &#224; la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux, cette curiosit&#233; sexuelle infantile, ce d&#233;sir m&#234;me qu'il croyait &#234;tre sien et marquer sa propre personnalit&#233;, ce d&#233;sir m&#234;me qui l'avait pouss&#233; sur la qu&#234;te du savoir scientifique, Freud va en faire un r&#233;sultat, un reste, qu'il va abandonner &#224; la science. Son d&#233;sir infantile pour sa m&#232;re, son agressivit&#233; refoul&#233;e &#224; l'&#233;gard de son p&#232;re, ne lui son pas donn&#233; en propre, mais ces sentiments sont, bien au contraire, propres &#224; tous les &#234;tres dou&#233;s de parole, et permettent de comprendre la puissance qu'ont exerc&#233;e sur l'humanit&#233; enti&#232;re, les mythes et les l&#233;gendes comme celui d'&#338;dipe ou d'Hamlet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il se peut que nous ayons tous senti &#224; l'&#233;gard de notre m&#232;re notre premi&#232;re impulsion sexuelle, &#224; l'&#233;gard de notre p&#232;re notre premi&#232;re haine ; nos r&#234;ves en t&#233;moignent. &#338;dipe qui tuent son p&#232;re et &#233;pouse sa m&#232;re ne fait qu'accomplir un des d&#233;sirs de notre enfance. Mais, plus heureux que lui, nous avons pu, depuis lors, dans la mesure o&#249; nous ne sommes pas devenus n&#233;vropathes, d&#233;tacher de notre m&#232;re nos d&#233;sirs sexuels et oublier notre jalousie &#224; l'&#233;gard de notre p&#232;re&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 229.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant r&#233;ussi &#224; surmonter ses propres r&#233;sistances &#224; l'&#233;vocation de ce pass&#233; hautement pulsionnel, Freud arrive enfin &#224; se comprendre et &#224; comprendre tout &#224; la fois le monde qui l'entoure et, surtout, ses propres malades :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Je vis moi-m&#234;me tout ce que j'ai pu observer, en tant qu'auditeur, chez mes patients&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, Freud r&#233;dige &#034;L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves&#034;. Le 10 mars 1898, il poss&#232;de d&#233;j&#224; la plupart des conclusions auxquelles il va aboutir deux ans plus tard : Le r&#234;ve est la r&#233;alisation d'un d&#233;sir, empruntant son mat&#233;riel aux s&#233;quelles de l'&#226;ge pr&#233;historique de 1 &#224; 3 ans, &#233;poque soumise &#224; l'amn&#233;sie infantile, c'est-&#224;-dire au refoulement. C'est ce que l'enfant a vu, entendu et v&#233;cu comme fantasme sexuel &#224; cette &#233;poque, &#224; cette p&#233;riode pr&#233;historique, qui fournit aux r&#234;ves l'occasion d'une r&#233;p&#233;tition, c'est-&#224;-dire la r&#233;alisation d'un d&#233;sir. Quant au mat&#233;riel r&#233;cent qui semble invariablement se trouver dans les r&#234;ves, il ne s'y trouve qu'en raison de ses relations, associations ou, plus g&#233;n&#233;ralement, de son assimilation &#224; ces mat&#233;riaux pr&#233;historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le 12 f&#233;vrier 1899, Freud tente d'&#233;tablir un parall&#232;le entre le r&#234;ve et le sympt&#244;me n&#233;vrotique, deux formations de l'inconscient que nous devons traduire comme r&#233;alisations de d&#233;sirs inconscients. N&#233;anmoins, alors que dans les r&#234;ves, cette r&#233;alisation est simplement d&#233;guis&#233;e, dans les sympt&#244;mes il s'agit bien plus d'un v&#233;ritable compromis entre le d&#233;sir refoul&#233; et l'instance psychique refoulant ce d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1899, deux ans apr&#232;s avoir entam&#233; son autoanalyse en juillet 1897, le livre est achev&#233;. Freud mit deux ans &#224; le r&#233;diger et &#224; d&#233;terrer ce &#034;fossile enfoui&#034; qu'est le complexe d'&#338;dipe. Au mois d'octobre, il envoie un exemplaire du livre &#224; Fliess et, le 4 novembre 1899 le livre est publi&#233;, l'&#233;diteur pr&#233;f&#233;rant cependant le dater de 1900. D'abord tir&#233; &#224; 600 exemplaires, ce n'est que dix ans plus tard, apr&#232;s que Freud ait obtenu le tire de Professeur, que le livre sera enfin re-&#233;diter et reconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Herr Professor&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme n'importe quelle autre analyse, nous dit Jones, &#034;l'analyse de Freud n'eut naturellement pas d'effets magiques imm&#233;diats&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que sa correspondance nous apprenne que cette v&#233;ritable odyss&#233;e de l'inconscient qu'il entreprit sans complaisance en 1897, le lib&#232;re progressivement de ses sympt&#244;mes n&#233;vrotiques et de la maladie elle-m&#234;me, Freud se trouvait cependant, encore et toujours isol&#233; des cercles m&#233;dicaux viennois, lesquels semblaient cultiver un snobisme sans commune mesure &#224; l'&#233;poque. Le renom et la r&#233;putation y d&#233;pendaient &#233;troitement des titres et de la hi&#233;rarchie : pour la majeure partie de la population, se faire soigner par un m&#233;decin priv&#233; de titre honorifique &#233;tait inenvisageable, quant &#224; &#034;la client&#232;le la plus hupp&#233;e&#034; nous dit Jones, elle s'adressait exclusivement &#034;&#224; ceux qui poss&#233;daient le titre envi&#233; de professeur&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Freud m&#233;prisait certes tout cela, mais se voyait bien oblig&#233; d'en reconna&#238;tre l'importance &#233;conomique. C'est pour cette raison qu'il aurait voulu obtenir le titre&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud &#233;tait d&#233;j&#224; depuis longtemps Ma&#238;tre de Conf&#233;rence, et l'histoire de l'obtention du titre de Professeur doit &#234;tre saisie comme faisant partie int&#233;grante de son autoanalyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis un bon moment, Freud se voyait en effet sans cesse devancer sur ce chemin par des confr&#232;res plus jeunes que lui, mais ne semblait pas vouloir s'en plaindre ou rem&#233;dier &#224; cet &#233;tat de fait. Du haut de son pi&#233;destal inconscient, il souhaitait demeurer au-dessus de ces attitudes, qu'il jugeait s&#233;v&#232;rement. Pourtant, d&#232;s 1897, Nothnagel, &#233;minent professeur &#224; l'Universit&#233;, propose sa candidature au grade de professeur adjoint. L'Universit&#233; &#233;tant &#224; l'&#233;poque une institution gouvernementale, tous les postes devaient &#234;tre officiellement attribu&#233;s par le ministre. Les d&#233;marches de Nothnagel n'aboutirent cependant &#224; rien et, sans aucun doute, l'antis&#233;mitisme se conjuguait-il &#224; la mauvaise r&#233;putation de Freud pour lui barrer la route du titre. La liste de ses brillants travaux en neurologie &#233;tait pourtant d&#233;sormais longue, mais sa candidature fut rejet&#233;e en 1897, 1898 et 1899 et, cerise sur le g&#226;teau, en 1900, toutes les candidatures furent accept&#233;es sauf celle de Freud !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors qu'acceptant la r&#233;alit&#233; qu'il rejetait jusqu'alors, il d&#233;cide humoristiquement d'accepter de jouer le jeu, et de mettre de c&#244;t&#233; l'attitude du martyre qui le poussait &#224; ne vouloir &#234;tre nomm&#233; que sur ses qualit&#233;s intrins&#232;ques et ses dons intellectuels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il alla voir son vieux ma&#238;tre Exner qui, apr&#232;s s'&#234;tre montr&#233; d&#233;sagr&#233;able, finit pas lui r&#233;v&#233;ler que le ministre avait &#233;t&#233; mont&#233; contre lui par quelqu'un et lui conseilla de trouver une personne capable de contrebalancer cette influence. &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud s'adressa alors &#224; l'une de ses anciennes clientes, Elise Gomperz, dont le mari, T. Gomperz, ancien professeur de philosophie - et pour qui Freud avait effectu&#233; sa premi&#232;re traduction, celle des Essais de John Stuart Mill -, connaissait bien l'actuel ministre de l'instruction public, von Hartel. Une fois de plus rien n'y f&#238;t, le ministre pr&#233;tendant n'avoir jamais entendu parler d'une recommandation ant&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Freud avait d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; parfaire sa pratique et commen&#231;ait &#224; ma&#238;triser l'art psychanalytique, obtenant ainsi des r&#233;sultats qui le satisfaisaient lui-m&#234;me au plus haut point et, surtout, enjouait la rare mais subtile client&#232;le viennoise qui s'adressait &#224; lui. C'est ainsi que l'une de ses clientes, haut plac&#233;e en sa qualit&#233; de femme de diplomate, la baronne Marie Ferstel, s'indigna de cette injustice &#224; l'&#233;gard de son m&#233;decin favori et, nous dit Jones, &#034;entra imm&#233;diatement en comp&#233;tition avec Mme Gomperz&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Elle se mit en quatre pour faire la connaissance du ministre et conclut avec lui un march&#233;. Il d&#233;sirait acqu&#233;rir pour le Mus&#233;e de peinture moderne un tableau de B&#246;cklin (Die Burgruine) que poss&#233;dait une tante de Mme Ferstel, Mme Ernestine Thorsch. Il fallut trois mois de tractations pour que la vieille dame consent&#238;t &#224; c&#233;der le tableau, mais finalement le ministre annon&#231;a aimablement &#224; la baronne Ferstel, au cours d'un d&#238;ner, qu'il venait de soumettre le document n&#233;cessaire &#224; l'approbation de l'Empereur. Le jour suivant, la dame se pr&#233;cipita dans le bureau de Freud en criant : &#034;J'ai r&#233;ussi ! &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud avait eu &#171; L'&#338;dipe-L'Homme &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa client&#232;le ne cessa de s'accro&#238;tre et, d&#233;sormais, on le saluait d'un &#034;Herr Professor&#034; en le croisant dans la rue. Le 11 mars 1902, Freud confessa &#224; Fliess sa stupidit&#233; et son ignorance pass&#233;e, car &#233;tant parfaitement au courant des us et coutumes viennoises, ses &#233;checs pr&#233;c&#233;dents ne tenaient finalement qu'&#224; son ent&#234;tement et &#224; sa b&#234;tise. Ravi, il concluait sa lettre &#224; Fliess sur un trait d'humour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'approbation du public m'est acquise, v&#339;ux et envois de fleurs pleuvent, comme si le r&#244;le de la sexualit&#233; avait &#233;t&#233; soudain d&#233;couvert officiellement par Sa Majest&#233;, la signification des r&#234;ves confirm&#233;es par le Conseil des Ministres et la n&#233;cessit&#233; d'une th&#233;rapeutique psychanalytique de l'hyst&#233;rie reconnue par le Parlement &#224; la majorit&#233; des deux tiers&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud s'&#233;tait conform&#233; &#224; l'avis de l'Oracle de Delphes, le fameux &#034;Connais-toi toi-m&#234;me&#034;, et ne cessa d'ailleurs jamais de s'y conformer en continuant &#224; s'analyser quotidiennement, y consacrant g&#233;n&#233;ralement la derni&#232;re demi-heure de sa journ&#233;e. Tout comme Jocaste qu'il cite dans son Interpr&#233;tation des r&#234;ves, Freud avait fini par m&#233;priser la monstruosit&#233; de ses d&#233;sirs inconscients et supporter la vie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Bien des gens d&#233;j&#224; dans leurs r&#234;ves ont partag&#233; la couche maternelle. Qui m&#233;prise ces terreurs-l&#224; supporte ais&#233;ment la vie&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 230.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 353.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 114.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 114.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 117.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 358.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La naissance de la psychanalyse, PUF, Paris, p. 192-193.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, pp. 294-295.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 236.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&#034;, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud et J. Breuer, &#201;tudes sur l'Hyst&#233;rie, [1895], PUF, Paris, 1956, p. 122.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses &#034;, [1898], &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 240.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud et J. Breuer, &#201;tudes sur l'Hyst&#233;rie, [1895], PUF, Paris, 1956, note, p. 53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 385.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 388.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 99 et suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 358.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 229.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 359.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 359.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 374.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 373.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 374.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 230.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fliess et Freud</title>
		<link>https://psychanalyste-paris.com/Fliess-et-Freud.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://psychanalyste-paris.com/Fliess-et-Freud.html</guid>
		<dc:date>2002-11-04T16:50:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
		<dc:subject>Joseph Breuer</dc:subject>
		<dc:subject>Wilhelm Fliess</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Freud aurait aim&#233; appeler l'un de ses deux plus jeunes enfants &#034;Wilhelm&#034;, mais heureusement ce furent des filles &#187; (E. Jones, &#034; La vie et l'oeuvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 322). &lt;br class='autobr' /&gt; En 1887, un jeune m&#233;decin berlinois, Wilhelm Fliess, effectue un court s&#233;jour &#224; Vienne pour compl&#233;ter ses recherches m&#233;dicales. Rencontrant Joseph Breuer, celui-ci lui conseille sur le champ d'assister aux conf&#233;rences de neurologie de son jeune mentor, Sigmund Freud. Au sortir de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/-A-propos-de-Freud-.html" rel="directory"&gt;&#192; propos de Freud&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton44-1114f.gif?1757677170' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Freud aurait aim&#233; appeler l'un de ses deux plus jeunes enfants &#034;Wilhelm&#034;, mais heureusement ce furent des filles &#187; (E. Jones, &#034; La vie et l'oeuvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 322).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1887, un jeune m&#233;decin berlinois, Wilhelm Fliess, effectue un court s&#233;jour &#224; Vienne pour compl&#233;ter ses recherches m&#233;dicales. Rencontrant Joseph Breuer, celui-ci lui conseille sur le champ d'assister aux conf&#233;rences de neurologie de son jeune mentor, Sigmund Freud. Au sortir de l'amphith&#233;&#226;tre, Fliess s'empresse d'entamer la conversation avec le conf&#233;rencier. La discussion, tant d'un point de vue scientifique qu'affectif, semble bouillonnante. Une mutuelle sympathie et amiti&#233; s'&#233;tablissent rapidement entre les trois hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Wilhelm Fliess&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De deux ans plus jeune que Freud, Fliess &#233;tait sp&#233;cialis&#233; dans les affections du nez et de la gorge (oto-rhino-laryngologiste). Esprit subtil et cultiv&#233;, Fliess, s&#233;duit rapidement en faisant preuve d'&#233;loquence et d'une confiance en lui sans limites qui semblait l'autoriser &#224; s'aventurer dans de redoutables sp&#233;culations scientifiques, sans le moins de monde tenir compte des &#233;ventuelles critiques qui pouvaient lui &#234;tre adress&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses sp&#233;culations l'avaient du reste conduit &#224; &#233;tablir une th&#233;orie que l'on pourrait aujourd'hui qualifier de pot-pourri entre l'astrologie, la num&#233;rologie et la sexologie, le tout s'appuyant sur une solide pratique m&#233;dicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Fliess, il existait un rapport &#233;troit entre la muqueuse nasale et les activit&#233;s sexuelles, lesquelles &#233;taient d'abord d&#233;termin&#233;es par les p&#233;riodes de menstruation. Les p&#233;riodes de la m&#232;re d&#233;terminaient non seulement le sexe et la date de naissance du petit de l'homme, mais &#233;galement les stades cl&#233;s de son &#233;volution, ainsi que les dates de ses maladies et celle de sa mort. Ces &#034;p&#233;riodes sexuelles&#034; se trouvaient en outre avoir une grande influence sur le r&#232;gne animal et l'organisation astrale, laquelle r&#233;troagissait en retour sur l'organisme vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, selon Fliess, tous les &#234;tres humains &#233;taient des &#234;tres bisexuels. La f&#233;minit&#233; &#233;tait associ&#233;e au nombre 28, nombre de jours d'une p&#233;riode r&#233;volue, tandis que la masculinit&#233; &#233;tait elle, associ&#233;e au nombre 23, qui repr&#233;sentait l'&#233;cart entre la fin d'une p&#233;riode et le d&#233;but de la suivante. Bref, Fliess avait une activit&#233; intellectuelle intense et jonglait en permanence avec les chiffres, en particulier avec les nombres 28 et 23. &#034; Tel fut le curieux personnage, nous dit Jones, avec lequel Freud se lia &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Berlin, Fliess entretiendra avec Freud une correspondance &#233;pistolaire qui sera tout d'abord courtoise. C'est Freud qui, le premier, &#233;crit &#224; Fliess le 24 novembre 1887 et, dans une lettre professionnelle relative &#224; une patiente, confie cependant d'embl&#233;e &#224; Fliess :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;[...] Je vous avoue que j'aimerais bien rester en contact avec vous. Vous m'avez fait une profonde impression [...] &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fliess r&#233;pond en envoyant un cadeau puis, six mois plus tard, demande &#224; Freud de lui envoyer une photo. &#192; partir de 1892, viennent se substituer au &#034;Cher Confr&#232;re et Ami&#034; de la premi&#232;re lettre, des formules plus chaleureuses. Le vouvoiement, puis le tutoiement, aboutiront finalement au &#034;Wilhelm&#034; et au &#034;Sigmund&#034;, lorsque la correspondance deviendra r&#233;ellement intime, &#224; partir de 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, Freud a trente-sept ans. P&#232;re de six enfant, il a toujours men&#233; une vie familiale heureuse, et semble d&#233;sormais s'acheminer tranquillement vers la quarantaine au sein d'une vie conjugale &#233;panouie. Freud avait peut-&#234;tre eu une enfance quelque peu inhabituelle, mais rien dans son quotidien n'avait laiss&#233; jusqu'alors entr'apercevoir la v&#233;ritable passion qui allait d&#233;sormais se d&#233;cha&#238;ner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est au travers de l'incroyable &#233;change &#233;pistolaire qu'il tiendra durant plus de treize ann&#233;es avec Fliess, que Freud aura pour la premi&#232;re fois l'occasion d'exprimer spontan&#233;ment et hors des jugements timides et moralisateurs de ses ma&#238;tres, son extraordinaire d&#233;sir de savoir. Au travers de sa correspondance avec Fliess, c'est la premi&#232;re fois que Freud pourra, de mani&#232;re d&#233;brid&#233;e, parler de - et du lieu m&#234;me de - sa curiosit&#233; sexuelle infantile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est ainsi qu'il faut comprendre les mots de Jones, lorsqu'il &#233;crit que l'histoire de son amiti&#233; avec Fliess est &#034; la seule histoire extraordinaire que v&#233;cut &#224; jamais Freud &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Freud demande d'abord et surtout, &#224; Fliess, c'est d'&#233;couter et de &#034;prendre connaissance&#034; de ses d&#233;couvertes, de ce foisonnement d'id&#233;es qui, spontan&#233;ment, lui viennent &#224; l'esprit et, ensuite, de juger les explications th&#233;oriques qu'il entend tirer de ce mat&#233;riel. Comme Jones le pr&#233;cise : &#034;Fliess ne s'en prive pas&#034;, et &#034;il agit en censeur&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le jugement de Fliess, on l'aura compris au regard du personnage, se diff&#233;rencie singuli&#232;rement de celui des autres scientifiques et m&#233;decins que Freud avait connus jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1898, Freud effectue sa communication au &#034;Coll&#232;ge des M&#233;decins viennois&#034;, laquelle constitue un v&#233;ritable plaidoyer sur la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tudier la sexualit&#233; des n&#233;vros&#233;s, il ne rencontre que d&#233;saveu, l&#224; m&#234;me o&#249; sa verve atteint des sommets :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; En ramenant les destins morbides de l'individu aux exp&#233;riences v&#233;cues de ses anc&#234;tres on est all&#233;e trop loin, et l'on a oubli&#233; qu'entre la conception et la maturit&#233; de l'individu se situe une p&#233;riode de vie longue et significative : l'enfance [...] &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#171; L'h&#233;r&#233;dit&#233; et l'&#233;tiologie des n&#233;vroses &#187; [1898], &#338;uvres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le style est sublime, la conf&#233;rence est publi&#233;e et, pour la premi&#232;re fois, Freud hisse la sexualit&#233; &#224; la plus haute ligne. Apr&#232;s &#171; &lt;a href=&#034;http://www.psychanalyse-paris.com/1275-L-Heredite-et-l-etiologie-des.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'h&#233;r&#233;dit&#233; et l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&lt;/a&gt; &#187; et &#171; L'&#201;tiologie de l'hyst&#233;rie &#187;, deux articles publi&#233;s en 1896, dans lesquelles, pour la premi&#232;re fois, il utilise l'expression &#171; psychanalyse &#187; et milite ouvertement en faveur d'une investigation syst&#233;matique de la sexualit&#233; des n&#233;vroses, ce n'est cependant qu'en 1898 que, pour la premi&#232;re fois, Freud hisse sa d&#233;couverte majeure dans le titre m&#234;me de son article : &#034;La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&#034;. Dans cet expos&#233;, qui anticipe d&#233;j&#224;, plus de trente ans auparavant, la th&#232;se principale de son c&#233;l&#232;bre &#034;Malaise dans la civilisation&#034;, Freud ne m&#226;che pas ses mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; [...] La psychon&#233;vrose. Son &#233;tiologie effective est &#224; trouver dans des exp&#233;riences v&#233;cues dans l'enfance, et cela de nouveau - et exclusivement - dans des impressions qui concernent la vie sexuelle. On a tort de n&#233;gliger totalement la vie sexuelle des enfants ; ils sont, pour autant que l'exp&#233;rience me l'ait apprise, capables de toutes les prestations sexuelles psychiques et de beaucoup de somatiques &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses &#034; [1898], &#338;uvres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce m&#234;me paragraphe qu'il rend scientifiquement hommage &#224; Fliess et l'on comprend mieux cet hommage lorsque l'on sait quel accueil glacial lui a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze ans plus tard, commentant cette fameuse communication de 1898, Freud souligne l'attente dans laquelle il se trouvait &#224; l'&#233;poque : les clients fuyaient litt&#233;ralement sa salle d'attente et il comptait d'abord trouver l&#224; compr&#233;hension et r&#233;confort aupr&#232;s de ses ma&#238;tres ; mais les r&#233;sistances &#224; l'Inconscient et &#224; la sexualit&#233; s'av&#233;raient insurmontables pour les hommes de science :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Sans m'en rendre compte, je sacrifiai ma renomm&#233;e en tant que m&#233;decin et, en &#233;tudiant les facteurs sexuels responsables des troubles n&#233;vrotiques, je renon&#231;ai &#224; m'attirer de nombreux clients. [...] Sans d&#233;fiance, j'exposai ma fa&#231;on de voir aux membres de la Soci&#233;t&#233; viennoise de Neurologie, r&#233;unie sous la pr&#233;sence de Krafft-Ebing. Je pensais trouver dans l'int&#233;r&#234;t et la compr&#233;hension de mes coll&#232;gues une compensation aux dommages mat&#233;riels volontairement consentis. Je traitai de mes d&#233;couvertes scientifiques comme je l'aurai fait pour tout autre sujet de cet ordre, m'imaginant d&#233;couvrir le m&#234;me &#233;tat d'esprit chez mes auditeurs. Mais le silence dont fut suivi ma communication, le vide qui se fit autour de moi, les insinuations qui me furent rapport&#233;es, me permirent de comprendre peu &#224; peu que l'expos&#233; du r&#244;le de la sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses ne pouvait &#234;tre accueilli de la m&#234;me fa&#231;on que d'autres communications. Je compris aussi que d&#233;sormais j'appartiendrais &#224; la cat&#233;gorie de ceux qui ont &#034;troubl&#233; le sommeil du monde&#034;, suivant l'expression de Hebbel, et que je devais cesser de compter sur l'objectivit&#233; et la tol&#233;rance &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le premier surpris par ses propres d&#233;couvertes, c'est Freud lui-m&#234;me. &#034;Au d&#233;but, &#233;crit-il, je ne per&#231;us pas le caract&#232;re particulier de ce que j'avais d&#233;couvert&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et son biographe officiel, Ernest Jones, n'h&#233;site pas &#224; confirmer les propos de Freud :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Ayant connu Freud, nous dit Jones, je pourrais m&#234;me dire que les questions sexuelles l'int&#233;ressaient personnellement moins qu'elles n'int&#233;ressent et ne pr&#233;occupent la plupart des gens. En parler n'avait jamais &#233;t&#233; agr&#233;able &#224; Freud et il se serait senti mal &#224; l'aise au milieu de gens aimant &#224; en plaisanter. Il ne lui arrivait que rarement de raconter des anecdotes licencieuses et, quand cela se produisait, c'&#233;tait uniquement parce qu'elles illustraient un sujet d'ordre g&#233;n&#233;ral. Il donnait l'impression d'&#234;tre extr&#234;mement pudique, le mot &#034;puritain&#034; aurait m&#234;me pu lui convenir, et tout ce que nous savons de ses ann&#233;es de jeunesse ne peut que confirmer cette id&#233;e.&lt;BR&gt;
C'est sans doute d'ailleurs ce qui explique son &#233;tonnement na&#239;f devant la r&#233;ception glaciale r&#233;serv&#233;e &#224; l'annonce de ses d&#233;couvertes en ce domaine &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque bien des ann&#233;es plus tard, le public commencera &#224; affluer en masse pour l'&#233;couter exposer ses th&#233;ories, Freud ne sera pas dupe de ce que changement d'attitude signifiait &#224; ses yeux. Bien qu'apparemment &#224; l'oppos&#233; de la r&#233;pulsion premi&#232;re, l'attitude confortait la r&#233;sistance et le refoulement de la sexualit&#233; telle qu'elle se pr&#233;sentait r&#233;ellement dans l'inconscient, et tel que Freud entendait continuer &#224; l'exposer. Un beau jour, au d&#233;but d'une s&#233;rie de conf&#233;rence et alors que le public s'engouffrait en masse dans l'amphith&#233;&#226;tre, Freud d&#233;clara :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Mesdames et Messieurs, au cas o&#249; vous ne viendriez en si grand nombre que pour entendre quelque chose de sensationnel ou m&#234;me d'inconvenant, soyez certains que je proc&#233;derai de fa&#231;on &#224; vous montrer qu'il &#233;tait bien inutile de vous d&#233;ranger&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La fois suivante, raconte Ludwig Jekels &#224; Jones, l'auditoire se trouva r&#233;duit de deux tiers &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en 1898, rien n'&#233;tait encore jou&#233;. Apr&#232;s s'&#234;tre int&#233;ress&#233; &#224; l'hypnose avec Charcot et &#224; l'hyst&#233;rie avec Breuer, pour le difficile sujet de la sexualit&#233; inconsciente, c'est &#224; Fliess qu'il s'en remettait et c'est gr&#226;ce &#224; ce formidable soutien, qu'il pourra mener &#224; bien ses recherches d&#233;licates :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Ma confiance en mon propre jugement, ainsi que mon courage, n'&#233;taient pas &#233;branl&#233;s. Je continuai &#224; penser que j'avais eu la chance de d&#233;couvrir des faits connexes particuli&#232;rement int&#233;ressants et me sentis pr&#234;t &#224; accepter le destin auquel sont parfois soumises de pareilles d&#233;couvertes&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que c'est en grande partie gr&#226;ce &#224; &#034;la nette attitude de Fliess &#224; l'&#233;gard du r&#244;le important de la sexualit&#233;&#034; comme le pr&#233;cise Jones&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que Freud r&#233;ussi &#224; l'&#233;poque, &#224; accro&#238;tre sa &#034;confiance&#034; en son &#034;propre jugement&#034; et son &#034;courage&#034;. L'on comprend mieux le r&#244;le qu'aura jou&#233; Fliess lorsque l'on met en parall&#232;le ce dernier passage, &#233;crit de la main d'un Freud se rem&#233;morant cette fameuse conf&#233;rence de 1898 mais passant alors sous silence le r&#244;le de son ami de l'&#233;poque, avec le ton de la lettre qu'il lui &#233;crivait pourtant d&#232;s 1896 (la lettre est dat&#233;e du 1er janvier 1896) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Quels remerciements ne te dois-je pas pour la consolation, la compr&#233;hension, l'encouragement, que tu m'apportes dans ma solitude ; tu m'as fait saisir le sens de l'existence... C'est avant tout ton exemple qui m'a permis d'acqu&#233;rir la force intellectuelle de me fier &#224; mon propre jugement [...] et affronter, comme toi, avec r&#233;signation voulue, toutes les &#233;preuves que me r&#233;serve peut-&#234;tre la vie. Pour cela, accepte mes simples remerciements &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#034;Congr&#232;s&#034; et la &#034;Sc&#232;ne primitive&#034; de la rupture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;changes &#233;pistolaires &#233;taient ponctu&#233;s de rencontres de chair et d'os. Celles-ci avaient souvent lieu &#224; Vienne, parfois &#224; Berlin, mais elles n'&#233;taient jamais aussi intenses et passionnantes que lors de ce que Freud, sur un mode mi-infantile et imaginaire, avait pris l'habitude d'appeler leurs &#034;Congr&#232;s&#034;. Week-end ou s&#233;jours de deux ou trois jours qu'ils passaient ensembles dans des endroits recul&#233;s et isol&#233;s du monde, loin de leur travail et de leur milieu familial, et qu'ils consacraient uniquement &#224; leur passion commune : la libre association sp&#233;culative et scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#224; l'&#233;poque, Fliess &#233;tait son seul public, comme il le disait en faisant allusion &#224; l'anecdote c&#233;l&#232;bre de Nestroy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il reste que ces lieux hanteront &#224; jamais la m&#233;moire de Freud, bon nombre de Congr&#232;s de l'Association Psychanalytique Internationale (IPA) se tenant par la suite dans les villes o&#249; Freud et Fliess se rencontr&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;union eut lieu &#224; Salzbourg en ao&#251;t 1890, tandis que la derni&#232;re, apr&#232;s laquelle ils ne se revirent plus jamais, eut lieu &#224; Achensee, dans le Tyrol, en Septembre 1900.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement &#224; Munich, sur le chemin du retour du &#034;Congr&#232;s&#034; d'Achensee, et au moment o&#249; ils se s&#233;par&#232;rent pour respectivement rejoindre Vienne et Berlin, que l'in&#233;vitable dispute &#233;clata. De retour d'Achensee, ils &#233;taient en effet descendus au Park H&#244;tel de Munich, et c'est l&#224; que, selon Fliess, Freud se serait violemment jet&#233; sur lui &#224; l'improviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Jones tient ce sc&#233;nario pour fortement &#034;improbable&#034;, il est cependant plusieurs indices qui penchent en faveur du &#034;coup de folie&#034; de Freud. En premier lieu, le fameux r&#234;ve &#034;qui joue avec des nombres&#034; dit r&#234;ve de &#034;G&#339;the&#034;, o&#249; ce dernier, sous les traits duquel se cache Freud, attaque violemment M..., qui est litt&#233;ralement &#034;&#233;cras&#233; par cette attaque&#034; (Interpr&#233;tation des r&#234;ves, p. 373). Certes, dans le r&#234;ve, dont Freud avoue ais&#233;ment la paternit&#233;, il ne s'agit que d'articles scientifiques et d'attaques litt&#233;raires, mais l'on sait aussi que Freud avait pris l'habitude de parfois consid&#233;rablement &#233;dulcorer les interpr&#233;tations qui concernaient ses propres r&#234;ves. Nul doute cependant que dans ce r&#234;ve, tout comme dans celui dit de &#034;l'injection faite &#224; Irma&#034;, Freud r&#233;alise avant tout un d&#233;sir de disculpation vis &#224; vis de Fliess, et selon l'expression de Didier Anzieu, &#034; ponctue la liquidation du &#034;transfert&#034; &#034; sur celui-ci&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. Anzieu, dans Pr&#233;face &#224; Sur le r&#234;ve, p. 15-16.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, nous savons que huit ans plus tard, le 24 novembre 1912, Freud ayant r&#233;uni cinq de ses plus proches collaborateurs de l'&#233;poque dans cette m&#234;me pi&#232;ce de Park H&#244;tel de Munich (dont Jones qui raconte la sc&#232;ne), Freud s'en &#233;tait subitement et &#034;personnellement&#034; pris &#224; Jung, puis s'&#233;tait soudainement &#233;vanoui :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il insista et prit la chose d'une fa&#231;on assez personnelle. &#192; notre grande consternation, nous le v&#238;mes soudain tomber &#233;vanoui. Le robuste Jung le porta sur un divan du salon o&#249; il ne tarda pas &#224; reprendre connaissance &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En reprenant ses esprits, Freud marmonne tout d'abord : &#034;Comme il doit &#234;tre agr&#233;able de mourir&#034;. Puis, au cours des deux mois qui suivirent, c'est en deux temps qu'il donnera &#224; Jones quelques &#233;claircissements sur son &#233;vanouissement qui, &#224; n'en pas douter, se trouvait &#234;tre associ&#233;e &#224; une sc&#232;ne v&#233;cue avec Fliess :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Il m'est impossible d'oublier qu'il y a cela six et quatre ans, j'ai &#233;prouv&#233; des sympt&#244;mes tr&#232;s semblables, encore que moins intenses, dans la m&#234;me salle du Park H&#244;tel. Ce fut lors d'une maladie de Fliess que je me rendis pour la premi&#232;re fois &#224; Munich et cette ville me para&#238;t tr&#232;s li&#233;e &#224; mes relations avec l'homme en question. Il y a, au fond de toute cette affaire, un probl&#232;me homosexuel non r&#233;solu &#034; [[E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 348.%5&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 322.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 317.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 328.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.psychanalyse-paris.com/1275-L-Heredite-et-l-etiologie-des.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'h&#233;r&#233;dit&#233; et l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&lt;/a&gt; &#187; [1898], &#338;uvres compl&#232;tes, III, PUF, Paris, 1989, p. 235.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses &#034; [1898], &#338;uvres compl&#232;tes, III, PUF, Paris, 1989, p. 235.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], Payot, Paris, p. 87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], Payot, Paris, p. 86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 300.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], Payot, Paris, p. 88.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 329.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 329.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 331.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Anzieu, dans Pr&#233;face &#224; Sur le r&#234;ve, p. 15-16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Freud, Breuer et la M&#233;thode dite &#171; Cathartique &#187;</title>
		<link>https://psychanalyste-paris.com/Freud-Breuer-et-la-Methode-dite.html</link>
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		<dc:date>2002-10-27T17:15:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
		<dc:subject>Hyst&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Joseph Breuer</dc:subject>
		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; S'il existe une justice, dans une autre vie, les femmes feront les lois et les hommes enfanteront &#187; (Bertha Pappenheim, alias &#171; Anna O. &#187;). &lt;br class='autobr' /&gt; Bien qu'il ait toujours &#233;t&#233; un &#233;l&#232;ve brillant, un chercheur faisant preuve d'une rigueur scientifique hors du commun et un neurologue consciencieux, comme Jones nous le pr&#233;cise cependant, &#034; Freud conservait n&#233;anmoins, un besoin juv&#233;nile d'aide et de d&#233;pendance, qui lui fait rechercher une entente avec des coll&#232;gues jouissant d'une situation plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/-A-propos-de-Freud-.html" rel="directory"&gt;&#192; propos de Freud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Sigmund-Freud-+.html" rel="tag"&gt;Sigmund Freud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Hysterie-+.html" rel="tag"&gt;Hyst&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-BREUER-Joseph-+.html" rel="tag"&gt;Joseph Breuer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton43-eac14.gif?1757692309' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; S'il existe une justice, dans une autre vie, les femmes feront les lois et les hommes enfanteront &#187; (Bertha Pappenheim, alias &#171; Anna O. &#187;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien qu'il ait toujours &#233;t&#233; un &#233;l&#232;ve brillant, un chercheur faisant preuve d'une rigueur scientifique hors du commun et un neurologue consciencieux, comme Jones nous le pr&#233;cise cependant, &#034; Freud conservait n&#233;anmoins, un besoin juv&#233;nile d'aide et de d&#233;pendance, qui lui fait rechercher une entente avec des coll&#232;gues jouissant d'une situation plus stable que la sienne &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un moment o&#249;, &#224; la suite de ses travaux sur la coca&#239;ne et s'&#233;tant d&#233;sormais fait le porte-parole des nouvelles id&#233;es de Charcot sur l'hypnose et l'hyst&#233;rie, il se trouve finalement de plus en plus isol&#233; de la communaut&#233; m&#233;dicale viennoise, la premi&#232;re personne vers laquelle Freud se retourne est Joseph Breuer, un m&#233;decin de famille r&#233;put&#233; dont il avait fait la connaissance six ans plus t&#244;t au laboratoire d'Ernst Br&#252;cke :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; D&#232;s le laboratoire de Br&#252;cke, j'avais fait la connaissance du Dr Joseph Breuer, l'un des plus en vue m&#233;decins de famille de Vienne [...]. C'&#233;tait un homme d'une intelligence &#233;minente, qui avait quatorze ans de plus que moi ; nos relations se resserr&#232;rent rapidement, il devint mon ami et m'apporta son soutien dans des circonstances difficiles de mon existence. Nous avions l'habitude de mettre en commun tous nos centres d'int&#233;r&#234;t scientifiques. C'est moi, bien s&#251;r, qui &#233;tais le gagnant dans cet &#233;change. Le d&#233;veloppement de la psychanalyse m'a ensuite co&#251;t&#233; son amiti&#233;. Il ne m'a pas &#233;t&#233; facile de la payer de ce prix-l&#224;, mais c'&#233;tait in&#233;vitable &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 34.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les liens d'amiti&#233; que Freud devait tisser avec Breuer allaient &#234;tre intenses ; &#224; un tel point que, comme Freud en avait pris habitude avec ceux qu'il aimait, il marqua sa prog&#233;niture des pr&#233;noms qui entouraient son nouvel ami. Freud donna en effet le pr&#233;nom de la femme de Breuer, Mathilde, &#224; sa fille a&#238;n&#233;e, et &#224; sa cadette, il donna celui d'une s&#339;ur du gendre de Breuer, qui se trouvait en outre &#234;tre l'une de ses clientes favorites, Anna Hammerschlag&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, que Freud se retourne vers Breuer en cette ann&#233;e 1886, &#233;tait d'autant plus logique, qu'alors que l'hypnose &#233;tait encore consid&#233;r&#233;e d'un mauvais &#339;il dans le milieu m&#233;dical viennois, Breuer avait d&#233;j&#224; lui-m&#234;me exp&#233;riment&#233; le proc&#233;d&#233; six ans plus t&#244;t et, &#224; cette occasion, avait effectu&#233; d'importantes d&#233;couvertes dans le domaine de l'hyst&#233;rie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comment Breuer avait-il d&#233;couvert l'hypnotisme ? Certainement par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1880 en effet, alors que Freud pr&#233;parerait sa th&#232;se de Doctorat de m&#233;decine, Breuer avait pris en charge une jeune et brillante jeune fille de la bourgeoisie viennoise qui &#034; pr&#233;sentait un tableau h&#233;t&#233;roclite de paralysies avec contractures, d'inhibitions et d'&#233;tats de confusion psychique &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas &#171; Anna O. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De d&#233;cembre 1880 &#224; juin 1882, Breuer s'&#233;tait en effet occup&#233; d'un cas, devenu sans aucun doute depuis, le cas le plus c&#233;l&#232;bre de l'histoire de la psychanalyse, celui de Mademoiselle Berthe Pappenheim, immortalis&#233;e sous le pseudonyme d'Anna O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e le 27 f&#233;vrier 1859, cette malade &#233;tait &#226;g&#233;e de 21 ans, lorsque Breuer f&#251;t appel&#233; &#224; son chevet. &#201;lev&#233;e &#224; Vienne, et ayant conserv&#233; &#034; la gr&#226;ce, le charme et l'humour viennois &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, 249.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle souffrait cependant depuis maintenant deux ans d'un grand nombre de paralysies, contractures et insensibilit&#233;s, ainsi que de graves troubles de la vue et du langage, se trouvant en outre r&#233;guli&#232;rement dans l'incapacit&#233; de boire et de manger. Cependant, comme si la liste de ses sympt&#244;mes n'&#233;tait pas assez longue, c'est pour une toux nerveuse intense et d'une extr&#234;me p&#233;nibilit&#233;, que Breuer avait &#233;t&#233; appel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Breuer ne mit pas longtemps &#224; s'apercevoir que la jeune fille lui offrait alternativement deux &#233;tats d'humeur nettement tranch&#233;s, l'un relativement calme et dans lequel elle paraissait sereine, tandis que dans l'autre, elle apparaissait sous les traits d'une enfant tr&#232;s excit&#233;e, voire insupportable. En outre, Breuer avait pu observer le passage de l'un &#224; l'autre &#233;tat, passage qui ressemblait en tout point &#224; une auto-hypnose, sous laquelle la patiente semblait pouvoir se plonger d'elle m&#234;me, et dont elle finissait par se r&#233;veiller parfaitement lucide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme Freud le soulignera vingt-cinq ans apr&#232;s, c'&#233;tait tout le m&#233;rite de Breuer que d'avoir pu continuer &#224; porter tout son int&#233;r&#234;t et sa bienveillance &#224; cette malade, malgr&#233; les changements d'humeurs soudains qu'elle pr&#233;sentait, lesquels ont g&#233;n&#233;ralement le don de profond&#233;ment irriter et d'exasp&#233;rer le m&#233;decin traitant, celui-ci en venant souvent &#224; retirer son int&#233;r&#234;t et son attention au malade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien au contraire, Breuer avait pris l'habitude de r&#233;guli&#232;rement rendre visite &#224; sa malade, et par cette bienveillance gagna rapidement sa confiance. La patiente, quant &#224; elle, prit l'habitude de raconter &#224; son m&#233;decin tous les d&#233;sagr&#233;ments de sa p&#233;nible journ&#233;e, r&#233;cit &#224; la suite duquel, elle se sentait momentan&#233;ment soulag&#233;e. Cependant, le v&#233;ritable d&#233;clic s'op&#233;ra lorsqu'un jour, Anna O entrepr&#238;t de raconter dans les moindres d&#233;tails l'histoire et la premi&#232;re apparition de l'un de ses sympt&#244;mes. Le r&#233;sultat en f&#251;t, au grand &#233;tonnement de la malade elle-m&#234;me, la totale disparition du sympt&#244;me en question. Tr&#232;s intelligemment, la patiente se mit &#224; raconter ainsi l'histoire de chacun de ses sympt&#244;mes et, enjou&#233;e, donna &#224; la cure de Breuer, le nom de &#034;talking cure&#034; (&#034;cure par la parole&#034;) ou de &#034;chimney sweeping &#034; (&#034;ramonage de chemin&#233;e&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il est n&#233;cessaire de pr&#233;ciser qu'&#224; cette &#233;poque, Anna O se voyait affubl&#233;e d'un autre sympt&#244;me hyst&#233;rique encore plus &#233;trange : elle avait oubli&#233; sa langue maternelle, l'Allemand, et ne pouvait s'exprimer qu'en Anglais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On sait en outre qu'elle &#233;tait capable de traduire dans un Anglais bien loin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agr&#233;ablement surpris, Breuer la priait de continuer ses r&#233;cits et, lorsque cela s'av&#233;rait impossible du fait d'une souffrance trop importante, il n'h&#233;sitait pas &#224; la plonger dans un &#233;tat d'hypnose profond, duquel il tirait lui-m&#234;me les renseignements sur l'histoire de l'apparition du sympt&#244;me. Lorsqu'elle se r&#233;veillait, Breuer lui communiquait ainsi les faits d&#233;gag&#233;s et la souffrance disparaissait comme par enchantement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Breuer donna quant &#224; lui &#224; cette th&#233;rapeutique le nom de &#034;m&#233;thode cathartique&#034;, m&#233;thode combinant l'hypnose &#224; la parole spontan&#233;e de la malade, et dont le principal but &#233;tait l'abr&#233;action ou la catharsis, laquelle consistait en une d&#233;charge d'&#233;motions jusque-l&#224; refoul&#233;es, c'est-&#224;-dire rest&#233;es en quelque sorte coinc&#233;es sous la conscience de la malade, la nouant jusqu'&#224; la paralysie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034; Breuer qualifiait notre proc&#233;d&#233; de cathartique ; on lui assignait comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si Breuer r&#233;uss&#238;t en moins d'un an &#224; d&#233;livrer Anna O de la plupart des sympt&#244;mes et &#224; abr&#233;agir la plus grande part de ses souffrances affectives, tout n'allait cependant pas pour le mieux dans le monde du c&#233;l&#232;bre m&#233;decin de famille viennois, loin s'en faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement Breuer &#233;tait litt&#233;ralement &#034; &#233;cras&#233; par la masse de donn&#233;es cliniques &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais surtout, ce cas l'absorbait si profond&#233;ment, qu'il finit par d&#233;teindre sur sa vie de familiale. La femme de Breuer commen&#231;ait en effet &#224; se lasser d'entendre son mari, ne parler que de cette jeune fille effront&#233;e de 21 ans. Elle essayait bien de r&#233;primer cette jalousie, mais la tristesse assombrissait alors chaque jour de plus en plus les traits de son visage, tandis que la ga&#238;t&#233; embellissait progressivement celui d'Anna O. Partag&#233; qu'il &#233;tait entre la satisfaction de son devoir de m&#233;decin accompli et les remords de rendre malgr&#233; lui sa femme soucieuse, Breuer connaissait un grave conflit. Devant ce difficile conflit entre le d&#233;sir et l'amour et alors que l'&#233;tat de sa malade s'&#233;tait d&#233;j&#224; consid&#233;rablement am&#233;lior&#233;, Breuer d&#233;missionna en s'empressant de mettre un terme &#224; la cure de la jeune fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le soir m&#234;me o&#249; il annonce &#224; Anna sa d&#233;cision de mettre d&#233;finitivement un terme au traitement, il est rappel&#233; en catastrophe. La malade est en proie &#224; d'affreuses douleurs et se trouve dans un &#233;tat de grande confusion psychique. Breuer, en bon m&#233;decin de famille, ne tarde cependant pas &#224; &#233;tablir le diagnostic ad&#233;quat : la malade semble en tout point en proie &#224; des douleurs d'accouchement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Accouchement hyst&#233;rique (pseudocyesis) d'un enfant con&#231;u de fa&#231;on imaginaire lors d'un traitement inconsciemment v&#233;cu comme un accouplement fantasmatique avec le m&#233;decin, Breuer n'avait rien vu venir. Ce soir-l&#224;, il prend tout juste le temps de calmer sa patiente, la plonge dans une profonde hypnose et, effray&#233;, rentre chez lui et passe &#224; l'acte &#224; son tour : le lendemain, il part avec sa femme pour une seconde lune de miel. De ce second voyage de noce, na&#238;tra une petite fille qui finira par se suicider soixante ans plus tard &#224; Vienne, pour, selon Jones, &#034; &#233;chapper aux Nazis &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berthe Peppenheim, alias Anna O, mourut quant &#224; elle, six ans plus t&#244;t que la fille de Breuer. Son &#233;tat avait tout d'abord n&#233;cessit&#233; le placement dans une maison de sant&#233;, s&#233;jour durant lequel d'ailleurs, elle &#034;enflamma&#034; de nouveau &#034;le c&#339;ur du psychiatre de l'&#233;tablissement&#034;. Car pr&#233;cisons tout de m&#234;me avec Jones que, bien &#233;videmment, &#034; Fr. Bertha (Anna O) n'&#233;tait pas seulement fort intelligente, mais aussi extr&#234;mement attirante, tant par son physique que par sa personnalit&#233; &#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, malgr&#233; les nombreuses rechutes et r&#233;cidives, son &#233;tat avait cependant fini par s'am&#233;liorer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034; La m&#232;re de la jeune fille, pr&#233;cise Jones, &#233;tait une sorte de dragon qui, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et elle avait pu entrer dans la vie active au d&#233;but des ann&#233;es 1890, en devenant &#034;M&#232;re&#034; dans un orphelinat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Vers la trentaine, elle se consacra &#224; de tr&#232;s s&#233;rieuses t&#226;ches et fut, en Allemagne, la premi&#232;re en date des assistantes sociales et l'une des premi&#232;res dans le monde entier. Elle cr&#233;a un p&#233;riodique et fonda plusieurs institutions &#224; l'usage des &#233;tudiantes. Championne ardente de l'&#233;mancipation des femmes, elle ne cessa jamais par ailleurs de travailler pour les enfants. Elle se rendit maintes fois en Russie, en Pologne et en Roumaine, pour y porter secours &#224; des enfants dont les parents avaient p&#233;ri dans des pogromes. Rest&#233;e c&#233;libataire, elle ne cessa jamais de croire en Dieu &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir r&#233;dig&#233; pour elle-m&#234;me &#034;cinq spirituelles notices n&#233;crologiques destin&#233;es &#224; divers p&#233;riodiques&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle mour&#251;t le 28 mai 1936, en laissant derri&#232;re elle sous forme de testament, cette phrase qu'elle avait &#233;crit le 8 avril 1922 : &#034;S'il existe une justice, dans une autre vie, les femmes feront les lois et les hommes enfanteront.&#034; &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Freud ressuscite l'int&#233;r&#234;t de Breuer pour &#171; Anna O. &#187; et l'Hyst&#233;rie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq moins apr&#232;s la fin du traitement, Breuer toujours sous le choc, souhaite se d&#233;barrasser du &#034;b&#233;b&#233;&#034;, en racontant l'histoire du cas &#224; Freud qui, rappelons-le, n'&#233;tait encore &#224; l'&#233;poque qu'un jeune &#233;tudiant venant tout juste de finir d'user ses culottes sur les bancs de la facult&#233; de M&#233;decine. Ce jour-l&#224; cependant, le 18 novembre 1882, Breuer pr&#233;sente Anna comme une grande malade tout &#224; fait &#034;d&#233;traqu&#233;e&#034; et semble se garder quelques d&#233;tails sur la fin du traitement ! Freud est n&#233;anmoins fortement impressionn&#233; et le r&#233;cit du cas restera &#224; jamais grav&#233; dans sa m&#233;moire, d'o&#249;, r&#233;guli&#232;rement, il ressurgira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud raconte tout d'abord l'histoire d'Anna O. &#224; Martha qui, imm&#233;diatement, s'identifie &#224; la femme de Breuer et souhaite ne jamais conna&#238;tre pareille m&#233;saventure. Dans sa r&#233;ponse, Freud la rassure en ces termes : &#034; Il faut &#234;tre un Breuer pour que cela arrive &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Martha, dat&#233;e du 11 novembre 1883 (E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En fait, Martha pouvait d'autant plus s'identifier &#224; Anna O, qu'elle la connaissait bien, car non seulement elle &#034; avait &#233;t&#233; l'une de ses vieilles amies &#034;, mais elle devint &#233;galement par la suite &#034; sa parente par alliance &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Trois ans plus tard, lors de son voyage &#224; Paris, Freud tente &#224; nouveau de communiquer sa fascination pour le cas Anna O, cette fois &#224; Charcot, mais celui-ci ne semble pas y pr&#234;ter grande attention :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; D&#232;s avant mon d&#233;part pour Paris, Breuer m'avait fait part de quelques remarques sur un cas d'hyst&#233;rie qu'il avait trait&#233; d'une mani&#232;re particuli&#232;re dans les ann&#233;es 1880 &#224; 1882, et qui lui avait ouvert des aper&#231;us profonds sur l'&#233;tiologie et la signification des sympt&#244;mes hyst&#233;riques. [...] Il me lut &#224; plusieurs reprises des passages de l'histoire du cas, dont je retirai l'impression qu'ils faisaient avancer la compr&#233;hension de la n&#233;vrose plus qu'on ne l'avait jamais fait auparavant. Je d&#233;cidai en mon for int&#233;rieur de faire part de ces d&#233;couvertes &#224; Charcot quand j'arriverais &#224; Paris, ce que je ne manquai pas de faire. Mais le ma&#238;tre ne manifesta aucun int&#233;r&#234;t pour mes premi&#232;res allusions, de sorte que je ne revins pas sur ce sujet, que j'abandonnai &#233;galement pour moi-m&#234;me &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 35.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'attitude de Charcot comme Jones le souligne, &#034; sembla att&#233;nuer pour un temps l'enthousiasme de Freud &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, celui-ci ne tarde cependant pas &#224; saisir cette occasion pour mener un nouveau combat : &#034; De retour &#224; Vienne, je m'int&#233;ressai &#224; nouveau &#224; l'observation de Breuer et m'en fis rendre compte de mani&#232;re plus compl&#232;te &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 35.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, Freud tente tout simplement de se faire une nouvelle alliance. En tentant de ressusciter l'int&#233;r&#234;t de Breuer pour l'hyst&#233;rie et l'hypnose et, surtout, en l'encourageant &#224; publier l'&#233;trange histoire d'Anna O, Freud souhaite passer outre le cercle restreint du milieu m&#233;dical dont il se sent rejet&#233;, et conqu&#233;rir ainsi un plus large public. Mais Breuer n'est pas tr&#232;s chaud. Bien qu'il n'explique pas pr&#233;cis&#233;ment les raisons de son refus, il r&#233;pugne &#224; aller plus avant dans la description du cas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La malade &#233;tait gu&#233;rie, et elle est rest&#233;e depuis en bonne sant&#233; : elle est m&#234;me devenue capable d'accomplissements non n&#233;gligeables. Mais sur le d&#233;nouement du traitement hypnotique r&#233;gnait une obscurit&#233; que Breuer ne dissipa jamais pour moi ; pas plus que je ne pus comprendre pourquoi il avait tenu si longtemps secr&#232;te sa d&#233;couverte qui me paraissait inestimable, au lieu d'en enrichir la science &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord ing&#233;nu, Freud finit par comprendre que le grand embarras de Breuer est uniquement li&#233; &#224; l'intensit&#233; d'un ph&#233;nom&#232;ne qu'il a lui-m&#234;me appris &#224; reconna&#238;tre dans ses propres cures. Il n'en saisit pas encore toute la puissance et tout le ressort inconscient, mais il r&#233;ussit n&#233;anmoins &#224; d&#233;culpabiliser Breuer, en lui racontant, comment l'une de ses propres malades s'&#233;tait jet&#233;e &#224; son cou &#224; la suite d'une s&#233;ance d'hypnose :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Alors qu'une fois, j'avais d&#233;livr&#233; de son mal l'une de mes patientes les plus dociles, chez qui l'hypnose avait permis de r&#233;aliser les plus remarquables prodiges, en ramenant l'acc&#232;s douloureux &#224; sa cause, elle me passa &#224; son r&#233;veil les bras autour du cou. L'entr&#233; inopin&#233;e d'une personne de service nous &#233;vita une explication embarrassante, mais, par un accord tacite, nous renon&#231;&#226;mes d&#232;s ce moment &#224; poursuivre le traitement par hypnose. Je gardai la t&#234;te assez froide pour ne pas porter ce hasard au compte d'un charme personnel irr&#233;sistible [...] &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 47.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud expose alors &#224; Breuer que ces &#034; transports d'affections &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne sont que de &#034; f&#226;cheux incidents &#034; caract&#233;ristiques de certains types d'hyst&#233;rie, ou disons quelques &#034; emb&#251;ches &#034; sur le chemin de l'acc&#232;s au savoir scientifique, &#034; emb&#251;ches &#034; que le m&#233;decin se doit personnellement de surmonter. Rassur&#233; par l'explication rationnelle de Freud, Breuer met de c&#244;t&#233; ses propres remords et finit par collaborer avec Freud. Comme Jones le pr&#233;cise, &#034; bien que Breuer f&#251;t d'un rang sup&#233;rieur au sien et de quatorze ans son a&#238;n&#233;, ce fut lui, le cadet, qui, pour la premi&#232;re fois, prit vraiment la t&#234;te des op&#233;rations &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Br&#252;cke et Meynert n'&#233;taient plus, mais Freud s'&#233;tait enfin assur&#233; l'appui d'un &#233;minent m&#233;decin viennois d'une g&#233;n&#233;ration plus proche de la sienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une lettre &#224; Fliess dat&#233;e du 18 d&#233;cembre 1892, il &#233;crira combien f&#251;t (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud et Breuer entament alors une longue p&#233;riode d'intime collaboration - allant jusqu'au traitement conjoint de certaines patientes, comme ce fut notamment le cas durant la cure de Frau C&#228;cilie -, de laquelle r&#233;sultera, en janvier 1893, la publication commune d'un premier article : &#034; Le m&#233;canisme psychique des ph&#233;nom&#232;nes hyst&#233;riques &#034;. Deux ans plus tard, l'article constitue le premier chapitre des Etudes sur l'Hyst&#233;rie, publi&#233; en 1895 et &#034; dont on pense commun&#233;ment, comme le pr&#233;cise Jones, qu'elles marquent le d&#233;but de la psychanalyse &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Anna O. &#187;, le Refoulement &amp; le Transfert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'objectif principal des travaux men&#233;s conjointement par Freud et Breuer est d'obtenir une g&#233;n&#233;ralisation des r&#233;sultats cliniques mis en &#233;vidence au cours de la cure d'Anna O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anna O &#233;tait en fait tomb&#233; malade alors qu'elle soignait son p&#232;re atteint d'une grave maladie, maladie &#224; laquelle il devait d'ailleurs succomber. La propre m&#232;re d'Anna &#233;tant &#224; cette &#233;poque absente, tous ses sympt&#244;mes et, plus g&#233;n&#233;ralement, la maladie elle-m&#234;me, &#233;taient issus d'un conflit psychique intense : son d&#233;sir la portait &#224; sortir et &#224; s'amuser comme toutes les jeunes filles de 21 ans, mais elle se devait de r&#233;primer ces id&#233;es pour pallier l'absence de sa m&#232;re et veiller au chevet de son p&#232;re malade :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale les choses s'&#233;taient pass&#233;es de telle mani&#232;re, qu'elle avait d&#251; r&#233;primer une pens&#233;e ou une impulsion au chevet de son p&#232;re malade ; c'est &#224; la place de celle-ci, et pour la repr&#233;senter, qu'&#233;tait ensuite apparu le sympt&#244;me &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Freud, les sympt&#244;mes &#034; avaient donc un sens &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et la question &#233;tait d&#233;sormais de savoir si l'on pouvait g&#233;n&#233;raliser ce que Breuer avait trouv&#233; &#224; l'occasion d'un unique cas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Les relations mises au jour par lui [Breuer] me paraissaient d'une nature si fondamentale que je ne pouvais croire qu'elles pussent &#234;tre absente de quelques cas d'hyst&#233;rie que ce fut, une fois qu'elles avaient &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;es sur un seul. Mais l'exp&#233;rience seule pouvait trancher &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question, nous le savons, constituera un v&#233;ritable leitmotiv pour Freud et, bien apr&#232;s l'avoir r&#233;solu pour l'hyst&#233;rie, il tentera d'y r&#233;pondre pour la n&#233;vrose obsessionnelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme en t&#233;moigne cette superbe remarque issue de l'&#233;tude du cas de l'homme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais pour l'heure, Freud s'employait &#224; utiliser la m&#233;thode de Breuer dans le but de savoir si, oui ou non, &#034; c'est de r&#233;miniscences surtout que souffre l'hyst&#233;rique &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Breuer et S. Freud, &#201;tudes sur l'hyst&#233;rie, [1895], Communication (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je commen&#231;ai donc &#224; r&#233;p&#233;ter les investigations de Breuer sur mes patients, et, surtout apr&#232;s que la visite aupr&#232;s de Bernheim en 1889 m'eut r&#233;v&#233;l&#233; les limites de l'efficacit&#233; de la suggestion hypnotique, je ne pratiquai plus que cela. Lorsque, au cours de plusieurs ann&#233;es, je n'eu fait qu'en trouver de nouvelles confirmations, et que, pour chaque cas d'hyst&#233;rie qui &#233;tait accessible &#224; un tel traitement, je disposais d'embl&#233;e d'une quantit&#233; imposante d'observations analogues, je lui proposai de travailler &#224; une publication commune, id&#233;e qu'il commen&#231;a par rejeter violemment. Il finit par c&#233;der, d'autant plus que les travaux de Janet avaient anticip&#233; une partie des r&#233;sultats, &#224; savoir la th&#232;se qu'on peut faire remonter les sympt&#244;mes hyst&#233;riques &#224; des impressions v&#233;cues et les supprimer par leur reproduction hypnotique &#224; l'&#233;tat naissant. Nous f&#238;mes para&#238;tre en 1893 une communication provisoire : &#034;Les m&#233;canismes psychiques des ph&#233;nom&#232;nes hyst&#233;riques &#034;. En 1895 lui succ&#233;da notre livre &#201;tudes sur l'hyst&#233;rie &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 37.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233;es en 1895 et tir&#233;es &#224; huit cents exemplaires, les Etudes sur l'hyst&#233;rie sont assez mal accueillies dans les milieux m&#233;dicaux et certaines critiques, forts s&#233;v&#232;res, commencent &#224; parsemer les p&#233;riodiques sp&#233;cialis&#233;s : Breuer est d&#233;courag&#233;, alors que Freud, qui n'en n'est pas &#224; sa premi&#232;re d&#233;convenue scientifique, semble d&#233;j&#224; avoir pris son parti de s'en moquer et souhaite aller plus loin dans son travail de d&#233;frichement des lieux du refoul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un strict point de vue scientifique, en effet, la collaboration avec Breuer avait &#233;t&#233; extr&#234;mement fructueuse : en mettant en &#233;vidence le ph&#233;nom&#232;ne du refoulement et en mettant au point une th&#233;rapeutique capable de rendre le conflit refoul&#233; &#224; la conscience, abr&#233;agissant ainsi la souffrance et les sympt&#244;mes, Freud devait se trouver pleinement satisfait. En outre, sur cette voie, les deux auteurs avaient r&#233;ussi &#224; d&#233;gager un autre ph&#233;nom&#232;ne psychique d'une importance cruciale : le transfert. Mais si Breuer voulait bien reconna&#238;tre ces deux &#233;difices fondamentaux de la psychanalyse en construction, en d&#233;clarant notamment &#224; propos du ph&#233;nom&#232;ne du transfert : &#034;C'est l&#224;, je crois, la chose la plus importante que nous ayons tous deux &#224; r&#233;v&#233;ler au monde&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il n'&#233;tait cependant pas pr&#232;s &#224; faire le pas de plus qui devaient mener &#224; l'ach&#232;vement v&#233;ritable de la pratique psychanalytique. Car il en restait essentiellement deux &#224; faire : mettre en &#233;vidence l'&#233;tiologie sexuelle des n&#233;vroses et mettre en relation le refoulement et le transfert, ce qui n&#233;cessitera la mise en &#233;vidence d'un autre ph&#233;nom&#232;ne psychique, la r&#233;sistance, dont la reconnaissance n&#233;cessitera l'abandon de la m&#233;thode cathartique de Breuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sera qu'une fois que ces deux ph&#233;nom&#232;nes psychiques que sont le sexuel et la r&#233;sistance seront reconnus et th&#233;oris&#233;s, que Freud pourra d&#233;finitivement asseoir sa m&#233;thode psychanalytique, celle des associations libres, et qu'il pourra enfin partir pour l'Odyss&#233;e de l'Inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais Breuer n'&#233;tait pas pr&#234;t pour le grand voyage. Entre les deux auteurs, des divergences non n&#233;gligeables commenc&#232;rent &#224; appara&#238;tre : le d&#233;couragement de Breuer, suite au mauvais accueil de l'ouvrage, ainsi que son statut professionnel et sa r&#233;putation qu'il ne souhaitait pas mettre en danger, tout cela contrebalan&#231;ait singuli&#232;rement avec l'impertinence et l'audace scientifique d'un Freud qui n'avait lui, rien &#224; perdre, et qui souhaitait toujours pousser plus loin ses investigations. Comme Freud le soulignera cruellement : &#034; La foi de Breuer en lui-m&#234;me et sa capacit&#233; de r&#233;sistance n'&#233;tait pas &#224; la hauteur de son organisation intellectuelle &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 179.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l'&#233;t&#233; 1894, leur collaboration devint difficile, leurs relations personnelles s'espac&#232;rent, et leur amiti&#233;, qui avait d&#233;but&#233; vingt ans plus t&#244;t, se refroidit progressivement. Mais c'est surtout &#224; partir du mois d'avril 1896 que les sentiments de Freud &#224; l'&#233;gard de Breuer se modifi&#232;rent irr&#233;m&#233;diablement. Or, comme le Jones le souligne subtilement, &#034; cette date correspond &#224; la phase la plus passionn&#233;e de ses relations avec Fliess &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si Breuer n'&#233;tait pas en total d&#233;saccord avec Freud et si Freud ne gardera aucun ressentiments vis-&#224;-vis de Breuer, allant m&#234;me parfois jusqu'&#224; lui reconna&#238;tre la paternit&#233; de la psychanalyse (&#034; ce qui &#233;tait, comme le pr&#233;cise Jones, pure modestie de sa part &#034;), Freud avait cependant encore quelque chose &#224; faire avant de d&#233;finitivement voler de ses propres ailes : une autoanalyse. Or, hasard de l'histoire ou extraordinaire sinc&#233;rit&#233; d'un homme ordinaire, cette autoanalyse, Freud nous l'a laiss&#233; en h&#233;ritage au travers de sa correspondance avec Fliess, d'une part, et entre les lignes de son ouvrage fondateur, l'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, d'autre part. Il avait su anticiper, quarante ans auparavant, les cinq derni&#232;res lignes qu'il &#233;crira avant de mourir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce que tes a&#239;eux t'ont laiss&#233; en h&#233;ritage, si tu veux le poss&#233;der, gagne-le &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce fameux &#034;Erwirb Es, um Es zu besitzen&#034; de G&#339;the (Faust, premi&#232;re partie), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 276.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 246.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comment Breuer avait-il d&#233;couvert l'hypnotisme ? Certainement par l'interm&#233;diaire de Benedickt, qui fut son professeur &#224; l'h&#244;pital g&#233;n&#233;ral de Vienne, alors qu'il n'&#233;tait encore qu'un assistant, au m&#234;me titre que l'ancien ma&#238;tre de Freud, d'Ernst Br&#252;cke. Avec Heidenhain et quelques rares autres, Benedickt fut en fait l'un des premiers m&#233;decins &#224; pratiquer l'hypnotise &#224; vienne, puis n'avait pas h&#233;sit&#233; ensuite &#224; th&#233;oriser ses vues sur le proc&#233;d&#233;, au travers de nombreux &#233;crits que Freud et Breuer n'avaient pas manqu&#233; de lire. Pour l'anecdote, signalons tout de m&#234;me qu'&#224; l'&#233;poque, Breuer tenta de mettre en garde Benedickt contre l'utilisation abusive du proc&#233;d&#233; hypnotique qui pouvait parfois se rapprocher du &#034;magn&#233;tisme animal&#034; (E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On sait en outre qu'elle &#233;tait capable de traduire dans un Anglais bien loin d'&#234;tre approximatif et en temps r&#233;el n'importe quel texte de Fran&#231;ais ou d'Italien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034; Breuer qualifiait notre proc&#233;d&#233; de cathartique ; on lui assignait comme finalit&#233; th&#233;rapeutique de canaliser le quantum d'affect utilis&#233; &#224; entretenir le sympt&#244;me, qui s'&#233;tait fourvoy&#233; sur de fausses routes et s'y &#233;tait pour ainsi dire coinc&#233;, vers des voies normales par lesquelles il p&#251;t &#234;tre d&#233;charg&#233; (abr&#233;agi). Le succ&#232;s pratique de la proc&#233;dure cathartique &#233;tait remarquable. Les d&#233;fauts qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;s par la suite &#233;taient ceux aff&#233;rents &#224; tout traitement hypnotique &#034; (S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 38).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034; La m&#232;re de la jeune fille, pr&#233;cise Jones, &#233;tait une sorte de dragon qui, vers 1890, accourut de Francfort pour la reprendre en main &#034; (E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Martha, dat&#233;e du 11 novembre 1883 (E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans une lettre &#224; Fliess dat&#233;e du 18 d&#233;cembre 1892, il &#233;crira combien f&#251;t difficile l'obtention de ce pr&#233;cieux soutien : &#034;Il m'a joliment fallu pour cela me battre avec mon collaborateur&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme en t&#233;moigne cette superbe remarque issue de l'&#233;tude du cas de l'homme aux loups : &#034; Naturellement, un cas isol&#233; ne nous apprend pas tout ce que nous voudrions savoir. Ou, plus justement, il pourrait tout nous apprendre si nous &#233;tions &#224; m&#234;me de tout comprendre et si l'inexp&#233;rience de notre propre perception ne nous obligeait pas &#224; nous contenter de peu &#034; (Cinq psychanalyses, PUF, Paris, 1993, p 327-328).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Breuer et S. Freud, &#201;tudes sur l'hyst&#233;rie, [1895], Communication pr&#233;liminaire : &#034;Le m&#233;canisme psychique de ph&#233;nom&#232;nes hyst&#233;riques&#034;, [1892], PUF, Paris, 1994, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 179.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 281.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce fameux &#034;Erwirb Es, um Es zu besitzen&#034; de G&#339;the (Faust, premi&#232;re partie), qui ne sera finalement que sa derni&#232;re version de la c&#233;l&#232;bre formule : &#034;Wo Es war, Soll Ich werden&#034; (&#034;L&#224; o&#249; &#199;a &#233;tait, je dois advenir &#034;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Freud et l'Hypnose</title>
		<link>https://psychanalyste-paris.com/Freud-et-l-Hypnose.html</link>
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		<dc:date>2002-10-18T12:52:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
		<dc:subject>Hypnose</dc:subject>
		<dc:subject>Hyst&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Martin Charcot</dc:subject>
		<dc:subject>Joseph Breuer</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le dimanche 25 avril 1886, jour de P&#226;ques, on pouvait lire dans les journaux et p&#233;riodiques m&#233;dicaux viennois l'annonce suivante : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Dr Sigmund Freud, charg&#233; de cours de neurologie &#224; la Facult&#233; de Vienne, est de retour apr&#232;s un s&#233;jour de six mois &#224; Paris et habite maintenant Rathausstrasse 7 &#187; . &lt;br class='autobr' /&gt; L'installation comme Neurologue et le Mariage civil &#224; Wandsbeck &lt;br class='autobr' /&gt;
Dix jours auparavant, Freud avait en effet emm&#233;nag&#233; dans cet appartement, situ&#233; juste derri&#232;re l'H&#244;tel de Ville de Vienne. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-CHARCOT-Jean-Martin-+.html" rel="tag"&gt;Jean-Martin Charcot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-BREUER-Joseph-+.html" rel="tag"&gt;Joseph Breuer&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton42-8c9b7.gif?1757696789' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le dimanche 25 avril 1886, jour de P&#226;ques, on pouvait lire dans les journaux et p&#233;riodiques m&#233;dicaux viennois l'annonce suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Dr Sigmund Freud, charg&#233; de cours de neurologie &#224; la Facult&#233; de Vienne, est de retour apr&#232;s un s&#233;jour de six mois &#224; Paris et habite maintenant Rathausstrasse 7 &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 158.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'installation comme Neurologue et le Mariage civil &#224; Wandsbeck&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix jours auparavant, Freud avait en effet emm&#233;nag&#233; dans cet appartement, situ&#233; juste derri&#232;re l'H&#244;tel de Ville de Vienne. L'ameublement de cette location semblait lui convenir, et il ne restait plus &#224; Freud qu'&#224; se procurer le traditionnel divan de rigueur &#224; l'&#233;poque pour proc&#233;der aux examens m&#233;dicaux, &#224; poser sur la porte coch&#232;re une plaque de verre noire, sur laquelle le mot m&#233;decin se d&#233;tacherait en lettres d'or et, enfin, &#224; envoyer 200 cartes de visite &#224; ses diff&#233;rents confr&#232;res viennois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq mois apr&#232;s, le 13 septembre 1886, Freud se marie civilement &#224; l'H&#244;tel de Ville de Wandsbeck. Jones nous d&#233;peint un Freud &#034;&#233;l&#233;gant et robuste&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 166.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sous des &#034;traits r&#233;guliers et des yeux noirs brillants&#034;. Il mesure 1, 69 m et p&#232;se 57 kg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce premier appartement, na&#238;tront successivement les 16 octobre 1887, 7 d&#233;cembre 1889 et 19 f&#233;vrier 1891, Mathilde, Jean-Martin et Olivier Freud. Ce n'est qu'en ao&#251;t 1891, l'appartement &#233;tant devenu trop petit, que Freud d&#233;m&#233;nagera pour emmener sa famille au d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre 19, de la Berggasse, o&#249; il passera quarante-sept ann&#233;es de sa vie. Jones pr&#233;cise d'ailleurs que &#034;le loyer [&#8230;] en &#233;tait moins &#233;lev&#233;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 167.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un an plus tard, Freud louera trois pi&#232;ces suppl&#233;mentaires au rez-de-chauss&#233;e de l'immeuble, o&#249; il y installera son bureau de travail, sa salle d'attente et son cabinet de consultation. Les trois enfants qui na&#238;tront dans ce nouvel appartement les 6 avril 1892, 12 avril 1893 et 3 d&#233;cembre 1895, se pr&#233;nommeront : Ernst, Sophie et Anna Freud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En cette ann&#233;e 1886, tout porte &#224; penser que, selon l'expression de Jones, &#034;Freud avait fini par atteindre le havre de bonheur auquel il aspirait depuis si longtemps&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 167.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'en &#233;tait rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#224; trente-cinq ans, &#034; tous ces travaux auraient suffi &#224; faire consid&#233;rer Freud comme un neurologue de premier ordre &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 243.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, plusieurs ombres pouvaient &#234;tre n&#233;anmoins port&#233; &#224; ce tableau : l'argent, la confiance dans sa pratique et, surtout, ce d&#233;sir de savoir apr&#232;s lequel Freud courait toujours. Le 9 septembre 1883, Freud avait &#233;crit &#224; Martha : &#034;Mon ambition sera satisfaite si je parviens, au cours d'une longue existence, &#224; avoir une notion de ce qu'est le monde &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 215.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce d&#233;sir n'&#233;tait pas encore satisfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Du strict point de vu financier d'abord, et comme Jones le souligne, &#034; Freud ne parvint &#224; sortir de cette affreuse pauvret&#233; qu'au bout de plusieurs ann&#233;es et, entre 1890 et 1900, bien des passages de ses lettres &#224; Fliess montrent qu'il se demande avec angoisse comment nouer les deux bouts &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 171.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud le pr&#233;cise lui-m&#234;me dans son autobiographie : &#034; Dans la p&#233;riode de 1886 &#224; 1891, [&#8230;] j'&#233;tais accapar&#233; par l'obligation de me faire une place dans ma nouvelle profession et d'assurer mon existence mat&#233;rielle ainsi que celle de ma famille qui s'accroissait rapidement &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 31.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut &#224; ce titre rappeler avec Jones, que &#034; Freud avait &#224; sa charge non seulement sa femme et ses enfants, mais aussi de nombreux parents qu'il aidait beaucoup &#034;. Le nombre de parents dont Freud devait assurer l'existence s'&#233;leva jusqu'&#224; une bonne douzaine de personnes &#224; la fin de la d&#233;cennie 1890&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D'un point de vue plus professionnel, la majeure partie de sa client&#232;le lui &#233;tait envoy&#233;e par Breuer, son ami le plus proche, dont la femme avait tenu &#224; fixer elle-m&#234;me la plaque de m&#233;decin du premier cabinet de Freud. Freud avait rencontr&#233; Joseph Breuer, quinze ans plus t&#244;t, &#224; l'Institut de physiologie d'Ernst Br&#252;cke. Joseph Breuer &#233;tait de quatorze ans son a&#238;n&#233;. C'&#233;tait un m&#233;decin reconnu et r&#233;put&#233; non seulement &#224; Vienne, mais &#233;galement partout en Allemagne et, surtout, un homme tr&#232;s cultiv&#233; qui partageait avec Freud une v&#233;ritable passion pour G&#339;the. Breuer avait lui-m&#234;me &#233;t&#233; Ma&#238;tre de Conf&#233;rence &#224; la Facult&#233; de M&#233;decine de Vienne en 1868, soit dix-sept ans avant Freud, mais lorsque &#224; l'&#233;poque on lui proposa de devenir professeur, il avait pr&#233;f&#233;r&#233; refuser pour se consacrer &#224; sa riche client&#232;le priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, lorsque Freud s'installa, Breuer n'h&#233;sita pas &#224; aider son jeune Mentor, financi&#232;rement d'abord, ce qu'il avait du reste d&#233;j&#224; fait &#224; de nombreuses reprises, mais &#233;galement, professionnellement. Car si, &#224; l'h&#244;pital, chaque m&#233;decin travaille en &#233;quipe et sous la supervision d'un sup&#233;rieur hi&#233;rarchique, en cabinet priv&#233;, le confort psychologique qu'apporte ce type de structure hi&#233;rarchique dispara&#238;t, et chaque m&#233;decin travaille &#034;sans filet&#034;, devant &#224; tout moment faire face &#224; ses responsabilit&#233;s m&#233;dicales. Or Freud comme Jones le rappelle, &#034; n'avait qu'une confiance limit&#233;e en ses propres capacit&#233;s m&#233;dicales et g&#233;missait sans cesse de se sentir aussi maladroit en face de ses malades &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 159.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud perdait rapidement la confiance qu'il acqu&#233;rait en lui-m&#234;me, et avait besoin d'un ami sur qui compter. Il n'avait plus Charcot, ni Br&#252;cke, cet appui, il le trouva en la personne de Joseph Breuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cet appui &#233;tait d'autant plus crucial, que Freud, en cette ann&#233;e 1886, s'&#233;tait tout bonnement emm&#234;l&#233; dans la &#034;Confusion ses sentiments&#034; : d'un c&#244;t&#233;, il ne semblait rechercher que la reconnaissance de ses p&#232;res, tandis que de l'autre, il n'aspirait qu'&#224; leur d&#233;montrer qu'il &#233;tait bien meilleur qu'eux. C'est l&#224; l'ambivalence m&#234;me qui conduit g&#233;n&#233;ralement le n&#233;vros&#233; obsessionnel soumis &#224; un tel conflit &#339;dipien tout droit dans le mur. Nous le savons, c'est gr&#226;ce &#224; son analyse qu'il put extirper son d&#233;sir du conflit &#339;dipien o&#249; celui-ci restait encore emm&#234;l&#233;. Il s'en fallut cependant de peu pour qu'il ne s'enferme d&#233;finitivement dans sa propre prison inconsciente, et c'est tout d'abord au travers de son transfert sur Breuer qu'il sut trouver les ressources pour pers&#233;v&#233;rer dans son entreprise : rompre ses propres cha&#238;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'hyst&#233;rie masculine : le nouveau d&#233;fi de Freud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il faut tout d'abord rappeler que Freud avait quitt&#233; Vienne, en octobre 1885, en v&#233;ritable conqu&#233;rant. Il esp&#233;rait secr&#232;tement qu'&#224; son retour, ses travaux sur la coca&#239;ne lui vaudraient la renomm&#233; internationale qu'il convoitait. Or, comme nous l'avons vu, entre-temps - c'est-&#224;-dire durant son s&#233;jour &#224; Paris, le vent avait tourn&#233;. Il fut tout d'abord surpris de constater qu'il &#034;&#233;tait l'objet d'attaques toujours plus vives&#034; et qu'on l'accus&#226;t &#034;d'avoir favoris&#233; l'apparition d'une nouvelle sorte de toxicomanie&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 150&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais non content de cela, Freud persiste et signe : il revenait &#224; Vienne avec, dans son sac, un nouveau rem&#232;de miraculeux qui, cette fois-ci, n'&#233;tait pas la coca&#239;ne, mais l'hypnose, ainsi qu'avec un nouveau myst&#232;re &#224; faire d&#233;couvrir &#224; ses a&#238;n&#233;s : l'hyst&#233;rie masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Avec sa coutumi&#232;re ardeur&#034;, nous dit Jones&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Freud se posai d&#233;sormais en champion enthousiaste des nouvelles id&#233;es de Charcot sur l'hyst&#233;rie et l'hypnotisme, et ce fait n'&#233;tait gu&#232;re fait pour am&#233;liorer sa r&#233;putation. Car Freud se cr&#251;t en effet oblig&#233; de faire savoir &#224; la Soci&#233;t&#233; m&#233;dicale de Vienne, ce qu'il avait d&#233;couvert &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le 15 octobre 1886, que Freud pr&#233;senta &#224; la Soci&#233;t&#233; m&#233;dicale de Vienne son rapport intitul&#233; &#034;De l'hyst&#233;rie masculine&#034;. L'ambiance de cette soir&#233;e particuli&#232;re est magnifiquement bien d&#233;peinte dans le Film r&#233;alis&#233; en 1961 par John Huston et dont le sc&#233;nario f&#251;t &#233;crit par Jean-Paul Sartre : &#034;Freud, passions secr&#232;tes&#034;. On y voit un Montgomery Clift, particuli&#232;rement habile dans le r&#244;le d'un Freud maladroit, exposant les vues de Charcot, et tentant de modifier la conception qui pr&#233;valait &#224; l'&#233;poque dans les milieux m&#233;dicaux viennois, selon laquelle l'hyst&#233;rie n'&#233;tait non seulement qu'une vague simulation, mais surtout, une maladie typiquement f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce soir-l&#224;, Freud pr&#233;sente justement un cas d'hyst&#233;rie traumatique chez un homme qui &#233;tait tomb&#233; d'un &#233;chafaudage, et qu'il avait lui-m&#234;me pu observer &#224; la Salp&#234;tri&#232;re. Il s'agit d'un jeune ma&#231;on de dix-huit ans, Pinaud, qui apr&#232;s une chute d'environ deux m&#232;tres reste sans connaissance. Lorsqu'il reprend conscience, il ne constate que quelques contusions &#224; son genou gauche, mais quelques jours plus tard, il se r&#233;veille avec le membre sup&#233;rieur gauche paralys&#233;. Il finit par atterrir quelques mois plus tard dans le service de Charcot &#224; la Salpetri&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le&#231;ons 19 &#224; 22 du tome III des &#339;uvres compl&#232;tes de Charcot. Sur ce sujet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jones commente l'accueil que re&#231;u l'expos&#233; de Freud de la fa&#231;on suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Quand un jeune enthousiaste, un jeune fanatique pourrait-on m&#234;me dire, vient annoncer &#224; ses a&#238;n&#233;s dont la plupart ont &#233;t&#233; ses ma&#238;tres qu'ils leur reste beaucoup &#224; apprendre et que lui se pr&#233;pare &#224; les &#233;clairer, l'in&#233;vitable r&#233;ponse qu'il re&#231;oit est d'ordre d&#233;fensif, et prend la forme d'une d&#233;pr&#233;ciation &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir-l&#224;, les auditeurs de Freud ont soit cherch&#233; &#224; nier le caract&#232;re nouveau de l'information qui leur &#233;tait pr&#233;sent&#233;, l'hyst&#233;rie masculine devenant soudain un ph&#233;nom&#232;ne bien connu des m&#233;decins viennois, soit ont directement cherch&#233; &#224; remettre en cause le caract&#232;re scientifique et rigoureux de la formation m&#233;dicale de Freud, lui rappelant que le mot &#034;hyst&#233;rie&#034; se d&#233;duisait &#233;tymologiquement de &#034;hysteron&#034;, mot grec signifiant &#034;uterus&#034;, ce qui excluait par l&#224;-m&#234;me l'id&#233;e d'une hyst&#233;rie masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud, si d&#233;sireux de se faire reconna&#238;tre et de br&#251;ler les &#233;tapes qui devaient inexorablement le conduire vers la c&#233;l&#233;brit&#233;, accuse le coup. En r&#233;alit&#233;, comme Jones le pr&#233;cise : &#034; [&#8230;] Rien de notable ne semble s'&#234;tre produit ce soir-l&#224; et Freud aurait pu s'attendre &#224; une telle r&#233;ception. En pareilles circonstances, cet accueil aurait &#233;t&#233; aussi froid dans la plupart des cercles m&#233;dicaux. [&#8230;] En commentant cet incident, il faut souligner la na&#239;vet&#233; du jeune mentor et peut-&#234;tre son exc&#232;s de sensibilit&#233; aussi bien que le manque d'imagination si &#233;vident de ses a&#238;n&#233;s &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, 253.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meynert, chef du service psychiatrique de l'H&#244;pital de Vienne, finit par demander &#224; Freud d'apporter la preuve de ses affirmations, en le sommant de leur montrer un cas d'hyst&#233;rie masculine pr&#233;sentant les sympt&#244;mes typiques d&#233;crits par Charcot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but novembre, Freud a d&#233;couvert le cas qu'il s'&#233;tait, pendant un mois, ardemment employ&#233; &#224; rechercher. C'est celui d'un jeune m&#233;tallurgiste de 29 ans qui, s'&#233;tant violemment disput&#233; avec son fr&#232;re, fut ensuite atteint d'une h&#233;mianesth&#233;sie avec troubles du champ visuel et du sens de la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas est pr&#233;sent&#233; par Freud le 26 novembre 1886 &#224; la Soci&#233;t&#233; m&#233;dicale. Si, cette fois, Freud recueille quelques applaudissements, pour Meynert cependant, rien n'y fait : &#034; l'erreur fondamentale de la th&#233;orie de Charcot &#233;tait sa m&#233;connaissance de l'existence d'une petite branche de la carotide interne, l'art&#232;re choro&#239;dale !&#034; Meynert reprochait &#224; Charcot d'avoir d&#233;finitivement entra&#238;n&#233; Freud &#034; hors du sentier &#233;troit et born&#233; de la science pure &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 256.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud adopta quant &#224; lui une attitude de d&#233;fi, et ses rapports avec Meynert et la Soci&#233;t&#233; m&#233;dicale de Vienne ne s'am&#233;lior&#232;rent gu&#232;re jusqu'au jour o&#249;, sur le point de mourir, Meynert, que l'on savait alcoolique, avoua &#224; Freud qu'il se savait lui-m&#234;me hyst&#233;rique. Comme Jones le pr&#233;cise, une telle confession apr&#232;s tant d'ann&#233;es, ne fut qu'une &#034;pi&#232;tre consolation&#034; pour Freud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, 254 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Freud &amp; l'Hypnose&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, en Allemagne, il n'y avait gu&#232;re qu'une poign&#233;e de m&#233;decins, dont le c&#233;l&#232;bre Moebius, qui prenait l'hypnotisme au s&#233;rieux. La plupart des coll&#232;gues de Freud, qu'ils soient m&#233;decins ou psychiatres, consid&#233;raient ce proc&#233;d&#233; comme une formidable supercherie. Meynert, encore une fois, alla jusqu'&#224; &#233;crire que &#034; l'hypnotisme d&#233;grade l'&#234;tre humain en en faisant une cr&#233;ature priv&#233;e de volont&#233; et de raison et qu'il ne peut que h&#226;ter sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence nerveuse et mentale [&#8230;]. Il provoque une forme artificielle d'ali&#233;nation &#034;. Il comparait l'hypnose &#224; une v&#233;ritable &#034;&#233;pid&#233;mie psychique qui s&#233;vissait parmi les docteurs&#034;, ajoutant, dans sa grande bont&#233; : &#034;J'&#233;prouve certes une commis&#233;ration sympathique &#224; l'&#233;gard de ces confr&#232;res qui, peut-&#234;tre par altruisme, et confiants de leurs premiers succ&#232;s, s'abaissent jusqu'&#224; assumer le r&#244;le de bonnes d'enfants en assommant les gens par la suggestion pour les faire dormir &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette fin de XIXe si&#232;cle, la mode &#233;tait aux traitements &#233;lectriques qui, comme le rappelle Jones, &#034; furent tr&#232;s en faveur en neurologie, non seulement pour l'&#233;tablissement du diagnostic, mais davantage encore en tant que fondement m&#234;me d'une th&#233;rapeutique &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 221.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud, qui avait &#233;t&#233; form&#233; &#224; l'&#233;cole classique, connaissait bien le proc&#233;d&#233; et avait commenc&#233;, durant les deux premi&#232;res ann&#233;es de sa carri&#232;re, par appliquer le traitement &#233;lectrique orthodoxe, qu'il combinait avec des bains et des massages, deux adjuvants qu'il continuera d'ailleurs &#224; prescrire jusqu'en 1895&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, les n&#233;vros&#233;s, qui semblaient se multiplier dans les milieux viennois, passaient inlassablement d'un m&#233;decin &#224; l'autre, sans qu'une aide visible puisse leur &#234;tre apport&#233;, malgr&#233; le caract&#232;re tr&#232;s sophistiqu&#233; de l'appareil &#233;lectrique mis au point par Erb :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Qui veut vivre du traitement des malades nerveux doit &#233;videmment pouvoir faire quelque chose pour eux. Mon arsenal th&#233;rapeutique ne contenait que deux armes : l'&#233;lectroth&#233;rapie et l'hypnose, car l'envoi dans un &#233;tablissement hydroth&#233;rapique apr&#232;s une consultation unique n'&#233;tait pas une source de gain suffisante. Je m'en rapportai, en ce qui concerne l'&#233;lectroth&#233;rapie, au manuel de W. Erb, qui donnait des prescriptions d&#233;taill&#233;es sur le traitement de tous les sympt&#244;mes des maladies nerveuses. Je devais malheureusement bient&#244;t reconna&#238;tre que ma docilit&#233; &#224; suivre ces prescriptions n'&#233;tait d'aucune efficacit&#233;, que ce que j'avais pris pour le r&#233;sultat d'observations exactes n'&#233;tait qu'un &#233;difice fantasmagorique. La d&#233;couverte qu'un livre sign&#233; du premier nom de la neuropathologie allemande n'avait pas plus de rapports &#224; la r&#233;alit&#233; que, par exemple, une clef des songes &#034;&#233;gyptienne&#034; telle qu'on en vend dans nos librairies populaires, fut douloureuse, mais elle m'aida &#224; perdre encore un peu de la na&#239;ve croyance aux autorit&#233;s dont je ne m'&#233;tais pas encore rendu ind&#233;pendant. Je mis donc l'appareil &#233;lectrique de c&#244;t&#233;, avant m&#234;me que Moebius n'ait prof&#233;r&#233; ces paroles lib&#233;ratrices : les succ&#232;s du traitement &#233;lectrique - quand il en est - ne sont dus qu'&#224; la suggestion m&#233;dicale &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 28.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en d&#233;cembre 1887, que Freud commence &#224; r&#233;guli&#232;rement utiliser la suggestion hypnotique dans sa propre pratique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; &#192; Paris, j'avais vu qu'on se servait sans aucune r&#233;serve de l'hypnose comme d'une m&#233;thode propre &#224; cr&#233;er et &#224; supprimer ensuite des sympt&#244;mes chez les malades. Puis nous parvint la nouvelle qu'avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e &#224; Nancy une &#233;cole qui utilisait &#224; des fins th&#233;rapeutiques la suggestion avec ou sans hypnose, et ce &#224; une grande &#233;chelle et avec un succ&#232;s particulier. Il arriva ainsi tout naturellement que pendant les premi&#232;res ann&#233;es de mon activit&#233; m&#233;dicale, et compte tenu des m&#233;thodes psychoth&#233;rapeutiques plut&#244;t occasionnelles et non syst&#233;matiques, la suggestion hypnotique devint mon principal instrument de travail &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 29.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui &#233;tait d&#233;j&#224; arriv&#233; de l'employer occasionnellement, comme avec cette malade italienne, par exemple, prise de convulsions hyst&#233;riques &#224; chaque fois que l'on pronon&#231;ait devant elle le mot &#034;pomme&#034;, et qu'il avait trait&#233; avec succ&#232;s par l'hypnose au tout d&#233;but du moins de juin 1886&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, Freud s'apercevait que, malgr&#233; son exp&#233;rience avec Charcot &#224; la Salp&#234;tri&#232;re, il ne r&#233;ussissait pas toujours &#224; hypnotiser ses patients comme il le souhaitait. Pour am&#233;liorer sa pratique, il d&#233;cide tout d'abord de se replonger dans les livres : en d&#233;cembre 1887, il signe un contrat avec les &#233;diteurs de Bernheim, en vue de la traduction de deux volumes de l'hypnotiseur fran&#231;ais. En mai, il donne deux conf&#233;rences sur l'hypnotisme et lit &#233;galement le livre de Forel sur l'hypnose, dont il donnera une pr&#233;sentation d&#233;taill&#233;e en 1889. C'est du reste Forel, tout comme Benedickt l'avait fait lors de sa visite &#224; Charcot, qui lui donne un mot d'introduction pour Bernheim, lorsque Freud entrepr&#238;t de parfaire sa technique &#224; Nancy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Dans l'intention de perfectionner ma technique hypnotique, je me rendis en &#233;t&#233; 1889 &#224; Nancy, o&#249; je passai plusieurs semaines. Je vis le vieux Li&#233;beault qui &#233;tait touchant dans le travail qu'il pratiquait sur les femmes et les enfants pauvres de la population ouvri&#232;re ; je fus t&#233;moin des exp&#233;riences &#233;tonnantes de Bernheim sur ses patients hospitaliers ; et j'en ramenai les impressions les plus pr&#233;gnantes de la possibilit&#233; de processus psychiques puissants, qui ne s'en d&#233;robent pas moins &#224; la conscience de l'homme &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 30.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; son retour de Nancy, Freud n'arrive toujours pas &#224; une ma&#238;trise parfaite du proc&#233;d&#233; et commence &#224; se poser bon nombre de questions sur l'efficacit&#233; de cette technique. L'hypnose est-elle v&#233;ritablement efficace ? Si oui, le proc&#233;d&#233; ne masquerait-il pas une r&#233;sistance &#224; l'acc&#232;s de la v&#233;ritable cause de la maladie ? &#192; la premi&#232;re question, Freud eut un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; Nancy, lorsqu'il pr&#233;senta &#224; Bernheim un cas qu'il n'arrivait pas &#224; hypnotiser :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; J'avais pouss&#233; une de mes patients &#224; me suivre &#224; Nancy. C'&#233;tait une hyst&#233;rique d'une grande distinction, g&#233;nialement dou&#233;e, qu'on avait remise &#224; mes soins, parce qu'on ne savait qu'en faire. Par influence hypnotique, je lui avais permis d'acc&#233;der &#224; une existence humaine d&#233;cente, et j'arrivais toujours &#224; la d&#233;gager &#224; nouveau de la mis&#232;re de ses &#233;tats. Dans mon ignorance d'alors, j'attribuais le fait qu'elle rechutait chaque fois au bout d'un certain temps, &#224; ce que son hypnose n'avait jamais atteint le degr&#233; du somnambulisme avec amn&#233;sie. Alors Bernheim s'y essaya &#224; plusieurs reprises, mais sans plus de r&#233;sultats que moi. Il m'avoua avec franchise qu'il n'arrivait &#224; ses grands succ&#232;s th&#233;rapeutiques par la suggestion que dans sa pratique hospitali&#232;re, mais pas avec ses patients priv&#233;s &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 31.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais Freud semblait d&#233;finitivement s'&#234;tre &#233;loign&#233; de l'h&#244;pital et avait &#224; faire face &#224; une client&#232;le qui le mettait devant les responsabilit&#233;s d'un m&#233;decin de cabinet priv&#233;. Il ne pouvait pas se contenter des remarques de Bernheim et devait imp&#233;rativement pousser plus loin ses investigations personnelles. V&#233;ritable fil conducteur, il remettait sans cesse la question de l'efficacit&#233; de l'hypnotisme sur le m&#233;tier qu'il avait &#224; tisser : le proc&#233;d&#233; ne masquait-il pas une r&#233;sistance et l'acc&#232;s &#224; la v&#233;ritable cause de la maladie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps de sa pratique, Freud se servait de l'hypnose comme d'un pur proc&#233;d&#233; suggestif : pour supprimer le ou les &#233;tats morbides, il mettait ses patients sous influence suggestive et leur &#233;mettait cette injonction de supprimer leurs sympt&#244;mes &#224; leur r&#233;veil. Profitant de l'&#233;tat somnambulique, il leur interdisait tout bonnement d'avoir recourt &#224; leurs sympt&#244;mes. C'est l&#224; l'image d'&#201;pinal que l'on se fait d'un hypnotiseur, et c'est &#224; cette image que Freud s'est conform&#233; dans un premier temps. Cependant, Freud se doutait que ce proc&#233;d&#233; masquait une r&#233;sistance &#224; la v&#233;ritable compr&#233;hension de la maladie, et le v&#233;ritable tour de force de Freud est d'avoir su d&#233;nicher cette r&#233;sistance l&#224; o&#249; personne d'autre que lui n'aurait pu r&#233;ussir &#224; la d&#233;nicher : chez le m&#233;decin lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Freud s'aper&#231;ut tr&#232;s vite qu'il se complaisait dans le r&#244;le du magicien tout puissant, r&#244;le qui le flattait certes, mais surtout, qui masquait son v&#233;ritable manque de confiance en lui, qu'on lui connaissait chronique. Bref, en croyant n'enregistrer que des succ&#232;s, il ne faisait que se mentir &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Freud s'est alors livr&#233; &#224; une autre utilisation de l'hypnose :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je me servais d'elle pour explorer chez le patient l'histoire de la gen&#232;se de son sympt&#244;me, que souvent, &#224; l'&#233;tat de veille, il ne pouvait pas communiquer du tout, ou seulement de mani&#232;re tr&#232;s imparfaite. Non seulement ce proc&#233;d&#233; paraissait plus efficace que la simple injonction ou interdiction suggestives ; il satisfaisait aussi le d&#233;sir de savoir du m&#233;decin, qui avait tout de m&#234;me le droit d'apprendre quelque chose de l'origine du ph&#233;nom&#232;ne qu'il s'effor&#231;ait de supprimer par la monotone proc&#233;dure suggestive &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 33.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme nous le voyons, si Freud r&#233;ussi &#224; reconna&#238;tre et &#224; se d&#233;faire de son d&#233;sir de puissance en abandonnant ses injonctions et ses interdictions de magn&#233;tiseurs, son autre d&#233;sir - son d&#233;sir de savoir -, lui, ne l'a toujours pas quitt&#233;, et l'hypnose, de ce point de vue, lui fournissait encore un b&#233;n&#233;fice secondaire non n&#233;gligeable. Certes, c'est ce d&#233;sir de savoir qui l'aura guid&#233; jusqu'aux portes des grands myst&#232;res de l'humain, et comme Jones le souligne, &#034; Freud &#233;tait certain qu'un grand nombre de myst&#232;res se dissimulaient derri&#232;re les sympt&#244;mes manifestes et son imagination, toujours en &#233;veil, br&#251;lait de les &#233;claircir &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 264.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce ne sera qu'&#224; partir du moment o&#249; Freud pourra abandonner cette terrible qu&#234;te sans fin du savoir, que son d&#233;sir pourra s'&#233;manciper. Et ce n'est qu'une fois son d&#233;sir libre, que l'homme Freud pourra accueillir les associations qu'il qualifiera alors du m&#234;me nom, les associations libres, abandonnant par l&#224; m&#234;me d&#233;finitivement le savoir &#224; ses patients et, surtout, au lieu d'o&#249; ils parlent : l'inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le chemin &#233;tait encore long et l'on sait que Freud ne renoncera d&#233;finitivement &#224; l'hypnose en tant que proc&#233;d&#233; th&#233;rapeutique, qu'en 1896, alors m&#234;me que quatre ans auparavant, il avait d&#233;j&#224; d&#233;couvert que cet abandon &#233;tait possible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 269.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 158.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 166.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 167.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 167.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 243.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 215.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 171.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 251 et 370.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 159.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 150&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 104 et 260.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le&#231;ons 19 &#224; 22 du tome III des &#339;uvres compl&#232;tes de Charcot. Sur ce sujet, lire l'excellent article d'Agn&#232;s Sofiyana, Freud &amp; Charcot, sur &lt;a href=&#034;http://abreactions.asso.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://abreactions.asso.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, 253.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 256.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, 254 et Interpr&#233;tation des r&#234;ves, p. 372.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 221.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 260-263.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 264.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 269.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rencontre avec l'Hyst&#233;rie</title>
		<link>https://psychanalyste-paris.com/Rencontre-avec-l-Hysterie.html</link>
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		<dc:date>2002-10-11T10:51:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Freud avait rapport&#233; de Paris une lithographie assez saisissante qui repr&#233;sente Charcot en train de faire une d&#233;monstration &#224; ses assistants et &#224; ses &#233;l&#232;ves. Babinski entoure de son bras la taille gracieuse d'une malade &#224; demi consciente qu'il soutient. La fille a&#238;n&#233;e de Freud a d&#233;crit cette gravure de la fa&#231;on suivante : &#034;Dans mon enfance, elle exer&#231;ait sur moi une &#233;trange attraction et je demandais souvent &#224; mon p&#232;re de quoi souffrait la malade. Il me r&#233;pondait chaque fois qu'elle &#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/-A-propos-de-Freud-.html" rel="directory"&gt;&#192; propos de Freud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Sigmund-Freud-+.html" rel="tag"&gt;Sigmund Freud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton41-4dd8f.gif?1757692899' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Freud avait rapport&#233; de Paris une lithographie assez saisissante qui repr&#233;sente Charcot en train de faire une d&#233;monstration &#224; ses assistants et &#224; ses &#233;l&#232;ves. Babinski entoure de son bras la taille gracieuse d'une malade &#224; demi consciente qu'il soutient. La fille a&#238;n&#233;e de Freud a d&#233;crit cette gravure de la fa&#231;on suivante : &#034;Dans mon enfance, elle exer&#231;ait sur moi une &#233;trange attraction et je demandais souvent &#224; mon p&#232;re de quoi souffrait la malade. Il me r&#233;pondait chaque fois qu'elle &#233;tait &#034;trop serr&#233;e&#034; dans son corset, et faisait ensuite un sermon sur la stupidit&#233; de se comprimer ainsi. La fa&#231;on dont il regardait cette gravure me faisait sentir, m&#234;me lorsque j'&#233;tais encore toute petite, qu'elle &#233;voquait en lui des souvenirs heureux ou importants, et qu'elle &#233;tait ch&#232;re &#224; son c&#339;ur&#034; &#187; (Ernest JONES, &#171; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#187; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 232).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but du mois de mars 1885, Freud avait envisag&#233; de solliciter une bourse d'&#233;tude post-doctorale que le minist&#232;re attribuait aux meilleurs &#233;tudiants. La bourse devait lui permettre de se rendre &#224; Paris, &#224; la Salp&#234;tri&#232;re, la &#034; Mecque des neurologues &#034; selon l'expression de Jones&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La date d'inscription expirait &#224; la fin du mois d'avril. Cette bourse lui fut attribu&#233;e au mois de juin 1885. Freud quitte l'h&#244;pital g&#233;n&#233;ral de Vienne &#224; la fin ao&#251;t, pour se rendre &#224; Wandsbeck, une petite ville pr&#232;s de Hambourg, au nord de l'Allemagne, o&#249; il y rejoint Martha, et d'o&#249; il prendra le train pour Paris le 11 octobre 1885.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Freud &#224; Paris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 octobre 1885, Freud arrive &#224; Paris :&lt;br&gt;
&#034; Pendant bien des ann&#233;es, je ne r&#234;vais que de Paris, et le bonheur extr&#234;me que je ressentis en posant pour la premi&#232;re fois le pied sur ses pav&#233;s me sembla garantir la r&#233;alisation de mes autres d&#233;sirs &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les six premi&#232;res semaines de son s&#233;jour, il habite &#224; l'h&#244;tel de la Paix, 5, impasse Royer-Collard, situ&#233;e rue Gay-Lussac, aujourd'hui h&#244;tel &#034; Des Jardins du Luxembourg &#034;, dans le cinqui&#232;me arrondissement. Lorsque Freud reviendra passer la semaine de No&#235;l &#224; Wandsbeck, il abandonnera &#224; son retour cette chambre pour en prendre une autre, juste &#224; c&#244;t&#233;, &#224; l'h&#244;tel du Br&#233;sil, rue Legoff, dans le prolongement de la rue de la Sorbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Lut&#232;ce, la ville boueuse, et la foule parisienne qu'il juge arrogante et &#034;inaccessible&#034; ne font qu'accro&#238;tre sa solitude et sa nostalgie. Le peuple fran&#231;ais devient pour lui le &#034;peuple des &#233;pid&#233;mies psychiques, des convulsions historiques de masses&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il se console en envoyant &#224; Martha des descriptions topographiques pr&#233;cises de la ville. Freud soigne sa nostalgie par des visites au Louvre, notamment &#224; la salle des Antiquit&#233;s &#233;gyptiennes qu'il affectionne particuli&#232;rement, et en se rendant r&#233;guli&#232;rement au th&#233;&#226;tre. &#192; la Com&#233;die Fran&#231;aise, o&#249; ils trouvent quelques places de paradis &#224; 1 franc pour voir &#338;dipe-Roi et Tartuffe, et au th&#233;&#226;tre de la Porte Saint-Martin, o&#249; il d&#233;pense 4 francs pour avoir le privil&#232;ge d'admirer Sarah Bernhardt sur un strapontin, dans le drame de Victorien Sardou, Theodora. Surtout, il s'engouffre dans Notre-Dame de Paris, o&#249; il reviendra r&#233;guli&#232;rement (notamment deux fois de suite &#224; la veille de No&#235;l, les 5 et 11 d&#233;cembre) et, surtout, d'o&#249; il ressort boulevers&#233;, comme de sa rencontre avec Charcot. Freud est en train de profond&#233;ment changer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je crois que je suis en train de changer beaucoup. Charcot est &#224; la fois l'un des plus grands m&#233;decins et homme dont le bon sens a quelque chose de g&#233;nial. Il bouleverse simplement mes opinions et mes desseins. Je sors souvent de l'une de ses conf&#233;rences comme de Notre-Dame, avec de nouvelles impressions &#224; &#233;laborer. Mais il m'absorbe enti&#232;rement. Quand je le quitte, je n'ai plus envie de poursuivre mon propre travail. Mon cerveau est rassasi&#233; comme apr&#232;s une soir&#233;e au th&#233;&#226;tre. J'ignore si la graine germera et aboutira au fruit, mais ce que je sais c'est que jamais &#234;tre humain ne m'a autant impressionn&#233; &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Martha dat&#233;e du 21 octobre 1885, cit&#233;e par Ernest JONES, &#034; La vie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion &#224; laquelle Jones aboutit dans son commentaire de cette lettre est sans appel : &#034; c'est &#224; Charcot qu'il convient d'attribuer le r&#244;le principal dans la d&#233;termination que prit Freud de passer de la neurologie &#224; la psychopathologie &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La rencontre avec Charcot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1885, comme le note Jones, &#034; Charcot &#233;tait &#224; l'apog&#233;e de sa c&#233;l&#233;brit&#233; &#034;, r&#233;gnant en ma&#238;tre sur la neurologie internationale et, pr&#233;cise Jones, &#034; le fait d'avoir &#233;t&#233; son &#233;l&#232;ve vous distinguait pour toujours des autres m&#233;decins &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#224; Vienne, Freud avait pu obtenir du c&#233;l&#232;bre hypnotiseur Benedikt, un mot d'introduction aupr&#232;s de Charcot, &#224; Paris, Freud devient tr&#232;s vite litt&#233;ralement hypnotis&#233; par le ma&#238;tre de la Salp&#234;tri&#232;re :&lt;br&gt;
&#034; Chacune de ses le&#231;ons, par sa construction, par sa composition, &#233;tait un petit chef d'&#339;uvre ; le style en &#233;tait parfait et les phrases impressionnaient l'auditoire et trouvaient partout un &#233;cho ; la pens&#233;e de chacun restait tout le jour impr&#233;gn&#233;e de ses d&#233;monstrations &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;votion est &#224; son comble : Freud avoue &#234;tre le &#034; subordonn&#233; &#034; de Charcot et &#034; satisfait de l'&#234;tre &#034;. Il aura d'ailleurs &#224; l'&#233;gard de sa fille, qu'il rencontrera un peu plus tard, ce mot d'une &#233;tonnante subtilit&#233; psychologique : &#034; rien n'est aussi dangereux qu'une jeune fille poss&#233;dant les traits d'un homme qu'on admire &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette admiration ne sera pas purement passag&#232;re, puisque Freud pr&#233;nommera son premier fils Jean-Martin (n&#233; le 7 d&#233;cembre 1889), en hommage &#224; son illustre professeur fran&#231;ais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;son troisi&#232;me fils, n&#233; le 6 avril 1892, re&#231;ut quant &#224; lui le pr&#233;nom de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charcot accueille tr&#232;s aimablement Freud, dont il avait du reste d&#233;j&#224; entendu parler, puisqu'un de ses &#233;l&#232;ves, Darkschewitsch, lui avait remis quelques tir&#233;s &#224; part d'un des articles de Freud, un an auparavant. Cependant, Charcot ne lui faisait preuve d'aucune attention particuli&#232;re, jusqu'au jour d&#233;sormais devenu c&#233;l&#232;bre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;probablement le 9 d&#233;cembre 1885, date de la lettre &#224; Martha o&#249; Freud fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, o&#249; Charcot, s'adressa &#224; Freud sans le nommer explicitement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#034; J'entrai &#224; la Salp&#234;tri&#232;re comme &#233;l&#232;ve, mais, perdu au d&#233;but dans le tout-venant des auditeurs venus de l'&#233;tranger, je suscitai peu d'attention. Un jour j'entendis Charcot exprimer son, regret que le traducteur allemand de ses Le&#231;ons n'ait plus donn&#233; signe de vie depuis la guerre. Il serait heureux que quelqu'un se charge&#226;t de la traduction allemande des Nouvelles Le&#231;ons. Je m'y offris par &#233;crit &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 23.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud s'empresse alors aupr&#232;s d'une de ses amies, Mme Richetti, pour lui demander de lui r&#233;diger en fran&#231;ais la lettre suivante qu'il adressa sur le champ &#224; Charcot :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Monsieur le Professeur,&lt;br&gt;
Fascin&#233; depuis deux mois de votre parole, immens&#233;ment int&#233;ress&#233; par le sujet que vous traitez en ma&#238;tre, il m'est venu de m'offrir &#224; vous pour la traduction en allemand du tome troisi&#232;me de vos Le&#231;ons, si toutefois vous d&#233;sirez un traducteur et si vous consentez &#224; vous valoir de mon &#339;uvre. Quant &#224; ma capacit&#233; pour cette entreprise, il faut dire que je n'ai que l'aphasie motrice du Fran&#231;ais, mais non l'aphasie sensorielle, j'ai donn&#233; la preuve de mon style allemand par ma traduction d'un volume &#233;tude par John Stuart Mill.&lt;br&gt;
En traduisant le premier fascicule du tome troisi&#232;me des Le&#231;ons, lequel s'occupe de ces questions nouvelles pos&#233;es et &#233;clair&#233;es par vous, Monsieur, je suis s&#251;r de rendre service &#224; mes compatriotes auxquels cette partie de vos investigations est moins accessible que les autres et de m'introduire moi-m&#234;me avantageusement aupr&#232;s des m&#233;decins allemands.&lt;br&gt; Il me reste &#224; vous expliquez, Monsieur, pourquoi je prends la libert&#233; de vous &#233;crire quand je suis assez heureux pour pouvoir vous adressez la parole, jouissant de la permission d'assister &#224; votre visite &#224; la Salp&#234;tri&#232;re. C'est pour vous &#233;pargner la peine de me donner une r&#233;ponse n&#233;gative &#224; laquelle - je vous l'avoue franchement - je suis &#224; demi pr&#233;par&#233;, puisqu'il se pourrait bien que vous eussiez d&#233;j&#224; dispos&#233; de l'autorisation que je me permets de vous demandez ou qu'une autre raison quelconque vous d&#233;termine de la refuser. Dans ce cas, vous n'aurez que de ne pas m'en parler et j'esp&#232;re que vous voudrez bien excuser cette demande et me croire avec la plus sinc&#232;re admiration,&lt;br&gt; Votre tout d&#233;vou&#233;&lt;br&gt; Dr Sigmund Freud &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Manger le Livre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. G&#233;rard HADDAD, Manger le livre - Rites alimentaires et fonction (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;strong&gt; : Freud traducteur de Charcot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Non seulement Charcot lui confie la traduction de ses &#339;uvres d&#233;j&#224; publi&#233;es, mais il lui confie &#233;galement la traduction de ses travaux in&#233;dits. Quant &#224; Freud, il poussera le z&#232;le jusqu'&#224; faire publier sa traduction allemande quelques mois avant le texte original en fran&#231;ais. &#192; partir de l&#224;, comme le pr&#233;cise Freud, &#034; Charcot m'accepta, me fit entrer dans ses relations priv&#233;es &#034;. Comme le recense Jones, &#034; Freud se rendit six fois dans le somptueux h&#244;tel de Charcot, boulevard Saint-Germain, trois fois &#224; des r&#233;ceptions et les trois autres fois pour discuter les d&#233;tails de sa traduction des conf&#233;rences de Charcot &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la premi&#232;re visite ayant lieu le 17 janvier, lorsque Freud alla chercher les premi&#232;res Conf&#233;rences &#224; traduire, la derni&#232;re, le 23 f&#233;vrier, lorsque Freud prit cong&#233; de Charcot, cinq jours avant son retour en Allemagne. Si Freud e&#251;t par la suite trois fois l'occasion de revenir &#224; Paris, et que Charcot, quant &#224; lui, e&#251;t l'occasion de se rendre &#224; Vienne, jamais cependant les deux hommes ne se rencontr&#232;rent de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette rencontre, il r&#233;sult&#226;t non seulement que Freud p&#251;t &#034; participer pleinement &#224; tout ce qui se faisait &#224; la clinique &#034;, comme il l'&#233;crit lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 23.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais surtout, qu'il p&#251;t, gr&#226;ce &#224; son transfert sur Charcot, commencer &#224; soigner sa propre n&#233;vrose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on sait en effet que Freud &#233;tait porteur d'un conflit psychique inconscient violent, que la science lui permettait n&#233;anmoins de refouler. Cependant, par retour, c'est son amour pour Martha qui risquait d'en p&#226;tir. C'est en grande partie gr&#226;ce au transfert sur Charcot qu'il p&#251;t, temporairement du moins, adoucir ce conflit et lui donner une solution plus heureuse, afin de r&#233;concilier son d&#233;sir de savoir d'avec ses sentiments amoureux, en s'attachant &#224; la psychopathologie des maladies hyst&#233;riques, ce qui lui permit &#233;galement dans un premier temps de sa vie professionnelle, d'&#234;tre tout &#224; la fois un m&#233;decin tr&#232;s honorable et un p&#232;re pr&#233;sent au sein de son propre foyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Freud partit pour Paris, il &#233;tait un neurologue brillant, certes, mais surtout int&#233;ress&#233;, rappelons-le, par les travaux anatomiques et les &#233;tudes au microscope. Freud &#233;tait tr&#232;s peu passionn&#233; par la clinique en elle-m&#234;me et, &#224; vrai dire, quelque peu anxieux par cet aspect de la m&#233;decine. Charcot l'aida &#224; surmonter cette anxi&#233;t&#233;, notamment en lui confiant le cas d'une femme hospitalis&#233;e &#224; la Salp&#234;tri&#232;re depuis 1853, et atteinte d'h&#233;mipl&#233;gie et d'autres sympt&#244;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;la description d&#233;taill&#233;e de ce cas existe dans L'Iconographie de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais surtout, en faisant v&#233;ritablement na&#238;tre en Freud un &#034; attrait violent &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;selon l'expression de Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour la psychopathologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 d&#233;cembre, Freud annonce sa d&#233;cision de renoncer &#224; ce que l'on pourrait appeler un b&#233;n&#233;fice secondaire de sa n&#233;vrose, c'est-&#224;-dire cette v&#233;ritable d&#233;votion pour la science et le travail scientifique qui non seulement ne lui rapporterait pas directement les moyens financiers suffisants pour subvenir aux besoins de sa famille, mais qui &#233;galement, en faisant de Freud un v&#233;ritable rat de laboratoire, risquait de l'accaparer et de lui faire manquer &#224; ses responsabilit&#233;s familiales. C'est dans le transfert avec Charcot, que Freud r&#233;uss&#238;t &#224; surmonter cette r&#233;sistance narcissique &#224; son propre d&#233;sir inconscient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je savais bien que je ne pourrais consacrer totalement ma vie &#224; la neurologie, mais c'est ici seulement, &#224; Paris, que j'ai compris qu'il &#233;tait possible d'abandonner cette science pour sa bien-aim&#233;e &#034;. Et Freud de pr&#233;ciser : &#034; Sois certaines que j'ai surmont&#233; mon amour de la science dans la mesure o&#249; il se dressait entre nous &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Martha, dat&#233;e 8 novembre 1885, cit&#233;e par Ernest JONES, &#034; La vie et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autre preuve, Freud n'oubliera jamais la r&#233;ponse de Charcot &#224; l'un des &#233;l&#232;ves qui, l'ayant interrompu, s'exclama : &#034; Mais ce n'est pas possible ! &#199;a contredit la th&#233;orie de Young-Helmholtz &#034;. Charcot, lui r&#233;torqua cette phrase d'un extraordinaire r&#233;alisme que Freud aimait &#224; citer : &#034; La th&#233;orie, c'est bien, mais &#231;a n'emp&#234;che pas d'exister &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 23.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la notice n&#233;crologique qu'il consacra &#224; Charcot en septembre 1893, Freud, &#034; avec sa g&#233;n&#233;rosit&#233; habituelle &#034; nous dit Jones&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, attribue &#224; Charcot le m&#233;rite &#034; d'avoir, le premier, &#233;lucid&#233; la question de l'hyst&#233;rie &#034;. L'on sait qu'il en f&#238;t de m&#234;me avec Breuer, &#224; qui il laissa volontiers le m&#233;rite d'avoir inventer la psychanalyse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse, [1909], Payot, Paris, 1966.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, si le nom de Charcot reste &#224; jamais attach&#233; &#224; l'hyst&#233;rie, l'on peut aujourd'hui soutenir que c'est surtout gr&#226;ce au transfert qu'il a su accepter et aux d&#233;couvertes auxquelles ce transfert a donn&#233; lieu, notamment au travers des th&#232;ses personnelles de son traducteur allemand, S. Freud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rencontre avec l'hyst&#233;rie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En acceptant de renoncer aux b&#233;n&#233;fices secondaires que lui procuraient la douce intimit&#233; du laboratoire, et en surmontant ses propres r&#233;sistances &#224; l'acc&#232;s d'un mat&#233;riel clinique et psychopathologique, Freud r&#233;ussit &#224; regarder l'hyst&#233;rie en face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que Freud avait &#233;t&#233; durablement impressionn&#233;, &#233;tant jeune, par le magn&#233;tiseur Hansen : &#034; Alors que j'&#233;tais encore &#233;tudiant, j'avais assist&#233; &#224; une repr&#233;sentation publique du &#034;magn&#233;tiseur&#034; Hansen, et j'avais remarqu&#233; que l'un des cobayes humains &#233;tait devenu p&#226;le comme un mort quand il &#233;tait tomb&#233; en rigidit&#233; cataleptique, et qu'il &#233;tait rest&#233; ainsi pendant toute la dur&#233;e de son &#233;tat &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 28.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On sait surtout que Freud &#233;tait tr&#232;s impressionn&#233; par la mort et par toutes les images qui le renvoyait devant ce ma&#238;tre absolu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. le c&#233;l&#232;bre oubli du nom de Signorelli, sur lequel s'ouvre la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il fallut certainement &#224; Freud tout le b&#233;n&#233;fice du transfert qu'il op&#233;rait sur Charcot, pour s'attaquer &#224; deux probl&#232;mes qui le renvoyaient directement &#224; ses propres angoisses, l'hypnose et l'hyst&#233;rie, et pour se confronter &#224; cet &#034; extraordinaire et unique mat&#233;riel clinique &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'offrait la Salp&#234;tri&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Parmi tout ce que j'ai vu chez Charcot, ce qui m'a le plus impressionn&#233; sont ses derni&#232;res investigations sur l'hyst&#233;rie qui furent men&#233;es en partie encore sous mes yeux &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 22.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car, comme Freud le pr&#233;cisera par la suite, &#034; si le diagnostic d'hyst&#233;rie touche peu le malade, il touche beaucoup le m&#233;decin &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'en cette fin du XIXe si&#232;cle, l'hyst&#233;rie est tr&#232;s mal vue dans les milieux m&#233;dicaux. Lorsque de retour de Paris, Freud effectuera un court s&#233;jour &#224; Berlin, un de ses coll&#232;gues lui confiera discr&#232;tement que, malgr&#233; le respect qu'il devait &#224; ce grand ma&#238;tre, il d&#233;plorait &#034; que Charcot e&#251;t tourn&#233; son attention vers un sujet aussi difficile, aussi st&#233;rile, aussi douteux que l'hyst&#233;rie &#034;. Freud le contredit par une interrogation suggestive : &#034; Comment peut-on regretter de voir le cerveau le plus puissant s'attaquer aux probl&#232;mes les plus ardus ? &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, en effet, l'hyst&#233;rie est consid&#233;r&#233;e comme un ensemble de sympt&#244;mes prenant l'apparence d'affections organiques, mais la difficult&#233; provient du fait que le m&#233;decin ne peut y d&#233;celer la moindre l&#233;sion organique v&#233;ritable. Par exemple, tel patient pr&#233;sente un bras droit bel et bien paralys&#233;, mais d'un strict point de vue organique, ce m&#234;me bras droit est parfaitement sain et ne pr&#233;sente aucune l&#233;sion. Comme Freud le soulignera quelques ann&#233;es plus tard, l'hyst&#233;rie laisse le m&#233;decin &#034; en l'air &#034; et l'hyst&#233;rique, f&#233;minine notamment, est tout simplement trait&#233;e de simulatrice :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; [&#8230;] Le m&#233;decin, au cours de ses &#233;tudes, a appris (par exemple dans des cas d'apoplexie ou de tumeurs) &#224; se repr&#233;senter plus ou moins exactement les causes des sympt&#244;mes organiques. Au contraire, en pr&#233;sence des singularit&#233;s hyst&#233;riques, son savoir, sa science anatomique, physiologique et pathologique le laissent en l'air. Il ne peut comprendre l'hyst&#233;rie, en face d'elle il est incomp&#233;tent. Ce qui ne vous pla&#238;t gu&#232;re quand on a l'habitude de tenir en haute estime sa propre science. Les hyst&#233;riques perdent donc la sympathie du m&#233;decin, qui les consid&#232;re comme des gens qui transgressent les lois (comme un fid&#232;le &#224; l'&#233;gard des h&#233;r&#233;tiques). Il les juge capables de toutes les vilenies possibles, les accuse d'exag&#233;ration et de simulation intentionnelles ; et il les punit en leur retirant son int&#233;r&#234;t &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freud, S. Freud, Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse, [1909], Payot, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charcot fit un grand pas dans la compr&#233;hension de l'hyst&#233;rie lorsqu'&#224; la Salp&#234;tri&#232;re, ses recherches aboutirent &#224; d&#233;montrer que la paralysie hyst&#233;rique, si elle ne pr&#233;sente pas de l&#233;sion organique v&#233;ritable, n'en n'est pas moins d&#233;termin&#233;e par un traumatisme physique r&#233;el. Charcot en effectue la d&#233;monstration par l'absurde : sous hypnose, il r&#233;ussit non seulement &#224; retrancher les paralysies, mais surtout, &#224; en ajouter. C'est-&#224;-dire que Charcot r&#233;ussi ce tour de force de faire appara&#238;tre des sympt&#244;mes hyst&#233;riques, l&#224; o&#249; &#224; l'&#233;tat d'&#233;veil, il n'y en avait pas. Dans quel but ? Cela para&#238;t en effet absurde &#224; premi&#232;re vue, mais cette d&#233;monstration est d'une importance primordiale : si c'est le m&#233;decin qui peut lui-m&#234;me cr&#233;er et ajouter des sympt&#244;mes hyst&#233;riques, la preuve &#233;tait faite que le ou la patiente hyst&#233;rique, ne simule pas sa maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, la v&#233;ritable cause de la maladie restait encore inexpliqu&#233;e. C'est l&#224; le pas de plus qu'effectuera Freud, en r&#233;ussissant &#224; d&#233;montrer quelques ann&#233;es plus tard, que les paralysies hyst&#233;riques sont d&#233;termin&#233;es non par un traumatisme physique, mais par un traumatisme psychique, paralysant la repr&#233;sentation psychique de l'organe, sans que celui-ci ne pr&#233;sente aucune l&#233;sion physique : &#034; [&#8230;] Dans le cas de l'hyst&#233;rie, les paralysies et les anesth&#233;sies de parties du corps isol&#233;es sont d&#233;limit&#233;es d'une mani&#232;re qui correspond &#224; la repr&#233;sentation commune (non anatomique) de l'homme &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 24.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir pour l'Allemagne, Freud soumet son hypoth&#232;se de travail &#224; Charcot, qui acquiesce, mais comme le pr&#233;cise Freud &#034; il &#233;tait facile de voir qu'au fond, il n'&#233;tait pas particuli&#232;rement enclin &#224; une investigation plus approfondie de la psychologie de la n&#233;vrose &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 24.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#034; L'illustre clinicien, dont je fus l'&#233;l&#232;ve en 1885-86, continue Freud, &#233;tait peu enclin aux conceptions psychologiques &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse, [1909], Payot, Paris, 1966, p. 23.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud est quelque peu d&#233;&#231;u, mais en quittant Charcot et en retournant &#224; Vienne aupr&#232;s Breuer, il r&#233;ussira, pour reprendre les termes de sa lettre &#224; Martha, &#224; faire germer la graine, et la faire aboutir au fruit tant convoit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 203.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 204.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Martha dat&#233;e du 21 octobre 1885, cit&#233;e par Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 204.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 204.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 205.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;son troisi&#232;me fils, n&#233; le 6 avril 1892, re&#231;ut quant &#224; lui le pr&#233;nom de Ernst, en hommage &#224; son premier ma&#238;tre de l'Institut d'histologie viennois, Br&#252;cke (Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 167).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;probablement le 9 d&#233;cembre 1885, date de la lettre &#224; Martha o&#249; Freud fait explicitement r&#233;f&#233;rence &#224; ce fait&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. G&#233;rard HADDAD, Manger le livre - Rites alimentaires et fonction paternelle, Grasset, Paris, 1984&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 205.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;la description d&#233;taill&#233;e de ce cas existe dans L'Iconographie de la Salp&#234;tri&#232;re, 1879-1880, III, p. 22-30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;selon l'expression de Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 233.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Martha, dat&#233;e 8 novembre 1885, cit&#233;e par Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p . 233.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 241.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse, [1909], Payot, Paris, 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. le c&#233;l&#232;bre oubli du nom de Signorelli, sur lequel s'ouvre la Psychopathologie de la vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 232.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 208.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freud, S. Freud, Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse, [1909], Payot, Paris, 1966, p.11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse, [1909], Payot, Paris, 1966, p. 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le D&#233;sir de Savoir et l'Inconscient de Freud</title>
		<link>https://psychanalyste-paris.com/Le-Desir-de-Savoir-et-l.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://psychanalyste-paris.com/Le-Desir-de-Savoir-et-l.html</guid>
		<dc:date>2002-09-28T07:22:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233; le 6 mai 1856 &#224; 18h 30 dans une petite ville Moravie, Freiberg - aujourd'hui Pribor en R&#233;publique Tch&#232;que -, Sigmund Freud est le fils a&#238;n&#233; du troisi&#232;me mariage de son p&#232;re, Jakob Freud, n&#233;gociant de laine de son m&#233;tier. Freiberg est situ&#233;e &#224; 240 km au nord-est de Vienne. C'est une ville de textile, bas&#233;e sur un petit artisanat que la r&#233;volution industrielle et le machinisme sont en train de toucher de plein fouet et de rendre obsol&#232;te. En outre, le nationalisme tch&#232;que est en plein (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/-A-propos-de-Freud-.html" rel="directory"&gt;&#192; propos de Freud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Sigmund-Freud-+.html" rel="tag"&gt;Sigmund Freud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton40-8d7bb.gif?1757697517' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233; le 6 mai 1856 &#224; 18h 30 dans une petite ville Moravie, Freiberg - aujourd'hui Pribor en R&#233;publique Tch&#232;que -, Sigmund Freud est le fils a&#238;n&#233; du troisi&#232;me mariage de son p&#232;re, Jakob Freud, n&#233;gociant de laine de son m&#233;tier. Freiberg est situ&#233;e &#224; 240 km au nord-est de Vienne. C'est une ville de textile, bas&#233;e sur un petit artisanat que la r&#233;volution industrielle et le machinisme sont en train de toucher de plein fouet et de rendre obsol&#232;te. En outre, le nationalisme tch&#232;que est en plein effervescence et les Juifs, qui forment une petite communaut&#233; au sein de laquelle ils parlent essentiellement allemand ou yiddish, se sentent menac&#233;s.&lt;br&gt;
En 1860, quasi-ruin&#233;, le p&#232;re de Freud d&#233;cide d'effectuer d&#233;finitivement le trajet qui le s&#233;pare de la grande ville. Sigmund Freud n'a que quatre ans lorsqu'il arrive &#224; Vienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enfance et l'adolescence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune Freud se dit tr&#232;s t&#244;t &#034; m&#251; par un d&#233;sir de savoir &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 14.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui le conduira d&#232;s l'&#226;ge de sept ans dans la lecture approfondie des textes bibliques. &#192; huit ans, il se plonge dans l'&#339;uvre de Shakespeare, passion qui ne le quittera jamais, relisant sans cesse les pi&#232;ces du c&#233;l&#232;bre dramaturge de Stratford-on-Avon, &#034; toujours pr&#234;t, nous dit Ernest Jones, &#224; citer avec exactitude des passages des pi&#232;ces &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 24.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; neuf ans, il entre au Lyc&#233;e avec une ann&#233;e d'avance et effectue sa course aux &#233;tudes en t&#234;te des classes. Au sortir de l'adolescence, il se passionne pour les sciences sociales et pour la doctrine de Charles Darwin alors &#224; la mode. Alors qu'il s'orientait vers des &#233;tudes de droit pour r&#233;aliser un vieux r&#234;ve, devenir avocat et entrer en politique, Freud nous dit que c'est la lecture &#034; du bel essai sur &#034;La Nature&#034; de G&#339;the &#034;, qui le f&#238;t d&#233;vier de son orientation premi&#232;re, et qui le d&#233;cida &#224; s'inscrire &#224; la Facult&#233; de M&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quoi qu'il en soit, Freud d&#233;clarera par la suite ne jamais s'&#234;tre r&#233;ellement int&#233;ress&#233; ni &#224; la philosophie en g&#233;n&#233;ral, ni &#224; la philosophie allemande en particulier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Les larges concordances de la psychanalyse avec la philosophie de Schopenhauer - il n'a pas seulement soutenu la th&#232;se du primat de l'affectivit&#233; et de l'importance pr&#233;pond&#233;rante de la sexualit&#233;, mais il a m&#234;me eu connaissance du m&#233;canisme du refoulement - ne peuvent se d&#233;duire de ma familiarit&#233; avec sa doctrine. Quant &#224; Nietzsche, l'autre philosophe dont les pressentiments et les aper&#231;us co&#239;ncident souvent de la mani&#232;re la plus &#233;tonnante avec les r&#233;sultats laborieux de la psychanalyse, je l'ai longtemps &#233;vit&#233; pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison ; la priorit&#233; dans la d&#233;couverte m'importait moins que de rester sans pr&#233;vention &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 100&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commentaire d'un des plus grands ex&#233;g&#232;tes de Freud, Jacques Lacan, confirme que c'est bien par la lecture assidue des grandes &#339;uvres dramatiques et po&#233;tiques que Freud commencera &#224; sonder les profondeurs de l'&#226;me humaine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Freud a avou&#233;, mais c'est l&#224; peu de chose aupr&#232;s de l'influence de la pens&#233;e de Goethe sur l'&#339;uvre de Freud, que c'est la lecture des po&#232;mes de Goethe qui l'a lanc&#233;, d&#233;cid&#233; &#224; ses &#233;tudes m&#233;dicales, et du m&#234;me coup a d&#233;cid&#233; de sa destin&#233;e &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Lacan, Le mythe individuel du n&#233;vros&#233;, Conf&#233;rence prononc&#233;e au Coll&#232;ge (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son biographe officiel, Ernest Jones, pense quant &#224; lui que c'est &#224; la suite de sa d&#233;ception amoureuse avec Gisela Fluss, la fille d'un des plus proches amis de son p&#232;re, alors qu'il n'avait que seize ans, que Freud d&#233;cide sur un coup de t&#234;te, de s'orienter vers la m&#233;decine. En optant pour la rigueur scientifique des &#233;tudes m&#233;dicales, il se serait impos&#233; de refouler un &#233;pisode dont les racines plongeaient douloureusement au plein c&#339;ur d'un fantasme &#339;dipien inconscient&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, tome I, PUF, Paris, 1958, p. 28 et 38.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud avoue d'ailleurs lui-m&#234;me bien volontiers qu'il n'a jamais r&#233;ellement &#233;t&#233; attir&#233; par la m&#233;decine, ne s'adonnant &#034; aux &#233;tudes m&#233;dicales qu'avec pas mal de n&#233;gligence &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 17.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et obtenant son doctorat &#034; avec quelque retard &#034; (son dipl&#244;me est dat&#233; du 31 mars 1881). Du reste, comme Jones le pr&#233;cise, durant toute sa scolarit&#233;, et f&#251;t-elle brillante, &#034; le seul examen o&#249; il &#233;choua jamais fut celui de m&#233;decine l&#233;gale &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 30.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;tudes de m&#233;decine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192;g&#233; de 17, Freud entre donc &#224; la Facult&#233; de M&#233;decine de Vienne. Apr&#232;s trois ans d'&#233;tudes, il s'inscrit en 1876 au laboratoire de physiologie de d'Ernst Br&#252;cke, o&#249; il commence alors &#224; entreprendre une longue s&#233;rie de travaux, sur des sujets d'&#233;tudes tr&#232;s divers. Il se fait encore une fois remarquer pour son talent et sa rigueur scientifique : l'anguille (1877), le Petromyzon (1878), &#034; un des poissons les plus rudimentaires &#034; selon l'expression m&#234;me de Freud, et l'&#233;crevisse (1882).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Freud se retrouve &#224; nouveau le conflit qu'il avait refoul&#233; dix ans plus t&#244;t, et l'ayant laiss&#233; &#224; l'&#233;poque sans solution. Il vient tout juste de rencontrer une jeune femme, Martha Bernays, dont il devient tr&#232;s vite amoureux, et ne semble pas vouloir r&#233;p&#233;ter l'&#233;chec qui l'avait pouss&#233; &#224; abandonner Gisela Fluss. Confront&#233; au dur principe de r&#233;alit&#233;, il se rend compte que son avenir en laboratoire ne lui laisse pour l'instant pas beaucoup de perspectives financi&#232;res. S'il voulait fonder une famille, il devait opter pour un m&#233;tier plus lucratif. Soutenu par son p&#232;re et son ma&#238;tre E. Br&#252;cke, il se r&#233;oriente vers la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, tentant de donner ainsi au conflit qui l'animait, une solution plus heureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il quitte la recherche physiologique et le laboratoire d'E. Br&#252;cke et s'inscrit &#224; l'H&#244;pital g&#233;n&#233;ral de Vienne le 31 juillet 1882, o&#249; il est successivement affect&#233; aux services de chirurgie, de m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, au service psychiatrique, &#224; celui de dermatologie et d'&#233;tude des maladies infectieuses, puis &#224; celui d'ophtalmologie. Il fait enti&#232;rement sienne la doctrine de Candide : &#034; Travailler sans raisonner &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 75.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 1885, Freud obtient finalement le titre de Ma&#238;tre de Conf&#233;rence et est charg&#233; du cours de neuropathologie &#224; la Facult&#233; de M&#233;decine de Vienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;pisode de la coca&#239;ne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a souvent caricatur&#233; Freud sous des traits grossiers qui ne paraissaient gu&#232;re lui ressembler, en le d&#233;peignant notamment comme un personnage intol&#233;rant ou ambitieux, n'aspirant qu'&#224; gouverner les hommes, certains allant m&#234;me jusqu'&#224; le faire passer pour un drogu&#233;, un coca&#239;nomane. &#192; la premi&#232;re remarque, Freud r&#233;pondit avec toute sa subtilit&#233; et sa sensibilit&#233;, qualit&#233;s qui lui faisaient rarement d&#233;faut :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je peux donc sans doute faire valoir en ma faveur qu'un homme intol&#233;rant et obnubil&#233; par une pr&#233;tention &#224; l'infaillibilit&#233; n'aurait jamais pu s'attacher une cohorte aussi importante d'esprits remarquables, surtout quand il ne pouvait se pr&#233;valoir de plus de moyens de s&#233;duction que moi &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 91.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, Freud courait apr&#232;s le succ&#232;s, mais c'est l&#224; tout son m&#233;rite d'avoir si bien su auto-analyser ce d&#233;sir et de s'&#234;tre donn&#233; les moyens de le sublimer au travers de la d&#233;couverte du psychisme humain, l'inconscient, et d'avoir employ&#233; tout son art et ce d&#233;sir &#224; &#233;couter et &#224; soigner la souffrance qui s'y cachait. Sur ce chemin, cependant, il confondit vitesse et pr&#233;cipitation, et c'est l&#224; le fameux &#233;pisode dit de la coca&#239;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1884, en effet, &#224; la suite de ses travaux sur l'anguille, le petromyzon et l'&#233;crevisse, qu'il s'attaque &#224; un nouveau travail : &#233;tudier les effets d'un alcalo&#239;de quasiment inconnu &#224; l'&#233;poque, la coca&#239;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de cette &#233;tude &#233;tait de mettre en &#233;vidence les propri&#233;t&#233;s analg&#233;siques, voire anesth&#233;siques de cette substance d'origine v&#233;g&#233;tale, capable de puissants effets physiologiques toxiques, ce que l'on ne savait pas &#224; l'&#233;poque, mais aussi th&#233;rapeutiques, ce que Freud s'attachait &#224; d&#233;couvrir. Ce faisant, Freud pouvait raisonnablement penser que l'application chirurgicale de la coca&#239;ne, notamment dans le domaine de l'ophtalmologie, et les retomb&#233;es financi&#232;res qui en r&#233;sulteraient, allait d&#233;finitivement le sortir de sa modestie et lui assurer la richesse et la c&#233;l&#233;brit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce d&#233;but d'ann&#233;e 1885, le succ&#232;s et, surtout, la coca&#239;ne, lui monte ind&#233;niablement &#224; la t&#234;te. Dans son enthousiasme Freud essaye la drogue sur lui, en prend lui-m&#234;me r&#233;guli&#232;rement et en fait prendre &#224; ses amis, qu'ils soient en bonne sant&#233; ou bien malade (comme le Dr Fleischl, d&#233;j&#224; &#233;troitement d&#233;pendant de la morphine), et en prescrit &#233;galement &#224; ses s&#339;urs et &#224; sa fianc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;dige finalement un essai qui, au-del&#224; de l'&#233;tude proprement scientifique, l'am&#232;ne &#224; d&#233;velopper un style litt&#233;raire propre, d&#233;crivant les l&#233;gendes mythiques et les rites religieux des Indiens de l'Am&#233;rique du Sud qui accompagnent la pr&#233;paration et la prise de la plante miracle. Alors qu'&#224; la publication des r&#233;sultats de ses recherches, Freud est chaleureusement f&#233;licit&#233; par la communaut&#233; scientifique et m&#233;dicale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 97.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en 1886 le vent semble tourner en sa d&#233;faveur. Les rumeurs et les d&#233;clarations de plusieurs cas d'intoxication et de d&#233;pendance &#224; la coca&#239;ne se r&#233;pandent un peu partout en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il s'en d&#233;fend, Freud accuse le coup et a &#224; faire face &#224; un s&#233;rieux sentiment de culpabilit&#233; inconscient. N'oublions pas que le 7 avril 1885, avec K&#246;nigstein et Koller (ce dernier lui ravira par la suite la paternit&#233; de la d&#233;couverte des vertus anesth&#233;siques de la coca&#239;ne), Freud op&#233;ra son propre p&#232;re du glaucome qu'il pr&#233;sentait l'&#339;il, en administrant le rem&#232;de miraculeux. Le d&#233;sir de Freud ne l'aurait-il pas pousser &#224; mettre gravement en danger son proche entourage et, au premier chef, sa fianc&#233;e et son propre p&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sentiment de culpabilit&#233;, auquel Freud doit faire face, aurait pu d&#233;finitivement ruiner tous ses espoirs scientifiques, et &#224; jamais emp&#234;cher d'advenir son d&#233;sir de savoir et d'entreprendre. Mais il a su lui donner une autre solution. En s'exilant &#224; Paris, il pourra effectuer deux rencontres qui changeront le cours de sa carri&#232;re m&#233;dicale : celle du Dr Charcot, bien s&#251;r, mais surtout, la rencontre qui lui permettra de d&#233;finitivement sublimer son &#233;nergie psychique et pulsionnelle : celle d'avec l'hyst&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invention de la psychanalyse n'est ni le r&#233;sultat de la d&#233;couverte, par Freud, de la coca&#239;ne, ni le r&#233;sultat de ses lectures philosophiques, mais bien plut&#244;t, la sublimation d'un &#034; d&#233;sir de savoir &#034;, qu'il interpr&#232;tera lui-m&#234;me, une vingtaine d'ann&#233;es plus tard, comme le d&#233;sir de savoir &#171; d'o&#249; viennent les enfants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;nigme de la Sphinge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la psychanalyse de Freud, en effet, la p&#233;riode durant laquelle l'enfant cherche &#224; savoir le &#034; pourquoi &#034; et le &#034; comment &#034; de toute chose, n'est que la partie consciente et immerg&#233;e d'un iceberg psychique primordial. Cette qu&#234;te semble inconsciemment motiv&#233;e par l'&#233;nigme qui se pose &#224; tout &#234;tre parlant, &#224; partir du moment o&#249; il vient au monde : d'o&#249; vient-il ? Ou, d'un point de vue plus structurel : &#034; d'o&#249; viennent les enfants ? &#034; V&#233;ritable &#034; &#233;nigme &#034; comparable &#224; l'&#233;nigme du sphinx de la pi&#232;ce de Sophocle si ch&#232;re &#224; Freud, cette qu&#234;te fait partie int&#233;grante du complexe d'&#338;dipe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or tr&#232;s t&#244;t, Freud a sembl&#233; &#234;tre confront&#233; &#224; cette question, particuli&#232;rement difficile &#224; r&#233;soudre pour lui. Fils a&#238;n&#233; du troisi&#232;me mariage de son p&#232;re, Freud &#233;tait d'embl&#233;e plong&#233; dans une situation g&#233;n&#233;rationnelle paradoxale : alors qu'il &#233;tait lui-m&#234;me oncle &#224; sa naissance, son demi-fr&#232;re &#233;tait de l'&#226;ge de sa propre m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme J. Lacan le souligne tr&#232;s clairement, &#034; nous savons en effet quel ravage d&#233;j&#224; allant jusqu'&#224; la dissociation de la personnalit&#233; du sujet peut exercer une filiation falsifi&#233;e [...]. Aussi bien le simple d&#233;calage dans les g&#233;n&#233;rations qui se produit par un enfant tardif n&#233; d'un second mariage et dont la m&#232;re jeune se trouve contemporaine d'un fr&#232;re a&#238;n&#233;, peut produire des effets qui s'en rapprochent, et l'on sait que c'&#233;tait l&#224; le cas de Freud &#034; Cela &#034; introduit chez les sujets soumis &#224; ces discordances de la relation paternelle, continue Lacan, une dissociation de l'&#338;dipe o&#249; il faut voir le ressort constant de ses effets pathog&#232;nes &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Lacan, &#034; Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse &#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Freud confessa n'avoir jamais &#034; jou&#233; au docteur &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cit&#233; par E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 31.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sa curiosit&#233; infantile n'en &#233;tait pas moins absente. Toute son &#339;uvre est jalonn&#233;e des nombreuses traces qu'il nous en a laiss&#233;es, notamment ses deux ouvrages de r&#233;f&#233;rence que sont L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves et Psychopathologie de la vie quotidienne, dans lesquels il raconte comment il croyait que son demi-fr&#232;re et sa m&#232;re, avaient tous deux collabor&#233;s &#224; la production de sa petite s&#339;ur, usurpant ainsi ses privil&#232;ges d'a&#238;n&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 11.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se d&#233;fendant contre les nombreuses attaques dont il a directement et personnellement &#233;t&#233; l'objet, Freud &#233;crivait &#224; la fin de sa vie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je peux me permettre de fixer ici un terme &#224; mes communications autobiographiques. En ce qui concerne par ailleurs mes conditions de vie personnelles, mes luttes, mes d&#233;ceptions et mes succ&#232;s, le public n'a aucun droit d'en apprendre davantage. Du reste, dans quelques-uns de mes &#233;crits - Interpr&#233;tation du r&#234;ve, Vie quotidienne -, j'ai &#233;t&#233; plus franc et plus sinc&#232;re que n'ont coutume de l'&#234;tre des personnes qui retracent leur vie pour les contemporains ou la post&#233;rit&#233;. On m'en a su peu de gr&#233; ; et, au vu de mes exp&#233;riences, je ne saurais conseiller &#224; personne de faire de m&#234;me &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 124-125&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'imposante biographie en trois tomes qu'il consacre &#224; l'inventeur de la Psychanalyse, Ernest Jones conclue son premier chapitre en ces termes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; En relatant le mieux possible la gen&#232;se des d&#233;couvertes originales de Freud, nous pouvons &#224; bon droit consid&#233;rer que la plus grande d'entre elles - celle de l'universalit&#233; du complexe &#339;dipien - lui avait &#233;t&#233; rendue plus ais&#233;e par sa propre et peu habituelle constellation familiale, par la stimulation que celle-ci provoqua et par les occasions de total refoulement qu'elle fournit &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 12&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invention de la psychanalyse et la d&#233;couverte de l'inconscient est l'histoire d'un homme, Sigmund Freud, de la mani&#232;re dont il r&#233;uss&#238;t &#224; surmonter ses propres r&#233;sistances, &#224; sublimer ses conflits et pulsions &#339;dipiennes et infantiles, et &#224; advenir l&#224; o&#249; le &#199;a &#233;tait. C'est &#224; l'histoire de cette d&#233;couverte et de ses principaux r&#233;sultats, aussi bien empiriques que th&#233;oriques, que nous nous proposons d'introduire le lecteur dans les textes qui jalonneront cette rubrique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 100&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Lacan, Le mythe individuel du n&#233;vros&#233;, Conf&#233;rence prononc&#233;e au Coll&#232;ge philosophique en 1953.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, tome I, PUF, Paris, 1958, p. 28 et 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 75.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 91.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 97.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Lacan, &#034; Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse &#034;, &#201;crits, Seuil, Paris, 1966, p. 278.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cit&#233; par E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925-1935], Gallimard, Paris, 1984, p. 124-125&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de S. Freud, t. 1, PUF, Paris, 1958, p. 12&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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