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	<title>Psychanalyste-Paris.com</title>
	<link>https://psychanalyste-paris.com/</link>
	<description>Psychanalyste-paris.com propose des articles et &#233;ditoriaux sur la psychanalyse et les formations de l'inconscient freudien : histoire de la naissance de la psychanalyse, d&#233;finitions de la psychanalyse freudienne et lacanienne, psychanalyse des contes de f&#233;es, consultations et formations du psychanalyste. La psychanalyse est une m&#233;thode d'investigation de l'inconscient et de ses formations : par l'analyse des r&#234;ves, des lapsus et des actes manqu&#233;s, par la rem&#233;moration et l'analyse des souvenirs infantiles, la m&#233;thode psychanalytique de la libre association et de la cure par la parole d&#233;noue progressivement les inhibitions, les sympt&#244;mes et les angoisses et nous lib&#232;re d&#233;finitivement de toutes nos souffrances psychiques.
Christophe Bormans, Psychanalyste
&#8211; 8, rue de Florence - 75008 Paris
&#8211; Secteur Nord-Ouest : 2e, 8e, 9e, 17e et 18e arrondissements de Paris
&#8211; T&#233;l. : 01 40 41 07 27
&#8211; M&#176; : Place Clichy, Europe, Rome ou Li&#232;ge
&#8211; RER ou SNCF : Gare Haussmann / Saint-Lazare</description>
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		<title>Psychanalyste-Paris.com</title>
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		<title>L'Auto-analyse de Freud</title>
		<link>https://psychanalyste-paris.com/L-Auto-analyse-de-Freud.html</link>
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		<dc:date>2002-11-09T12:13:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
		<dc:subject>Wilhelm Fliess</dc:subject>
		<dc:subject>Interpr&#233;tation des r&#234;ves</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Une cliente de Freud, la baronne Marie Ferstel, femme d'un diplomate, eut vent de l'affaire... Elle se mit en quatre pour faire la connaissance du ministre et conclut avec lui un march&#233;. Il d&#233;sirait acqu&#233;rir pour le Mus&#233;e de peinture moderne un tableau de B&#246;cklin (Die Burgruine) que poss&#233;dait une tante de Mme Ferstel, Mme Ernestine Thorsch. Il fallut trois mois de tractations pour que la vieille dame consent&#238;t &#224; c&#233;der le tableau, mais finalement le ministre annon&#231;a aimablement &#224; la baronne Ferstel, au cours d'un d&#238;ner, qu'il venait de soumettre le document n&#233;cessaire &#224; l'approbation de l'Empereur. Le jour suivant, la dame se pr&#233;cipita dans le bureau de Freud en criant : &#034;J'ai r&#233;ussi !&#034; &#187; (Ernest JONES, &#171; La vie et l'oeuvre de Sigmund Freud &#187; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 374).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/-A-propos-de-Freud-.html" rel="directory"&gt;&#192; propos de Freud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Sigmund-Freud-+.html" rel="tag"&gt;Sigmund Freud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-FLIESS-Wilhelm-+.html" rel="tag"&gt;Wilhelm Fliess&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Interpretation-des-reves-+.html" rel="tag"&gt;Interpr&#233;tation des r&#234;ves&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton45-6b64b.gif?1757697517' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce d&#233;but d'ann&#233;e 1897, la salle d'attente de Freud est vide et ses vacances en famille durent quelque peu &#234;tre &#233;court&#233;es. Ce n'est qu'en septembre qu'il pourra s'adonner &#224; sa grande passion, les voyages, en partant quelques jours avec son fr&#232;re Alexander en Italie, o&#249; il visitera successivement Venise, Pise, Trieste et Sienne, puis Orvieto, o&#249; il pourra contempler les tableaux de Signorelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-juillet cependant, seul &#224; Vienne, il s'occupe de la pierre tombale de son p&#232;re, d&#233;c&#233;d&#233; le 23 octobre dernier. C'est l&#224;, &#224; ce moment pr&#233;cis, qu'il entame son auto-analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Jones le pr&#233;cise, &#034;deux parts importantes des recherches de Freud sont intimement li&#233;es &#224; son autoanalyse&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : la mise en &#233;vidence du r&#244;le primordial que joue, dans l'inconscient, la sexualit&#233; infantile, et l'interpr&#233;tation des r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La sexualit&#233; infantile : &#034; le Grand secret &#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son article de 1896 intitul&#233; &#034;L'H&#233;r&#233;dit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&#034;, dans lequel il usait pour la premi&#232;re fois de l'expression m&#234;me de &#034;psychanalyse&#034;, Freud, on s'en souvient, reconnaissait comme &#034;source commune&#034; des n&#233;vroses, &#034;la vie sexuelle de l'individu&#034;. &#192; l'&#233;poque cependant, il n'en &#233;tait qu'aux premiers pas de ses recherches en ce domaine. Plus pr&#233;cis&#233;ment, cette source commune, il l'envisageait comme &#034;soit d&#233;sordre de la vie sexuelle actuelle, soit &#233;v&#233;nements importants de la vie pass&#233;e&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud t&#226;tonnait encore et reconnaissait volontiers que l'expression &#034;d&#233;sordres de l'&#233;conomie nerveuse&#034; demeurait quelque peu &#034;vague&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En outre, il n'est pas encore convaincu du caract&#232;re essentiellement fantasmatique de cette sexualit&#233; infantile. Comme Jones le pr&#233;cise, il semble qu'il restait toujours &#034;soumis &#224; l'influence de Charcot qui avait soulign&#233; le r&#244;le des incidents traumatisants&#034; ; mais il commence cependant &#224; avoir quelques doutes &#224; ce propos :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Comment peut-on rester convaincu de la r&#233;alit&#233; de ces confessions d'analyse qui pr&#233;tendent &#234;tre des souvenirs conserv&#233;s depuis la premi&#232;re enfance, et comment se pr&#233;munir contre l'inclination &#224; mentir et la facilit&#233; d'invention attribu&#233;es aux hyst&#233;riques ?&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en entamant sa propre analyse, qu'il commence &#224; comprendre le caract&#232;re hautement fantasmatique de la r&#233;alit&#233; psychique inconsciente. Durant le mois de f&#233;vrier 1897, soit cinq mois &#224; peine apr&#232;s la mort de son p&#232;re, Freud accuse celui-ci d'avoir commis sur sa personne des actes de s&#233;duction, du moins c'est ce qu'il croit pouvoir se souvenir. Devant cette activit&#233; fantasmatique d&#233;bordante, il &#233;crit &#224; Fliess le 2 mai 1897 : &#034;Mon r&#233;tablissement ne se r&#233;alisera que par un travail &#224; l'int&#233;rieur de mon inconscient ; je n'y puis parvenir par mes seuls efforts conscients&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; la fin du mois, le 31 mai 1897, il fait pour la premi&#232;re fois allusion au complexe d'&#338;dipe et, le 21 septembre 1897, d&#233;cide de confier alors &#224; Fliess &#034;le grand secret&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il faut que je te confie tout de suite le grand secret qui, au cours de ces derniers mois, s'est lentement r&#233;v&#233;l&#233; &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud ne croit tout simplement plus &#224; sa th&#233;orie des n&#233;vroses bas&#233;e sur l'incident traumatique ; c'est ce qu'il explique &#224; Fliess en d&#233;tail. Les causes en sont multiples et, au premier rang, on trouve d'abord :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; [...] La surprise de constater que, dans chacun des cas, il fallait accuser le p&#232;re, et ceci sans exclure le mien, de perversion, la notion de la fr&#233;quence inattendue de l'hyst&#233;rie o&#249; se retrouve chaque fois la m&#234;me cause d&#233;terminante, alors qu'une telle g&#233;n&#233;ralisation des actes pervers commis envers des enfants semblait peu croyable &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce v&#233;ritable chaos qu'il fait ressurgir de son propre inconscient, Freud a du mal &#224; y reconna&#238;tre ses petits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; [...] La conviction qu'il n'existe dans l'inconscient aucun indice de r&#233;alit&#233; de telle sorte qu'il est impossible de distinguer l'une de l'autre la v&#233;rit&#233; et la fiction investie d'affect. C'est pourquoi une solution reste possible, elle est fournie par le fait que le fantasme sexuel se joue toujours autour des parents &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud est ind&#233;niablement sur la piste du complexe d'&#339;dipe, mais s'interroge encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ces doutes constituent-ils seulement une simple &#233;tape sur la voie menant &#224; une connaissance plus approfondie ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud tente cependant de garder sa s&#233;r&#233;nit&#233; et &#233;prouve toutes ses d&#233;sillusions sous un jour nouveau. Bref, l'analyse peut commencer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Une c&#233;l&#233;brit&#233; &#233;ternelle, la fortune assur&#233;e, l'ind&#233;pendance totale, les voyages, la certitude d'&#233;viter aux enfants tous les graves soucis qui ont accabl&#233; ma jeunesse, voil&#224; quel &#233;tait mon bel espoir. Tout d&#233;pendait de la r&#233;ussite ou de l'&#233;chec de l'hyst&#233;rie. Me voici oblig&#233; de me tenir tranquille, de rester dans la m&#233;diocrit&#233;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La naissance de la psychanalyse, PUF, Paris, p. 192-193.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En acceptant symboliquement ce qui n'&#233;tait jusqu'alors que frustration, il &#233;prouve la jouissance de se sentir &#034;plut&#244;t victorieux que battu&#034; et, comme Jones le pr&#233;cise, &#034;il avait le droit de se r&#233;jouir car, gr&#226;ce aux connaissances nouvellement acquises, il &#233;tait sur le point d'explorer toute la sexualit&#233; infantile et de compl&#233;ter sa th&#233;orie psychologique du r&#234;ve - ses deux plus belles r&#233;alisations&#034;. L'ann&#233;e 1897 semble en effet ind&#233;niablement marquer, &#034;dans l'existence de Freud, le point culminant&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les b&#233;n&#233;fices scientifiques s'en font ressentir un an plus tard, lors de sa conf&#233;rence de 1898, lorsque la sexualit&#233; infantile inconsciente est enfin saisie par Freud de mani&#232;re dynamique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Mais il est exact que l'organisation et le d&#233;veloppement de l'esp&#232;ce Homme tendent &#224; &#233;viter une activit&#233; sexuelle plus ou moins extensive &#224; l'&#226;ge enfantin ; il semble que les forces de pulsion sexuelles, chez l'&#234;tre humain, doivent &#234;tre emmagasin&#233;es pour, ensuite, lors de leur d&#233;cha&#238;nement &#224; l'&#233;poque de la pubert&#233;, &#234;tre au service de grandes fins culturelles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendant ici hommage Fliess, Freud saisi le sexuel comme un v&#233;ritable processus dynamique et pulsionnel et, en outre, inverse la d&#233;termination : c'est d&#233;sormais, d&#232;s 1898, le refoulement qui est envisag&#233; comme &#233;tant premier, et c'est l'&#233;chec de ce m&#233;canisme, notamment sous sa forme sublimatoire, qui fait que les pulsions sexuelles, c'est-&#224;-dire les &#034;exp&#233;riences v&#233;cues sexuelles de l'&#226;ge enfantin&#034; agissent alors de fa&#231;on pathog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, annonce-t-il &#233;galement, ces consid&#233;rations imposent une refonte totale de toute la th&#233;orie de l'appareil psychique, afin d'acc&#233;der &#224; une compr&#233;hension nouvelle et pleinement satisfaisante des m&#233;canismes et facteurs d&#233;terminants de la n&#233;vrose. Mais il faut pour cela &#224; Freud &#034;de plus amples d&#233;veloppements&#034;. La question de la sexualit&#233; infantile &#233;tant r&#233;solue, il est d&#233;j&#224; sur le point de parachever son &#339;uvre ma&#238;tresse, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Avant tout, il serait in&#233;vitable d'avancer comme cr&#233;dibles certaines hypoth&#232;ses sur la composition et le mode de travail de l'appareil psychique, qui me semblent neuves. Dans un livre sur l'&#034;interpr&#233;tation du r&#234;ve&#034;, je trouverai l'occasion d'aborder ces fondements d'une psychologie des n&#233;vroses. Le r&#234;ve appartient en effet &#224; la m&#234;me s&#233;rie de formations psychopathologies que l'id&#233;e fixe hyst&#233;rique, la repr&#233;sentation de contrainte et l'id&#233;e d&#233;lirante &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La libre association et les r&#233;sistances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud profite de sa conf&#233;rence de 1898, pour souligner les progr&#232;s consid&#233;rables qu'il a fait faire &#224; sa m&#233;thode d'investigation de l'inconscient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Comme les manifestations des psychon&#233;vroses apparaissent &#224; partir de traces psychiques inconscientes moyennant l'apr&#232;s-coup, elles deviennent accessibles &#224; la psychoth&#233;rapie qui doit toutefois emprunter ici d'autres voies que celle, la seule suivie jusqu'&#224; pr&#233;sent, de la suggestion, avec ou sans hypnose. Me basant sur la m&#233;thode &#034;cathartique&#034; indiqu&#233;e par Breuer, j'ai presque compl&#232;tement &#233;labor&#233; dans les derni&#232;res ann&#233;es un proc&#233;d&#233; th&#233;rapeutique que j'appellerai &#034;psychanalytique&#034;, auquel je dois de nombreux succ&#232;s, tout en osant esp&#233;rer accro&#238;tre encore consid&#233;rablement mon efficacit&#233;. Dans les &#201;tudes sur l'hyst&#233;rie, publi&#233;es en 1895 (avec J. Breuer) ont &#233;t&#233; donn&#233;es les premi&#232;res communications sur la technique et la port&#233;e de la m&#233;thode. Depuis lors, bien des choses, comme j'ose l'affirmer, s'y sont modifi&#233;es en mieux. Tandis qu'alors nous d&#233;clarions avec modestie que nous ne pouvions nous attaquer qu'&#224; l'&#233;limination de sympt&#244;mes hyst&#233;riques et non pas &#224; la gu&#233;rison de l'hyst&#233;rie elle-m&#234;me, cette diff&#233;rence m'est apparue depuis lors vide de contenu, et la perspective d'une gu&#233;rison effective de l'hyst&#233;rie et des repr&#233;sentations de contrainte s'est offerte &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&#034;, &#338;uvres compl&#232;tes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on sait en effet que, d&#232;s le cas &#201;lisabeth von R., publi&#233; dans les &#233;tudes sur l'hyst&#233;rie, Freud avait mis au point une m&#233;thode qui se rapprochait de la m&#233;thode psychanalytique achev&#233;e des associations libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mademoiselle &#201;lisabeth von R, dont il commen&#231;a le traitement &#224; l'automne 1892, &#233;tait en effet un cas &#233;minemment r&#233;fractaire &#224; l'hypnose. Pourtant, dans cette cure qui semblait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec, il f&#251;t particuli&#232;rement satisfait du caract&#232;re plus complet des r&#233;sultats obtenus par ce qu'il appela tout d'abord son &#034;analyse psychique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allong&#233;e, Mademoiselle &#201;lisabeth commen&#231;ait par fermer les yeux et &#233;tait invit&#233;e &#224; se rappeler l'histoire et l'origine de ses sympt&#244;mes. Parfois, aucune id&#233;e ne lui venait &#224; l'esprit, disait-elle. C'est alors que, sur une l&#233;g&#232;re pression de Freud, elle lui r&#233;v&#233;lait tout de m&#234;me ce qui lui &#233;tait tout d'abord venu &#224; l'esprit, en ajoutant toutefois : &#034;J'aurai pu vous raconter &#231;a la premi&#232;re fois, mais je pensais que ce n'&#233;tait pas ce que vous vouliez savoir&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je ne c&#233;dai plus d&#233;sormais quand elle pr&#233;tendait n'avoir pens&#233; &#224; rien et lui affirmai qu'une id&#233;e lui avait certainement travers&#233; l'esprit, sans qu'elle y pr&#234;t&#226;t peut-&#234;tre attention [...]. Peut-&#234;tre aussi pensait-elle que l'id&#233;e surgie n'&#233;tait pas la bonne, mais cela ne la regardait point, elle devait rester absolument objective et dire tout ce qui lui passerait par la t&#234;te, que cela lui convienne ou non ; enfin, et je le savais pertinemment, elle avait eu une id&#233;e qu'elle me dissimulait, mais elle ne se d&#233;barrasserait jamais de ses maux tant qu'elle me cacherait quelque chose. [...] Gr&#226;ce &#224; cette analyse, j'acquis une confiance totale dans ma technique. [...] Au cours de ce travail p&#233;nible j'appris &#224; attribuer une grande importance &#224; la r&#233;sistance dont faisait preuve la malade lors du rappel de ses souvenirs et je groupai soigneusement les occasions o&#249; cette r&#233;sistance se manifestait de la fa&#231;on la plus &#233;vidente &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud et J. Breuer, &#201;tudes sur l'Hyst&#233;rie, [1895], PUF, Paris, 1956, p. 122.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce fut l&#224; un premier t&#226;tonnement de la m&#233;thode des associations libres, mais quatre ans apr&#232;s le cas &#201;lisabeth, en 1896, Freud sait d&#233;sormais que &#034;les occasions o&#249; cette r&#233;sistance se manifestait de la fa&#231;on la plus &#233;vidente&#034; &#233;taient, bien entendu, celle o&#249; les associations menaient tout droit &#224; la sexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est finalement qu'en 1898, que Freud fini par v&#233;ritablement comprendre le ph&#233;nom&#232;ne de la r&#233;sistance. Apr&#232;s s'en &#234;tre d'abord aper&#231;u chez ses propres patients, il est d&#233;sormais confront&#233; &#224; la sienne : &#224; sa propre r&#233;sistance &#224; son propre inconscient, &#224; sa propre sexualit&#233; infantile, lors de sa propre auto-analyse. Mais en r&#233;ussissant &#224; progressivement la surmonter, tout s'&#233;clair et il saisit d&#233;sormais, sous un angle plus large, la r&#233;sistance de la m&#233;decine en g&#233;n&#233;ral et, surtout, de l'ordre des m&#233;decins, &#224; la r&#233;v&#233;lation de ses premiers r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En concluant son c&#233;l&#232;bre article de 1898, il souligne que le traitement radical des n&#233;vroses par la psychoth&#233;rapie analytique n'est pas accessible &#224; tous, patients autant que m&#233;decins, et que la psychanalyse exige un apprentissage particulier et restera toujours &#034;inconciliable avec l'exercice d'une autre activit&#233; m&#233;dicale&#034;. &#034;En &#233;change&#034;, pr&#233;cise-t-il en conclusion, s'annonce pour les m&#233;decins souhaitant se familiariser avec la m&#233;thode psychanalytique d'investigation de l'inconscient, &#034;l'occasion de glorieuses r&#233;alisations et d'une intelligence satisfaisante de la vie d'&#226;me des &#234;tres humains&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses &#034;, [1898], &#338;uvres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, sans aucun doute l'&#339;uvre ma&#238;tresse de Freud, est le fruit de la lente &#233;volution de sa pratique vers les associations libres et de son auto-analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Freud abandonna progressivement l'hypnose et la m&#233;thode cathartique de Breuer, et qu'il invita ses malades &#224;, eux, s'abandonner &#224; la libre association, il remarqua rapidement que ces derniers intercalaient r&#233;guli&#232;rement au beau milieu des id&#233;es qui leur venaient spontan&#233;ment &#224; l'esprit, les r&#233;cits de leurs r&#234;ves, souvent tr&#232;s imag&#233;s, ainsi que toutes les associations que ces images faisaient surgir en eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est &#224; propos du cas de Mme Emmy von N., que Freud est pour la premi&#232;re fois intrigu&#233; par ces r&#233;cits de songes, et fait observer qu'il est lui-m&#234;me soumis &#224; ce qu'il appelle alors cette force de &#034;compulsion&#034; qu'il y a &#224; pr&#234;ter une grande attention au mat&#233;riel onirique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#034; J'ai pu r&#233;cemment, gr&#226;ce &#224; des observations pratiqu&#233;es en d'autres domaines, me convaincre de la force d'une pareille compulsion. Pendant plusieurs semaines, je fus oblig&#233; de remplacer mon lit habituel par une couche plus dure, sur laquelle je devais r&#234;ver davantage, soit de fa&#231;on plus active, ou peut-&#234;tre sans obtenir le m&#234;me sommeil profond. Pendant le quart d'heure qui suivait mon r&#233;veil, je me souvenais de tous mes r&#234;ves de la nuit et me donnais la peine de les noter et de tenter de les expliquer &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud et J. Breuer, &#201;tudes sur l'Hyst&#233;rie, [1895], PUF, Paris, 1956, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a tout lieu de croire avec Jones, que &#034;ce fut de tr&#232;s bonne heure, probablement d&#232;s l'enfance, que Freud commen&#231;a &#224; s'int&#233;resser aux r&#234;ves ; de tout temps il avait r&#234;v&#233; et, d&#232;s sa jeunesse, ne se contentait pas de retenir ses songes, mais les notait&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du reste, une grande quantit&#233; de r&#233;cit de r&#234;ves sont d&#233;j&#224; contenus dans sa correspondance avec sa fianc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce n'est que dans cette note relative &#224; l'observation de Emmy von N., &#233;crite en 1894 - la note datant probablement du printemps 1895 -, que Freud fait pour la premi&#232;re fois ouvertement allusion au grand int&#233;r&#234;t qu'il semble porter &#224; l'art antique de l'interpr&#233;tation des r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est du reste &#224; cette m&#234;me &#233;poque, en juillet 1895, que &#034;fait historique&#034; nous dit Jones, pour la premi&#232;re fois Freud analyse &#224; fond l'un de ses r&#234;ves. C'est celui dit de &#034;L'Injection faite &#224; Irma&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Freud soup&#231;onnait depuis longtemps que le r&#234;ve consistait essentiellement en la r&#233;alisation d'un d&#233;sir cach&#233;, mais le fait se trouva confirm&#233; par la premi&#232;re analyse compl&#232;te qu'il fit de l'un de ses songes, le mercredi 24 juillet 1895 - &#233;v&#233;nement historique ; il s'agit du r&#234;ve de &#034;L'injection d'Irma&#034;. Bien plus tard, Fliess ayant &#233;mis quelque doute sur l'exactitude de la date, Freud la v&#233;rifia en consultant son calpin de l'&#233;poque (lettre du 18 juin 1900). Freud m'invita un jour &#224; d&#238;ner au Restaurant Bellevue et nous occup&#226;mes la table de l'angle (nord-est) de la terrasse o&#249; avait eu lieu le grand &#233;v&#233;nement. Je parlai d'une plaque qui devait &#234;tre pos&#233;e l&#224; sans savoir que, bien des ann&#233;es auparavant, Freud avait, en mani&#232;re de plaisanterie, demand&#233; &#224; Fliess s'il pensait qu'il y aurait jamais en cet endroit une plaque de marbre portant l'inscription : &#034;C'est ici que fut r&#233;v&#233;l&#233; au Dr Sigmund Freud, le 24 juillet 1895, le secret des r&#234;ves &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'on sait que le r&#234;ve de l'injection faite &#224; Irma, avec la fameuse formule de la Trim&#233;thylamine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 99 et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;alise, en premi&#232;re interpr&#233;tation, un d&#233;sir de disculpation de Freud, bien que comme il le fait lui-m&#234;me remarquer, &#034;on reconna&#238;t ais&#233;ment le rapport entre le contenu large sur lequel le r&#234;ve repose et le th&#232;me &#233;troit, objet du d&#233;sir : non-responsabilit&#233; au sujet de la maladie d'Irma&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est l&#224;, en effet, le premier r&#234;ve analys&#233; par Freud et c'est d'ailleurs celui qui ouvre, apr&#232;s le chapitre pr&#233;liminaire sur l'histoire de la discipline pourrait-on dire, le deuxi&#232;me chapitre de son &#339;uvre ma&#238;tresse. Mais avant d'aboutir &#224; cette conclusion que, &#034;apr&#232;s compl&#232;te interpr&#233;tation, tout r&#234;ve se r&#233;v&#232;le comme l'accomplissement d'un d&#233;sir&#034;, th&#232;se qu'il soutiendra alors durant tout le reste son ouvrage, combien de r&#234;ves et d'effort d'analyse, Freud aura-t-il d&#251; consentir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tout le pass&#233; ressurgi&#034;, &#233;crit-il a Fliess, &#034;je me sens actuellement tout d&#233;sempar&#233;&#034;. S'installe alors, effectivement, une longue p&#233;riode durant laquelle Freud tente d'analyser ses propres r&#234;ves, pratique qui devient r&#233;guli&#232;re &#224; la fin du mois de juillet 1897, et qui pr&#233;sente l'objectif avou&#233; et parfaitement bien d&#233;fini de mener sa propre analyse jusqu'&#224; son terme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; D&#233;sormais, il devait [...] transformer l'int&#233;r&#234;t scientifique que lui inspirait le m&#233;canisme de ses r&#234;ves en une autoanalyse r&#233;guli&#232;re et impitoyable. La mort de son p&#232;re le poussa &#224; pratiquer cette analyse tout autant qu'&#224; &#233;crire son livre &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 mai 1897, Freud fait r&#234;ve d'inceste &#224; la suite duquel il comprend d&#233;finitivement que l'histoire de la s&#233;duction de son p&#232;re est un fantasme inconscient, lequel est relatif &#224; l'hostilit&#233; des enfants &#224; l'&#233;gard du parent de m&#234;me sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud tient r&#233;guli&#232;rement Fliess au courant des progr&#232;s de son analyse et lui fait part du mat&#233;riel qui, jusque-l&#224; refoul&#233;, remonte enfin &#224; la surface : les souvenirs d'avoir ressenti pour sa m&#232;re des d&#233;sirs sexuels, d'avoir d&#233;sir&#233; la voir nue. Tout ce mat&#233;riel psychique depuis longtemps enfoui, cette curiosit&#233; sexuelle qui avait soutenu sa qu&#234;te scientifique et son d&#233;sir de savoir, tout cela lui revient d&#233;sormais &#224; la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux, cette curiosit&#233; sexuelle infantile, ce d&#233;sir m&#234;me qu'il croyait &#234;tre sien et marquer sa propre personnalit&#233;, ce d&#233;sir m&#234;me qui l'avait pouss&#233; sur la qu&#234;te du savoir scientifique, Freud va en faire un r&#233;sultat, un reste, qu'il va abandonner &#224; la science. Son d&#233;sir infantile pour sa m&#232;re, son agressivit&#233; refoul&#233;e &#224; l'&#233;gard de son p&#232;re, ne lui son pas donn&#233; en propre, mais ces sentiments sont, bien au contraire, propres &#224; tous les &#234;tres dou&#233;s de parole, et permettent de comprendre la puissance qu'ont exerc&#233;e sur l'humanit&#233; enti&#232;re, les mythes et les l&#233;gendes comme celui d'&#338;dipe ou d'Hamlet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il se peut que nous ayons tous senti &#224; l'&#233;gard de notre m&#232;re notre premi&#232;re impulsion sexuelle, &#224; l'&#233;gard de notre p&#232;re notre premi&#232;re haine ; nos r&#234;ves en t&#233;moignent. &#338;dipe qui tuent son p&#232;re et &#233;pouse sa m&#232;re ne fait qu'accomplir un des d&#233;sirs de notre enfance. Mais, plus heureux que lui, nous avons pu, depuis lors, dans la mesure o&#249; nous ne sommes pas devenus n&#233;vropathes, d&#233;tacher de notre m&#232;re nos d&#233;sirs sexuels et oublier notre jalousie &#224; l'&#233;gard de notre p&#232;re&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 229.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant r&#233;ussi &#224; surmonter ses propres r&#233;sistances &#224; l'&#233;vocation de ce pass&#233; hautement pulsionnel, Freud arrive enfin &#224; se comprendre et &#224; comprendre tout &#224; la fois le monde qui l'entoure et, surtout, ses propres malades :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Je vis moi-m&#234;me tout ce que j'ai pu observer, en tant qu'auditeur, chez mes patients&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, Freud r&#233;dige &#034;L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves&#034;. Le 10 mars 1898, il poss&#232;de d&#233;j&#224; la plupart des conclusions auxquelles il va aboutir deux ans plus tard : Le r&#234;ve est la r&#233;alisation d'un d&#233;sir, empruntant son mat&#233;riel aux s&#233;quelles de l'&#226;ge pr&#233;historique de 1 &#224; 3 ans, &#233;poque soumise &#224; l'amn&#233;sie infantile, c'est-&#224;-dire au refoulement. C'est ce que l'enfant a vu, entendu et v&#233;cu comme fantasme sexuel &#224; cette &#233;poque, &#224; cette p&#233;riode pr&#233;historique, qui fournit aux r&#234;ves l'occasion d'une r&#233;p&#233;tition, c'est-&#224;-dire la r&#233;alisation d'un d&#233;sir. Quant au mat&#233;riel r&#233;cent qui semble invariablement se trouver dans les r&#234;ves, il ne s'y trouve qu'en raison de ses relations, associations ou, plus g&#233;n&#233;ralement, de son assimilation &#224; ces mat&#233;riaux pr&#233;historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le 12 f&#233;vrier 1899, Freud tente d'&#233;tablir un parall&#232;le entre le r&#234;ve et le sympt&#244;me n&#233;vrotique, deux formations de l'inconscient que nous devons traduire comme r&#233;alisations de d&#233;sirs inconscients. N&#233;anmoins, alors que dans les r&#234;ves, cette r&#233;alisation est simplement d&#233;guis&#233;e, dans les sympt&#244;mes il s'agit bien plus d'un v&#233;ritable compromis entre le d&#233;sir refoul&#233; et l'instance psychique refoulant ce d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1899, deux ans apr&#232;s avoir entam&#233; son autoanalyse en juillet 1897, le livre est achev&#233;. Freud mit deux ans &#224; le r&#233;diger et &#224; d&#233;terrer ce &#034;fossile enfoui&#034; qu'est le complexe d'&#338;dipe. Au mois d'octobre, il envoie un exemplaire du livre &#224; Fliess et, le 4 novembre 1899 le livre est publi&#233;, l'&#233;diteur pr&#233;f&#233;rant cependant le dater de 1900. D'abord tir&#233; &#224; 600 exemplaires, ce n'est que dix ans plus tard, apr&#232;s que Freud ait obtenu le tire de Professeur, que le livre sera enfin re-&#233;diter et reconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Herr Professor&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme n'importe quelle autre analyse, nous dit Jones, &#034;l'analyse de Freud n'eut naturellement pas d'effets magiques imm&#233;diats&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que sa correspondance nous apprenne que cette v&#233;ritable odyss&#233;e de l'inconscient qu'il entreprit sans complaisance en 1897, le lib&#232;re progressivement de ses sympt&#244;mes n&#233;vrotiques et de la maladie elle-m&#234;me, Freud se trouvait cependant, encore et toujours isol&#233; des cercles m&#233;dicaux viennois, lesquels semblaient cultiver un snobisme sans commune mesure &#224; l'&#233;poque. Le renom et la r&#233;putation y d&#233;pendaient &#233;troitement des titres et de la hi&#233;rarchie : pour la majeure partie de la population, se faire soigner par un m&#233;decin priv&#233; de titre honorifique &#233;tait inenvisageable, quant &#224; &#034;la client&#232;le la plus hupp&#233;e&#034; nous dit Jones, elle s'adressait exclusivement &#034;&#224; ceux qui poss&#233;daient le titre envi&#233; de professeur&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Freud m&#233;prisait certes tout cela, mais se voyait bien oblig&#233; d'en reconna&#238;tre l'importance &#233;conomique. C'est pour cette raison qu'il aurait voulu obtenir le titre&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud &#233;tait d&#233;j&#224; depuis longtemps Ma&#238;tre de Conf&#233;rence, et l'histoire de l'obtention du titre de Professeur doit &#234;tre saisie comme faisant partie int&#233;grante de son autoanalyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis un bon moment, Freud se voyait en effet sans cesse devancer sur ce chemin par des confr&#232;res plus jeunes que lui, mais ne semblait pas vouloir s'en plaindre ou rem&#233;dier &#224; cet &#233;tat de fait. Du haut de son pi&#233;destal inconscient, il souhaitait demeurer au-dessus de ces attitudes, qu'il jugeait s&#233;v&#232;rement. Pourtant, d&#232;s 1897, Nothnagel, &#233;minent professeur &#224; l'Universit&#233;, propose sa candidature au grade de professeur adjoint. L'Universit&#233; &#233;tant &#224; l'&#233;poque une institution gouvernementale, tous les postes devaient &#234;tre officiellement attribu&#233;s par le ministre. Les d&#233;marches de Nothnagel n'aboutirent cependant &#224; rien et, sans aucun doute, l'antis&#233;mitisme se conjuguait-il &#224; la mauvaise r&#233;putation de Freud pour lui barrer la route du titre. La liste de ses brillants travaux en neurologie &#233;tait pourtant d&#233;sormais longue, mais sa candidature fut rejet&#233;e en 1897, 1898 et 1899 et, cerise sur le g&#226;teau, en 1900, toutes les candidatures furent accept&#233;es sauf celle de Freud !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors qu'acceptant la r&#233;alit&#233; qu'il rejetait jusqu'alors, il d&#233;cide humoristiquement d'accepter de jouer le jeu, et de mettre de c&#244;t&#233; l'attitude du martyre qui le poussait &#224; ne vouloir &#234;tre nomm&#233; que sur ses qualit&#233;s intrins&#232;ques et ses dons intellectuels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il alla voir son vieux ma&#238;tre Exner qui, apr&#232;s s'&#234;tre montr&#233; d&#233;sagr&#233;able, finit pas lui r&#233;v&#233;ler que le ministre avait &#233;t&#233; mont&#233; contre lui par quelqu'un et lui conseilla de trouver une personne capable de contrebalancer cette influence. &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud s'adressa alors &#224; l'une de ses anciennes clientes, Elise Gomperz, dont le mari, T. Gomperz, ancien professeur de philosophie - et pour qui Freud avait effectu&#233; sa premi&#232;re traduction, celle des Essais de John Stuart Mill -, connaissait bien l'actuel ministre de l'instruction public, von Hartel. Une fois de plus rien n'y f&#238;t, le ministre pr&#233;tendant n'avoir jamais entendu parler d'une recommandation ant&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Freud avait d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; parfaire sa pratique et commen&#231;ait &#224; ma&#238;triser l'art psychanalytique, obtenant ainsi des r&#233;sultats qui le satisfaisaient lui-m&#234;me au plus haut point et, surtout, enjouait la rare mais subtile client&#232;le viennoise qui s'adressait &#224; lui. C'est ainsi que l'une de ses clientes, haut plac&#233;e en sa qualit&#233; de femme de diplomate, la baronne Marie Ferstel, s'indigna de cette injustice &#224; l'&#233;gard de son m&#233;decin favori et, nous dit Jones, &#034;entra imm&#233;diatement en comp&#233;tition avec Mme Gomperz&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Elle se mit en quatre pour faire la connaissance du ministre et conclut avec lui un march&#233;. Il d&#233;sirait acqu&#233;rir pour le Mus&#233;e de peinture moderne un tableau de B&#246;cklin (Die Burgruine) que poss&#233;dait une tante de Mme Ferstel, Mme Ernestine Thorsch. Il fallut trois mois de tractations pour que la vieille dame consent&#238;t &#224; c&#233;der le tableau, mais finalement le ministre annon&#231;a aimablement &#224; la baronne Ferstel, au cours d'un d&#238;ner, qu'il venait de soumettre le document n&#233;cessaire &#224; l'approbation de l'Empereur. Le jour suivant, la dame se pr&#233;cipita dans le bureau de Freud en criant : &#034;J'ai r&#233;ussi ! &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud avait eu &#171; L'&#338;dipe-L'Homme &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa client&#232;le ne cessa de s'accro&#238;tre et, d&#233;sormais, on le saluait d'un &#034;Herr Professor&#034; en le croisant dans la rue. Le 11 mars 1902, Freud confessa &#224; Fliess sa stupidit&#233; et son ignorance pass&#233;e, car &#233;tant parfaitement au courant des us et coutumes viennoises, ses &#233;checs pr&#233;c&#233;dents ne tenaient finalement qu'&#224; son ent&#234;tement et &#224; sa b&#234;tise. Ravi, il concluait sa lettre &#224; Fliess sur un trait d'humour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'approbation du public m'est acquise, v&#339;ux et envois de fleurs pleuvent, comme si le r&#244;le de la sexualit&#233; avait &#233;t&#233; soudain d&#233;couvert officiellement par Sa Majest&#233;, la signification des r&#234;ves confirm&#233;es par le Conseil des Ministres et la n&#233;cessit&#233; d'une th&#233;rapeutique psychanalytique de l'hyst&#233;rie reconnue par le Parlement &#224; la majorit&#233; des deux tiers&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud s'&#233;tait conform&#233; &#224; l'avis de l'Oracle de Delphes, le fameux &#034;Connais-toi toi-m&#234;me&#034;, et ne cessa d'ailleurs jamais de s'y conformer en continuant &#224; s'analyser quotidiennement, y consacrant g&#233;n&#233;ralement la derni&#232;re demi-heure de sa journ&#233;e. Tout comme Jocaste qu'il cite dans son Interpr&#233;tation des r&#234;ves, Freud avait fini par m&#233;priser la monstruosit&#233; de ses d&#233;sirs inconscients et supporter la vie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Bien des gens d&#233;j&#224; dans leurs r&#234;ves ont partag&#233; la couche maternelle. Qui m&#233;prise ces terreurs-l&#224; supporte ais&#233;ment la vie&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 230.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 353.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 114.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 114.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 117.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 358.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La naissance de la psychanalyse, PUF, Paris, p. 192-193.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, pp. 294-295.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 236.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&#034;, &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud et J. Breuer, &#201;tudes sur l'Hyst&#233;rie, [1895], PUF, Paris, 1956, p. 122.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses &#034;, [1898], &#338;uvres compl&#232;tes, volume III, &#034; Textes psychanalytiques divers &#034;, PUF, Paris, 1989, p. 240.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud et J. Breuer, &#201;tudes sur l'Hyst&#233;rie, [1895], PUF, Paris, 1956, note, p. 53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 385.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 388.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 99 et suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 358.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 229.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 359.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 359.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 374.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 373.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest JONES, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 374.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, [1900], PUF, Paris, 1967, p. 230.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fliess et Freud</title>
		<link>https://psychanalyste-paris.com/Fliess-et-Freud.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://psychanalyste-paris.com/Fliess-et-Freud.html</guid>
		<dc:date>2002-11-04T16:50:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
		<dc:subject>Joseph Breuer</dc:subject>
		<dc:subject>Wilhelm Fliess</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Freud aurait aim&#233; appeler l'un de ses deux plus jeunes enfants &#034;Wilhelm&#034;, mais heureusement ce furent des filles &#187; (E. Jones, &#034; La vie et l'oeuvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 322). &lt;br class='autobr' /&gt; En 1887, un jeune m&#233;decin berlinois, Wilhelm Fliess, effectue un court s&#233;jour &#224; Vienne pour compl&#233;ter ses recherches m&#233;dicales. Rencontrant Joseph Breuer, celui-ci lui conseille sur le champ d'assister aux conf&#233;rences de neurologie de son jeune mentor, Sigmund Freud. Au sortir de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/-A-propos-de-Freud-.html" rel="directory"&gt;&#192; propos de Freud&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton44-1114f.gif?1757677170' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Freud aurait aim&#233; appeler l'un de ses deux plus jeunes enfants &#034;Wilhelm&#034;, mais heureusement ce furent des filles &#187; (E. Jones, &#034; La vie et l'oeuvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 322).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1887, un jeune m&#233;decin berlinois, Wilhelm Fliess, effectue un court s&#233;jour &#224; Vienne pour compl&#233;ter ses recherches m&#233;dicales. Rencontrant Joseph Breuer, celui-ci lui conseille sur le champ d'assister aux conf&#233;rences de neurologie de son jeune mentor, Sigmund Freud. Au sortir de l'amphith&#233;&#226;tre, Fliess s'empresse d'entamer la conversation avec le conf&#233;rencier. La discussion, tant d'un point de vue scientifique qu'affectif, semble bouillonnante. Une mutuelle sympathie et amiti&#233; s'&#233;tablissent rapidement entre les trois hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Wilhelm Fliess&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De deux ans plus jeune que Freud, Fliess &#233;tait sp&#233;cialis&#233; dans les affections du nez et de la gorge (oto-rhino-laryngologiste). Esprit subtil et cultiv&#233;, Fliess, s&#233;duit rapidement en faisant preuve d'&#233;loquence et d'une confiance en lui sans limites qui semblait l'autoriser &#224; s'aventurer dans de redoutables sp&#233;culations scientifiques, sans le moins de monde tenir compte des &#233;ventuelles critiques qui pouvaient lui &#234;tre adress&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses sp&#233;culations l'avaient du reste conduit &#224; &#233;tablir une th&#233;orie que l'on pourrait aujourd'hui qualifier de pot-pourri entre l'astrologie, la num&#233;rologie et la sexologie, le tout s'appuyant sur une solide pratique m&#233;dicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Fliess, il existait un rapport &#233;troit entre la muqueuse nasale et les activit&#233;s sexuelles, lesquelles &#233;taient d'abord d&#233;termin&#233;es par les p&#233;riodes de menstruation. Les p&#233;riodes de la m&#232;re d&#233;terminaient non seulement le sexe et la date de naissance du petit de l'homme, mais &#233;galement les stades cl&#233;s de son &#233;volution, ainsi que les dates de ses maladies et celle de sa mort. Ces &#034;p&#233;riodes sexuelles&#034; se trouvaient en outre avoir une grande influence sur le r&#232;gne animal et l'organisation astrale, laquelle r&#233;troagissait en retour sur l'organisme vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, selon Fliess, tous les &#234;tres humains &#233;taient des &#234;tres bisexuels. La f&#233;minit&#233; &#233;tait associ&#233;e au nombre 28, nombre de jours d'une p&#233;riode r&#233;volue, tandis que la masculinit&#233; &#233;tait elle, associ&#233;e au nombre 23, qui repr&#233;sentait l'&#233;cart entre la fin d'une p&#233;riode et le d&#233;but de la suivante. Bref, Fliess avait une activit&#233; intellectuelle intense et jonglait en permanence avec les chiffres, en particulier avec les nombres 28 et 23. &#034; Tel fut le curieux personnage, nous dit Jones, avec lequel Freud se lia &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Berlin, Fliess entretiendra avec Freud une correspondance &#233;pistolaire qui sera tout d'abord courtoise. C'est Freud qui, le premier, &#233;crit &#224; Fliess le 24 novembre 1887 et, dans une lettre professionnelle relative &#224; une patiente, confie cependant d'embl&#233;e &#224; Fliess :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;[...] Je vous avoue que j'aimerais bien rester en contact avec vous. Vous m'avez fait une profonde impression [...] &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fliess r&#233;pond en envoyant un cadeau puis, six mois plus tard, demande &#224; Freud de lui envoyer une photo. &#192; partir de 1892, viennent se substituer au &#034;Cher Confr&#232;re et Ami&#034; de la premi&#232;re lettre, des formules plus chaleureuses. Le vouvoiement, puis le tutoiement, aboutiront finalement au &#034;Wilhelm&#034; et au &#034;Sigmund&#034;, lorsque la correspondance deviendra r&#233;ellement intime, &#224; partir de 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, Freud a trente-sept ans. P&#232;re de six enfant, il a toujours men&#233; une vie familiale heureuse, et semble d&#233;sormais s'acheminer tranquillement vers la quarantaine au sein d'une vie conjugale &#233;panouie. Freud avait peut-&#234;tre eu une enfance quelque peu inhabituelle, mais rien dans son quotidien n'avait laiss&#233; jusqu'alors entr'apercevoir la v&#233;ritable passion qui allait d&#233;sormais se d&#233;cha&#238;ner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est au travers de l'incroyable &#233;change &#233;pistolaire qu'il tiendra durant plus de treize ann&#233;es avec Fliess, que Freud aura pour la premi&#232;re fois l'occasion d'exprimer spontan&#233;ment et hors des jugements timides et moralisateurs de ses ma&#238;tres, son extraordinaire d&#233;sir de savoir. Au travers de sa correspondance avec Fliess, c'est la premi&#232;re fois que Freud pourra, de mani&#232;re d&#233;brid&#233;e, parler de - et du lieu m&#234;me de - sa curiosit&#233; sexuelle infantile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est ainsi qu'il faut comprendre les mots de Jones, lorsqu'il &#233;crit que l'histoire de son amiti&#233; avec Fliess est &#034; la seule histoire extraordinaire que v&#233;cut &#224; jamais Freud &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Freud demande d'abord et surtout, &#224; Fliess, c'est d'&#233;couter et de &#034;prendre connaissance&#034; de ses d&#233;couvertes, de ce foisonnement d'id&#233;es qui, spontan&#233;ment, lui viennent &#224; l'esprit et, ensuite, de juger les explications th&#233;oriques qu'il entend tirer de ce mat&#233;riel. Comme Jones le pr&#233;cise : &#034;Fliess ne s'en prive pas&#034;, et &#034;il agit en censeur&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le jugement de Fliess, on l'aura compris au regard du personnage, se diff&#233;rencie singuli&#232;rement de celui des autres scientifiques et m&#233;decins que Freud avait connus jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1898, Freud effectue sa communication au &#034;Coll&#232;ge des M&#233;decins viennois&#034;, laquelle constitue un v&#233;ritable plaidoyer sur la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tudier la sexualit&#233; des n&#233;vros&#233;s, il ne rencontre que d&#233;saveu, l&#224; m&#234;me o&#249; sa verve atteint des sommets :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; En ramenant les destins morbides de l'individu aux exp&#233;riences v&#233;cues de ses anc&#234;tres on est all&#233;e trop loin, et l'on a oubli&#233; qu'entre la conception et la maturit&#233; de l'individu se situe une p&#233;riode de vie longue et significative : l'enfance [...] &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#171; L'h&#233;r&#233;dit&#233; et l'&#233;tiologie des n&#233;vroses &#187; [1898], &#338;uvres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le style est sublime, la conf&#233;rence est publi&#233;e et, pour la premi&#232;re fois, Freud hisse la sexualit&#233; &#224; la plus haute ligne. Apr&#232;s &#171; &lt;a href=&#034;http://www.psychanalyse-paris.com/1275-L-Heredite-et-l-etiologie-des.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'h&#233;r&#233;dit&#233; et l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&lt;/a&gt; &#187; et &#171; L'&#201;tiologie de l'hyst&#233;rie &#187;, deux articles publi&#233;s en 1896, dans lesquelles, pour la premi&#232;re fois, il utilise l'expression &#171; psychanalyse &#187; et milite ouvertement en faveur d'une investigation syst&#233;matique de la sexualit&#233; des n&#233;vroses, ce n'est cependant qu'en 1898 que, pour la premi&#232;re fois, Freud hisse sa d&#233;couverte majeure dans le titre m&#234;me de son article : &#034;La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&#034;. Dans cet expos&#233;, qui anticipe d&#233;j&#224;, plus de trente ans auparavant, la th&#232;se principale de son c&#233;l&#232;bre &#034;Malaise dans la civilisation&#034;, Freud ne m&#226;che pas ses mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; [...] La psychon&#233;vrose. Son &#233;tiologie effective est &#224; trouver dans des exp&#233;riences v&#233;cues dans l'enfance, et cela de nouveau - et exclusivement - dans des impressions qui concernent la vie sexuelle. On a tort de n&#233;gliger totalement la vie sexuelle des enfants ; ils sont, pour autant que l'exp&#233;rience me l'ait apprise, capables de toutes les prestations sexuelles psychiques et de beaucoup de somatiques &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses &#034; [1898], &#338;uvres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce m&#234;me paragraphe qu'il rend scientifiquement hommage &#224; Fliess et l'on comprend mieux cet hommage lorsque l'on sait quel accueil glacial lui a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze ans plus tard, commentant cette fameuse communication de 1898, Freud souligne l'attente dans laquelle il se trouvait &#224; l'&#233;poque : les clients fuyaient litt&#233;ralement sa salle d'attente et il comptait d'abord trouver l&#224; compr&#233;hension et r&#233;confort aupr&#232;s de ses ma&#238;tres ; mais les r&#233;sistances &#224; l'Inconscient et &#224; la sexualit&#233; s'av&#233;raient insurmontables pour les hommes de science :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Sans m'en rendre compte, je sacrifiai ma renomm&#233;e en tant que m&#233;decin et, en &#233;tudiant les facteurs sexuels responsables des troubles n&#233;vrotiques, je renon&#231;ai &#224; m'attirer de nombreux clients. [...] Sans d&#233;fiance, j'exposai ma fa&#231;on de voir aux membres de la Soci&#233;t&#233; viennoise de Neurologie, r&#233;unie sous la pr&#233;sence de Krafft-Ebing. Je pensais trouver dans l'int&#233;r&#234;t et la compr&#233;hension de mes coll&#232;gues une compensation aux dommages mat&#233;riels volontairement consentis. Je traitai de mes d&#233;couvertes scientifiques comme je l'aurai fait pour tout autre sujet de cet ordre, m'imaginant d&#233;couvrir le m&#234;me &#233;tat d'esprit chez mes auditeurs. Mais le silence dont fut suivi ma communication, le vide qui se fit autour de moi, les insinuations qui me furent rapport&#233;es, me permirent de comprendre peu &#224; peu que l'expos&#233; du r&#244;le de la sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses ne pouvait &#234;tre accueilli de la m&#234;me fa&#231;on que d'autres communications. Je compris aussi que d&#233;sormais j'appartiendrais &#224; la cat&#233;gorie de ceux qui ont &#034;troubl&#233; le sommeil du monde&#034;, suivant l'expression de Hebbel, et que je devais cesser de compter sur l'objectivit&#233; et la tol&#233;rance &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le premier surpris par ses propres d&#233;couvertes, c'est Freud lui-m&#234;me. &#034;Au d&#233;but, &#233;crit-il, je ne per&#231;us pas le caract&#232;re particulier de ce que j'avais d&#233;couvert&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et son biographe officiel, Ernest Jones, n'h&#233;site pas &#224; confirmer les propos de Freud :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Ayant connu Freud, nous dit Jones, je pourrais m&#234;me dire que les questions sexuelles l'int&#233;ressaient personnellement moins qu'elles n'int&#233;ressent et ne pr&#233;occupent la plupart des gens. En parler n'avait jamais &#233;t&#233; agr&#233;able &#224; Freud et il se serait senti mal &#224; l'aise au milieu de gens aimant &#224; en plaisanter. Il ne lui arrivait que rarement de raconter des anecdotes licencieuses et, quand cela se produisait, c'&#233;tait uniquement parce qu'elles illustraient un sujet d'ordre g&#233;n&#233;ral. Il donnait l'impression d'&#234;tre extr&#234;mement pudique, le mot &#034;puritain&#034; aurait m&#234;me pu lui convenir, et tout ce que nous savons de ses ann&#233;es de jeunesse ne peut que confirmer cette id&#233;e.&lt;BR&gt;
C'est sans doute d'ailleurs ce qui explique son &#233;tonnement na&#239;f devant la r&#233;ception glaciale r&#233;serv&#233;e &#224; l'annonce de ses d&#233;couvertes en ce domaine &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque bien des ann&#233;es plus tard, le public commencera &#224; affluer en masse pour l'&#233;couter exposer ses th&#233;ories, Freud ne sera pas dupe de ce que changement d'attitude signifiait &#224; ses yeux. Bien qu'apparemment &#224; l'oppos&#233; de la r&#233;pulsion premi&#232;re, l'attitude confortait la r&#233;sistance et le refoulement de la sexualit&#233; telle qu'elle se pr&#233;sentait r&#233;ellement dans l'inconscient, et tel que Freud entendait continuer &#224; l'exposer. Un beau jour, au d&#233;but d'une s&#233;rie de conf&#233;rence et alors que le public s'engouffrait en masse dans l'amphith&#233;&#226;tre, Freud d&#233;clara :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Mesdames et Messieurs, au cas o&#249; vous ne viendriez en si grand nombre que pour entendre quelque chose de sensationnel ou m&#234;me d'inconvenant, soyez certains que je proc&#233;derai de fa&#231;on &#224; vous montrer qu'il &#233;tait bien inutile de vous d&#233;ranger&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La fois suivante, raconte Ludwig Jekels &#224; Jones, l'auditoire se trouva r&#233;duit de deux tiers &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en 1898, rien n'&#233;tait encore jou&#233;. Apr&#232;s s'&#234;tre int&#233;ress&#233; &#224; l'hypnose avec Charcot et &#224; l'hyst&#233;rie avec Breuer, pour le difficile sujet de la sexualit&#233; inconsciente, c'est &#224; Fliess qu'il s'en remettait et c'est gr&#226;ce &#224; ce formidable soutien, qu'il pourra mener &#224; bien ses recherches d&#233;licates :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Ma confiance en mon propre jugement, ainsi que mon courage, n'&#233;taient pas &#233;branl&#233;s. Je continuai &#224; penser que j'avais eu la chance de d&#233;couvrir des faits connexes particuli&#232;rement int&#233;ressants et me sentis pr&#234;t &#224; accepter le destin auquel sont parfois soumises de pareilles d&#233;couvertes&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que c'est en grande partie gr&#226;ce &#224; &#034;la nette attitude de Fliess &#224; l'&#233;gard du r&#244;le important de la sexualit&#233;&#034; comme le pr&#233;cise Jones&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que Freud r&#233;ussi &#224; l'&#233;poque, &#224; accro&#238;tre sa &#034;confiance&#034; en son &#034;propre jugement&#034; et son &#034;courage&#034;. L'on comprend mieux le r&#244;le qu'aura jou&#233; Fliess lorsque l'on met en parall&#232;le ce dernier passage, &#233;crit de la main d'un Freud se rem&#233;morant cette fameuse conf&#233;rence de 1898 mais passant alors sous silence le r&#244;le de son ami de l'&#233;poque, avec le ton de la lettre qu'il lui &#233;crivait pourtant d&#232;s 1896 (la lettre est dat&#233;e du 1er janvier 1896) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Quels remerciements ne te dois-je pas pour la consolation, la compr&#233;hension, l'encouragement, que tu m'apportes dans ma solitude ; tu m'as fait saisir le sens de l'existence... C'est avant tout ton exemple qui m'a permis d'acqu&#233;rir la force intellectuelle de me fier &#224; mon propre jugement [...] et affronter, comme toi, avec r&#233;signation voulue, toutes les &#233;preuves que me r&#233;serve peut-&#234;tre la vie. Pour cela, accepte mes simples remerciements &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#034;Congr&#232;s&#034; et la &#034;Sc&#232;ne primitive&#034; de la rupture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;changes &#233;pistolaires &#233;taient ponctu&#233;s de rencontres de chair et d'os. Celles-ci avaient souvent lieu &#224; Vienne, parfois &#224; Berlin, mais elles n'&#233;taient jamais aussi intenses et passionnantes que lors de ce que Freud, sur un mode mi-infantile et imaginaire, avait pris l'habitude d'appeler leurs &#034;Congr&#232;s&#034;. Week-end ou s&#233;jours de deux ou trois jours qu'ils passaient ensembles dans des endroits recul&#233;s et isol&#233;s du monde, loin de leur travail et de leur milieu familial, et qu'ils consacraient uniquement &#224; leur passion commune : la libre association sp&#233;culative et scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#224; l'&#233;poque, Fliess &#233;tait son seul public, comme il le disait en faisant allusion &#224; l'anecdote c&#233;l&#232;bre de Nestroy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il reste que ces lieux hanteront &#224; jamais la m&#233;moire de Freud, bon nombre de Congr&#232;s de l'Association Psychanalytique Internationale (IPA) se tenant par la suite dans les villes o&#249; Freud et Fliess se rencontr&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;union eut lieu &#224; Salzbourg en ao&#251;t 1890, tandis que la derni&#232;re, apr&#232;s laquelle ils ne se revirent plus jamais, eut lieu &#224; Achensee, dans le Tyrol, en Septembre 1900.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement &#224; Munich, sur le chemin du retour du &#034;Congr&#232;s&#034; d'Achensee, et au moment o&#249; ils se s&#233;par&#232;rent pour respectivement rejoindre Vienne et Berlin, que l'in&#233;vitable dispute &#233;clata. De retour d'Achensee, ils &#233;taient en effet descendus au Park H&#244;tel de Munich, et c'est l&#224; que, selon Fliess, Freud se serait violemment jet&#233; sur lui &#224; l'improviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Jones tient ce sc&#233;nario pour fortement &#034;improbable&#034;, il est cependant plusieurs indices qui penchent en faveur du &#034;coup de folie&#034; de Freud. En premier lieu, le fameux r&#234;ve &#034;qui joue avec des nombres&#034; dit r&#234;ve de &#034;G&#339;the&#034;, o&#249; ce dernier, sous les traits duquel se cache Freud, attaque violemment M..., qui est litt&#233;ralement &#034;&#233;cras&#233; par cette attaque&#034; (Interpr&#233;tation des r&#234;ves, p. 373). Certes, dans le r&#234;ve, dont Freud avoue ais&#233;ment la paternit&#233;, il ne s'agit que d'articles scientifiques et d'attaques litt&#233;raires, mais l'on sait aussi que Freud avait pris l'habitude de parfois consid&#233;rablement &#233;dulcorer les interpr&#233;tations qui concernaient ses propres r&#234;ves. Nul doute cependant que dans ce r&#234;ve, tout comme dans celui dit de &#034;l'injection faite &#224; Irma&#034;, Freud r&#233;alise avant tout un d&#233;sir de disculpation vis &#224; vis de Fliess, et selon l'expression de Didier Anzieu, &#034; ponctue la liquidation du &#034;transfert&#034; &#034; sur celui-ci&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. Anzieu, dans Pr&#233;face &#224; Sur le r&#234;ve, p. 15-16.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, nous savons que huit ans plus tard, le 24 novembre 1912, Freud ayant r&#233;uni cinq de ses plus proches collaborateurs de l'&#233;poque dans cette m&#234;me pi&#232;ce de Park H&#244;tel de Munich (dont Jones qui raconte la sc&#232;ne), Freud s'en &#233;tait subitement et &#034;personnellement&#034; pris &#224; Jung, puis s'&#233;tait soudainement &#233;vanoui :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il insista et prit la chose d'une fa&#231;on assez personnelle. &#192; notre grande consternation, nous le v&#238;mes soudain tomber &#233;vanoui. Le robuste Jung le porta sur un divan du salon o&#249; il ne tarda pas &#224; reprendre connaissance &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En reprenant ses esprits, Freud marmonne tout d'abord : &#034;Comme il doit &#234;tre agr&#233;able de mourir&#034;. Puis, au cours des deux mois qui suivirent, c'est en deux temps qu'il donnera &#224; Jones quelques &#233;claircissements sur son &#233;vanouissement qui, &#224; n'en pas douter, se trouvait &#234;tre associ&#233;e &#224; une sc&#232;ne v&#233;cue avec Fliess :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Il m'est impossible d'oublier qu'il y a cela six et quatre ans, j'ai &#233;prouv&#233; des sympt&#244;mes tr&#232;s semblables, encore que moins intenses, dans la m&#234;me salle du Park H&#244;tel. Ce fut lors d'une maladie de Fliess que je me rendis pour la premi&#232;re fois &#224; Munich et cette ville me para&#238;t tr&#232;s li&#233;e &#224; mes relations avec l'homme en question. Il y a, au fond de toute cette affaire, un probl&#232;me homosexuel non r&#233;solu &#034; [[E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 348.%5&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 322.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 317.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 328.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.psychanalyse-paris.com/1275-L-Heredite-et-l-etiologie-des.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'h&#233;r&#233;dit&#233; et l'&#233;tiologie des n&#233;vroses&lt;/a&gt; &#187; [1898], &#338;uvres compl&#232;tes, III, PUF, Paris, 1989, p. 235.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#034; La sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses &#034; [1898], &#338;uvres compl&#232;tes, III, PUF, Paris, 1989, p. 235.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], Payot, Paris, p. 87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], Payot, Paris, p. 86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 300.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, Contribution &#224; l'histoire du mouvement psychanalytique, [1914], Payot, Paris, p. 88.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 329.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 329.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 331.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Anzieu, dans Pr&#233;face &#224; Sur le r&#234;ve, p. 15-16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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