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	<title>Psychanalyste-Paris.com</title>
	<link>https://psychanalyste-paris.com/</link>
	<description>Psychanalyste-paris.com propose des articles et &#233;ditoriaux sur la psychanalyse et les formations de l'inconscient freudien : histoire de la naissance de la psychanalyse, d&#233;finitions de la psychanalyse freudienne et lacanienne, psychanalyse des contes de f&#233;es, consultations et formations du psychanalyste. La psychanalyse est une m&#233;thode d'investigation de l'inconscient et de ses formations : par l'analyse des r&#234;ves, des lapsus et des actes manqu&#233;s, par la rem&#233;moration et l'analyse des souvenirs infantiles, la m&#233;thode psychanalytique de la libre association et de la cure par la parole d&#233;noue progressivement les inhibitions, les sympt&#244;mes et les angoisses et nous lib&#232;re d&#233;finitivement de toutes nos souffrances psychiques.
Christophe Bormans, Psychanalyste
&#8211; 8, rue de Florence - 75008 Paris
&#8211; Secteur Nord-Ouest : 2e, 8e, 9e, 17e et 18e arrondissements de Paris
&#8211; T&#233;l. : 01 40 41 07 27
&#8211; M&#176; : Place Clichy, Europe, Rome ou Li&#232;ge
&#8211; RER ou SNCF : Gare Haussmann / Saint-Lazare</description>
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		<title>Psychanalyste-Paris.com</title>
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		<title>Freud, Breuer et la M&#233;thode dite &#171; Cathartique &#187;</title>
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		<dc:date>2002-10-27T17:15:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
		<dc:subject>Hyst&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Joseph Breuer</dc:subject>
		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; S'il existe une justice, dans une autre vie, les femmes feront les lois et les hommes enfanteront &#187; (Bertha Pappenheim, alias &#171; Anna O. &#187;). &lt;br class='autobr' /&gt; Bien qu'il ait toujours &#233;t&#233; un &#233;l&#232;ve brillant, un chercheur faisant preuve d'une rigueur scientifique hors du commun et un neurologue consciencieux, comme Jones nous le pr&#233;cise cependant, &#034; Freud conservait n&#233;anmoins, un besoin juv&#233;nile d'aide et de d&#233;pendance, qui lui fait rechercher une entente avec des coll&#232;gues jouissant d'une situation plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/-A-propos-de-Freud-.html" rel="directory"&gt;&#192; propos de Freud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Sigmund-Freud-+.html" rel="tag"&gt;Sigmund Freud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Hysterie-+.html" rel="tag"&gt;Hyst&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-BREUER-Joseph-+.html" rel="tag"&gt;Joseph Breuer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton43-eac14.gif?1757692309' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; S'il existe une justice, dans une autre vie, les femmes feront les lois et les hommes enfanteront &#187; (Bertha Pappenheim, alias &#171; Anna O. &#187;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien qu'il ait toujours &#233;t&#233; un &#233;l&#232;ve brillant, un chercheur faisant preuve d'une rigueur scientifique hors du commun et un neurologue consciencieux, comme Jones nous le pr&#233;cise cependant, &#034; Freud conservait n&#233;anmoins, un besoin juv&#233;nile d'aide et de d&#233;pendance, qui lui fait rechercher une entente avec des coll&#232;gues jouissant d'une situation plus stable que la sienne &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un moment o&#249;, &#224; la suite de ses travaux sur la coca&#239;ne et s'&#233;tant d&#233;sormais fait le porte-parole des nouvelles id&#233;es de Charcot sur l'hypnose et l'hyst&#233;rie, il se trouve finalement de plus en plus isol&#233; de la communaut&#233; m&#233;dicale viennoise, la premi&#232;re personne vers laquelle Freud se retourne est Joseph Breuer, un m&#233;decin de famille r&#233;put&#233; dont il avait fait la connaissance six ans plus t&#244;t au laboratoire d'Ernst Br&#252;cke :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; D&#232;s le laboratoire de Br&#252;cke, j'avais fait la connaissance du Dr Joseph Breuer, l'un des plus en vue m&#233;decins de famille de Vienne [...]. C'&#233;tait un homme d'une intelligence &#233;minente, qui avait quatorze ans de plus que moi ; nos relations se resserr&#232;rent rapidement, il devint mon ami et m'apporta son soutien dans des circonstances difficiles de mon existence. Nous avions l'habitude de mettre en commun tous nos centres d'int&#233;r&#234;t scientifiques. C'est moi, bien s&#251;r, qui &#233;tais le gagnant dans cet &#233;change. Le d&#233;veloppement de la psychanalyse m'a ensuite co&#251;t&#233; son amiti&#233;. Il ne m'a pas &#233;t&#233; facile de la payer de ce prix-l&#224;, mais c'&#233;tait in&#233;vitable &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 34.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les liens d'amiti&#233; que Freud devait tisser avec Breuer allaient &#234;tre intenses ; &#224; un tel point que, comme Freud en avait pris habitude avec ceux qu'il aimait, il marqua sa prog&#233;niture des pr&#233;noms qui entouraient son nouvel ami. Freud donna en effet le pr&#233;nom de la femme de Breuer, Mathilde, &#224; sa fille a&#238;n&#233;e, et &#224; sa cadette, il donna celui d'une s&#339;ur du gendre de Breuer, qui se trouvait en outre &#234;tre l'une de ses clientes favorites, Anna Hammerschlag&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, que Freud se retourne vers Breuer en cette ann&#233;e 1886, &#233;tait d'autant plus logique, qu'alors que l'hypnose &#233;tait encore consid&#233;r&#233;e d'un mauvais &#339;il dans le milieu m&#233;dical viennois, Breuer avait d&#233;j&#224; lui-m&#234;me exp&#233;riment&#233; le proc&#233;d&#233; six ans plus t&#244;t et, &#224; cette occasion, avait effectu&#233; d'importantes d&#233;couvertes dans le domaine de l'hyst&#233;rie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comment Breuer avait-il d&#233;couvert l'hypnotisme ? Certainement par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1880 en effet, alors que Freud pr&#233;parerait sa th&#232;se de Doctorat de m&#233;decine, Breuer avait pris en charge une jeune et brillante jeune fille de la bourgeoisie viennoise qui &#034; pr&#233;sentait un tableau h&#233;t&#233;roclite de paralysies avec contractures, d'inhibitions et d'&#233;tats de confusion psychique &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas &#171; Anna O. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De d&#233;cembre 1880 &#224; juin 1882, Breuer s'&#233;tait en effet occup&#233; d'un cas, devenu sans aucun doute depuis, le cas le plus c&#233;l&#232;bre de l'histoire de la psychanalyse, celui de Mademoiselle Berthe Pappenheim, immortalis&#233;e sous le pseudonyme d'Anna O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e le 27 f&#233;vrier 1859, cette malade &#233;tait &#226;g&#233;e de 21 ans, lorsque Breuer f&#251;t appel&#233; &#224; son chevet. &#201;lev&#233;e &#224; Vienne, et ayant conserv&#233; &#034; la gr&#226;ce, le charme et l'humour viennois &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, 249.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle souffrait cependant depuis maintenant deux ans d'un grand nombre de paralysies, contractures et insensibilit&#233;s, ainsi que de graves troubles de la vue et du langage, se trouvant en outre r&#233;guli&#232;rement dans l'incapacit&#233; de boire et de manger. Cependant, comme si la liste de ses sympt&#244;mes n'&#233;tait pas assez longue, c'est pour une toux nerveuse intense et d'une extr&#234;me p&#233;nibilit&#233;, que Breuer avait &#233;t&#233; appel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Breuer ne mit pas longtemps &#224; s'apercevoir que la jeune fille lui offrait alternativement deux &#233;tats d'humeur nettement tranch&#233;s, l'un relativement calme et dans lequel elle paraissait sereine, tandis que dans l'autre, elle apparaissait sous les traits d'une enfant tr&#232;s excit&#233;e, voire insupportable. En outre, Breuer avait pu observer le passage de l'un &#224; l'autre &#233;tat, passage qui ressemblait en tout point &#224; une auto-hypnose, sous laquelle la patiente semblait pouvoir se plonger d'elle m&#234;me, et dont elle finissait par se r&#233;veiller parfaitement lucide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme Freud le soulignera vingt-cinq ans apr&#232;s, c'&#233;tait tout le m&#233;rite de Breuer que d'avoir pu continuer &#224; porter tout son int&#233;r&#234;t et sa bienveillance &#224; cette malade, malgr&#233; les changements d'humeurs soudains qu'elle pr&#233;sentait, lesquels ont g&#233;n&#233;ralement le don de profond&#233;ment irriter et d'exasp&#233;rer le m&#233;decin traitant, celui-ci en venant souvent &#224; retirer son int&#233;r&#234;t et son attention au malade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien au contraire, Breuer avait pris l'habitude de r&#233;guli&#232;rement rendre visite &#224; sa malade, et par cette bienveillance gagna rapidement sa confiance. La patiente, quant &#224; elle, prit l'habitude de raconter &#224; son m&#233;decin tous les d&#233;sagr&#233;ments de sa p&#233;nible journ&#233;e, r&#233;cit &#224; la suite duquel, elle se sentait momentan&#233;ment soulag&#233;e. Cependant, le v&#233;ritable d&#233;clic s'op&#233;ra lorsqu'un jour, Anna O entrepr&#238;t de raconter dans les moindres d&#233;tails l'histoire et la premi&#232;re apparition de l'un de ses sympt&#244;mes. Le r&#233;sultat en f&#251;t, au grand &#233;tonnement de la malade elle-m&#234;me, la totale disparition du sympt&#244;me en question. Tr&#232;s intelligemment, la patiente se mit &#224; raconter ainsi l'histoire de chacun de ses sympt&#244;mes et, enjou&#233;e, donna &#224; la cure de Breuer, le nom de &#034;talking cure&#034; (&#034;cure par la parole&#034;) ou de &#034;chimney sweeping &#034; (&#034;ramonage de chemin&#233;e&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il est n&#233;cessaire de pr&#233;ciser qu'&#224; cette &#233;poque, Anna O se voyait affubl&#233;e d'un autre sympt&#244;me hyst&#233;rique encore plus &#233;trange : elle avait oubli&#233; sa langue maternelle, l'Allemand, et ne pouvait s'exprimer qu'en Anglais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On sait en outre qu'elle &#233;tait capable de traduire dans un Anglais bien loin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agr&#233;ablement surpris, Breuer la priait de continuer ses r&#233;cits et, lorsque cela s'av&#233;rait impossible du fait d'une souffrance trop importante, il n'h&#233;sitait pas &#224; la plonger dans un &#233;tat d'hypnose profond, duquel il tirait lui-m&#234;me les renseignements sur l'histoire de l'apparition du sympt&#244;me. Lorsqu'elle se r&#233;veillait, Breuer lui communiquait ainsi les faits d&#233;gag&#233;s et la souffrance disparaissait comme par enchantement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Breuer donna quant &#224; lui &#224; cette th&#233;rapeutique le nom de &#034;m&#233;thode cathartique&#034;, m&#233;thode combinant l'hypnose &#224; la parole spontan&#233;e de la malade, et dont le principal but &#233;tait l'abr&#233;action ou la catharsis, laquelle consistait en une d&#233;charge d'&#233;motions jusque-l&#224; refoul&#233;es, c'est-&#224;-dire rest&#233;es en quelque sorte coinc&#233;es sous la conscience de la malade, la nouant jusqu'&#224; la paralysie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034; Breuer qualifiait notre proc&#233;d&#233; de cathartique ; on lui assignait comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si Breuer r&#233;uss&#238;t en moins d'un an &#224; d&#233;livrer Anna O de la plupart des sympt&#244;mes et &#224; abr&#233;agir la plus grande part de ses souffrances affectives, tout n'allait cependant pas pour le mieux dans le monde du c&#233;l&#232;bre m&#233;decin de famille viennois, loin s'en faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement Breuer &#233;tait litt&#233;ralement &#034; &#233;cras&#233; par la masse de donn&#233;es cliniques &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais surtout, ce cas l'absorbait si profond&#233;ment, qu'il finit par d&#233;teindre sur sa vie de familiale. La femme de Breuer commen&#231;ait en effet &#224; se lasser d'entendre son mari, ne parler que de cette jeune fille effront&#233;e de 21 ans. Elle essayait bien de r&#233;primer cette jalousie, mais la tristesse assombrissait alors chaque jour de plus en plus les traits de son visage, tandis que la ga&#238;t&#233; embellissait progressivement celui d'Anna O. Partag&#233; qu'il &#233;tait entre la satisfaction de son devoir de m&#233;decin accompli et les remords de rendre malgr&#233; lui sa femme soucieuse, Breuer connaissait un grave conflit. Devant ce difficile conflit entre le d&#233;sir et l'amour et alors que l'&#233;tat de sa malade s'&#233;tait d&#233;j&#224; consid&#233;rablement am&#233;lior&#233;, Breuer d&#233;missionna en s'empressant de mettre un terme &#224; la cure de la jeune fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le soir m&#234;me o&#249; il annonce &#224; Anna sa d&#233;cision de mettre d&#233;finitivement un terme au traitement, il est rappel&#233; en catastrophe. La malade est en proie &#224; d'affreuses douleurs et se trouve dans un &#233;tat de grande confusion psychique. Breuer, en bon m&#233;decin de famille, ne tarde cependant pas &#224; &#233;tablir le diagnostic ad&#233;quat : la malade semble en tout point en proie &#224; des douleurs d'accouchement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Accouchement hyst&#233;rique (pseudocyesis) d'un enfant con&#231;u de fa&#231;on imaginaire lors d'un traitement inconsciemment v&#233;cu comme un accouplement fantasmatique avec le m&#233;decin, Breuer n'avait rien vu venir. Ce soir-l&#224;, il prend tout juste le temps de calmer sa patiente, la plonge dans une profonde hypnose et, effray&#233;, rentre chez lui et passe &#224; l'acte &#224; son tour : le lendemain, il part avec sa femme pour une seconde lune de miel. De ce second voyage de noce, na&#238;tra une petite fille qui finira par se suicider soixante ans plus tard &#224; Vienne, pour, selon Jones, &#034; &#233;chapper aux Nazis &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berthe Peppenheim, alias Anna O, mourut quant &#224; elle, six ans plus t&#244;t que la fille de Breuer. Son &#233;tat avait tout d'abord n&#233;cessit&#233; le placement dans une maison de sant&#233;, s&#233;jour durant lequel d'ailleurs, elle &#034;enflamma&#034; de nouveau &#034;le c&#339;ur du psychiatre de l'&#233;tablissement&#034;. Car pr&#233;cisons tout de m&#234;me avec Jones que, bien &#233;videmment, &#034; Fr. Bertha (Anna O) n'&#233;tait pas seulement fort intelligente, mais aussi extr&#234;mement attirante, tant par son physique que par sa personnalit&#233; &#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, malgr&#233; les nombreuses rechutes et r&#233;cidives, son &#233;tat avait cependant fini par s'am&#233;liorer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034; La m&#232;re de la jeune fille, pr&#233;cise Jones, &#233;tait une sorte de dragon qui, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et elle avait pu entrer dans la vie active au d&#233;but des ann&#233;es 1890, en devenant &#034;M&#232;re&#034; dans un orphelinat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Vers la trentaine, elle se consacra &#224; de tr&#232;s s&#233;rieuses t&#226;ches et fut, en Allemagne, la premi&#232;re en date des assistantes sociales et l'une des premi&#232;res dans le monde entier. Elle cr&#233;a un p&#233;riodique et fonda plusieurs institutions &#224; l'usage des &#233;tudiantes. Championne ardente de l'&#233;mancipation des femmes, elle ne cessa jamais par ailleurs de travailler pour les enfants. Elle se rendit maintes fois en Russie, en Pologne et en Roumaine, pour y porter secours &#224; des enfants dont les parents avaient p&#233;ri dans des pogromes. Rest&#233;e c&#233;libataire, elle ne cessa jamais de croire en Dieu &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir r&#233;dig&#233; pour elle-m&#234;me &#034;cinq spirituelles notices n&#233;crologiques destin&#233;es &#224; divers p&#233;riodiques&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle mour&#251;t le 28 mai 1936, en laissant derri&#232;re elle sous forme de testament, cette phrase qu'elle avait &#233;crit le 8 avril 1922 : &#034;S'il existe une justice, dans une autre vie, les femmes feront les lois et les hommes enfanteront.&#034; &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Freud ressuscite l'int&#233;r&#234;t de Breuer pour &#171; Anna O. &#187; et l'Hyst&#233;rie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq moins apr&#232;s la fin du traitement, Breuer toujours sous le choc, souhaite se d&#233;barrasser du &#034;b&#233;b&#233;&#034;, en racontant l'histoire du cas &#224; Freud qui, rappelons-le, n'&#233;tait encore &#224; l'&#233;poque qu'un jeune &#233;tudiant venant tout juste de finir d'user ses culottes sur les bancs de la facult&#233; de M&#233;decine. Ce jour-l&#224; cependant, le 18 novembre 1882, Breuer pr&#233;sente Anna comme une grande malade tout &#224; fait &#034;d&#233;traqu&#233;e&#034; et semble se garder quelques d&#233;tails sur la fin du traitement ! Freud est n&#233;anmoins fortement impressionn&#233; et le r&#233;cit du cas restera &#224; jamais grav&#233; dans sa m&#233;moire, d'o&#249;, r&#233;guli&#232;rement, il ressurgira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud raconte tout d'abord l'histoire d'Anna O. &#224; Martha qui, imm&#233;diatement, s'identifie &#224; la femme de Breuer et souhaite ne jamais conna&#238;tre pareille m&#233;saventure. Dans sa r&#233;ponse, Freud la rassure en ces termes : &#034; Il faut &#234;tre un Breuer pour que cela arrive &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Martha, dat&#233;e du 11 novembre 1883 (E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En fait, Martha pouvait d'autant plus s'identifier &#224; Anna O, qu'elle la connaissait bien, car non seulement elle &#034; avait &#233;t&#233; l'une de ses vieilles amies &#034;, mais elle devint &#233;galement par la suite &#034; sa parente par alliance &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Trois ans plus tard, lors de son voyage &#224; Paris, Freud tente &#224; nouveau de communiquer sa fascination pour le cas Anna O, cette fois &#224; Charcot, mais celui-ci ne semble pas y pr&#234;ter grande attention :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; D&#232;s avant mon d&#233;part pour Paris, Breuer m'avait fait part de quelques remarques sur un cas d'hyst&#233;rie qu'il avait trait&#233; d'une mani&#232;re particuli&#232;re dans les ann&#233;es 1880 &#224; 1882, et qui lui avait ouvert des aper&#231;us profonds sur l'&#233;tiologie et la signification des sympt&#244;mes hyst&#233;riques. [...] Il me lut &#224; plusieurs reprises des passages de l'histoire du cas, dont je retirai l'impression qu'ils faisaient avancer la compr&#233;hension de la n&#233;vrose plus qu'on ne l'avait jamais fait auparavant. Je d&#233;cidai en mon for int&#233;rieur de faire part de ces d&#233;couvertes &#224; Charcot quand j'arriverais &#224; Paris, ce que je ne manquai pas de faire. Mais le ma&#238;tre ne manifesta aucun int&#233;r&#234;t pour mes premi&#232;res allusions, de sorte que je ne revins pas sur ce sujet, que j'abandonnai &#233;galement pour moi-m&#234;me &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 35.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'attitude de Charcot comme Jones le souligne, &#034; sembla att&#233;nuer pour un temps l'enthousiasme de Freud &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, celui-ci ne tarde cependant pas &#224; saisir cette occasion pour mener un nouveau combat : &#034; De retour &#224; Vienne, je m'int&#233;ressai &#224; nouveau &#224; l'observation de Breuer et m'en fis rendre compte de mani&#232;re plus compl&#232;te &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 35.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, Freud tente tout simplement de se faire une nouvelle alliance. En tentant de ressusciter l'int&#233;r&#234;t de Breuer pour l'hyst&#233;rie et l'hypnose et, surtout, en l'encourageant &#224; publier l'&#233;trange histoire d'Anna O, Freud souhaite passer outre le cercle restreint du milieu m&#233;dical dont il se sent rejet&#233;, et conqu&#233;rir ainsi un plus large public. Mais Breuer n'est pas tr&#232;s chaud. Bien qu'il n'explique pas pr&#233;cis&#233;ment les raisons de son refus, il r&#233;pugne &#224; aller plus avant dans la description du cas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La malade &#233;tait gu&#233;rie, et elle est rest&#233;e depuis en bonne sant&#233; : elle est m&#234;me devenue capable d'accomplissements non n&#233;gligeables. Mais sur le d&#233;nouement du traitement hypnotique r&#233;gnait une obscurit&#233; que Breuer ne dissipa jamais pour moi ; pas plus que je ne pus comprendre pourquoi il avait tenu si longtemps secr&#232;te sa d&#233;couverte qui me paraissait inestimable, au lieu d'en enrichir la science &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord ing&#233;nu, Freud finit par comprendre que le grand embarras de Breuer est uniquement li&#233; &#224; l'intensit&#233; d'un ph&#233;nom&#232;ne qu'il a lui-m&#234;me appris &#224; reconna&#238;tre dans ses propres cures. Il n'en saisit pas encore toute la puissance et tout le ressort inconscient, mais il r&#233;ussit n&#233;anmoins &#224; d&#233;culpabiliser Breuer, en lui racontant, comment l'une de ses propres malades s'&#233;tait jet&#233;e &#224; son cou &#224; la suite d'une s&#233;ance d'hypnose :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Alors qu'une fois, j'avais d&#233;livr&#233; de son mal l'une de mes patientes les plus dociles, chez qui l'hypnose avait permis de r&#233;aliser les plus remarquables prodiges, en ramenant l'acc&#232;s douloureux &#224; sa cause, elle me passa &#224; son r&#233;veil les bras autour du cou. L'entr&#233; inopin&#233;e d'une personne de service nous &#233;vita une explication embarrassante, mais, par un accord tacite, nous renon&#231;&#226;mes d&#232;s ce moment &#224; poursuivre le traitement par hypnose. Je gardai la t&#234;te assez froide pour ne pas porter ce hasard au compte d'un charme personnel irr&#233;sistible [...] &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 47.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud expose alors &#224; Breuer que ces &#034; transports d'affections &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne sont que de &#034; f&#226;cheux incidents &#034; caract&#233;ristiques de certains types d'hyst&#233;rie, ou disons quelques &#034; emb&#251;ches &#034; sur le chemin de l'acc&#232;s au savoir scientifique, &#034; emb&#251;ches &#034; que le m&#233;decin se doit personnellement de surmonter. Rassur&#233; par l'explication rationnelle de Freud, Breuer met de c&#244;t&#233; ses propres remords et finit par collaborer avec Freud. Comme Jones le pr&#233;cise, &#034; bien que Breuer f&#251;t d'un rang sup&#233;rieur au sien et de quatorze ans son a&#238;n&#233;, ce fut lui, le cadet, qui, pour la premi&#232;re fois, prit vraiment la t&#234;te des op&#233;rations &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Br&#252;cke et Meynert n'&#233;taient plus, mais Freud s'&#233;tait enfin assur&#233; l'appui d'un &#233;minent m&#233;decin viennois d'une g&#233;n&#233;ration plus proche de la sienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une lettre &#224; Fliess dat&#233;e du 18 d&#233;cembre 1892, il &#233;crira combien f&#251;t (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud et Breuer entament alors une longue p&#233;riode d'intime collaboration - allant jusqu'au traitement conjoint de certaines patientes, comme ce fut notamment le cas durant la cure de Frau C&#228;cilie -, de laquelle r&#233;sultera, en janvier 1893, la publication commune d'un premier article : &#034; Le m&#233;canisme psychique des ph&#233;nom&#232;nes hyst&#233;riques &#034;. Deux ans plus tard, l'article constitue le premier chapitre des Etudes sur l'Hyst&#233;rie, publi&#233; en 1895 et &#034; dont on pense commun&#233;ment, comme le pr&#233;cise Jones, qu'elles marquent le d&#233;but de la psychanalyse &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Anna O. &#187;, le Refoulement &amp; le Transfert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'objectif principal des travaux men&#233;s conjointement par Freud et Breuer est d'obtenir une g&#233;n&#233;ralisation des r&#233;sultats cliniques mis en &#233;vidence au cours de la cure d'Anna O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anna O &#233;tait en fait tomb&#233; malade alors qu'elle soignait son p&#232;re atteint d'une grave maladie, maladie &#224; laquelle il devait d'ailleurs succomber. La propre m&#232;re d'Anna &#233;tant &#224; cette &#233;poque absente, tous ses sympt&#244;mes et, plus g&#233;n&#233;ralement, la maladie elle-m&#234;me, &#233;taient issus d'un conflit psychique intense : son d&#233;sir la portait &#224; sortir et &#224; s'amuser comme toutes les jeunes filles de 21 ans, mais elle se devait de r&#233;primer ces id&#233;es pour pallier l'absence de sa m&#232;re et veiller au chevet de son p&#232;re malade :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale les choses s'&#233;taient pass&#233;es de telle mani&#232;re, qu'elle avait d&#251; r&#233;primer une pens&#233;e ou une impulsion au chevet de son p&#232;re malade ; c'est &#224; la place de celle-ci, et pour la repr&#233;senter, qu'&#233;tait ensuite apparu le sympt&#244;me &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Freud, les sympt&#244;mes &#034; avaient donc un sens &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et la question &#233;tait d&#233;sormais de savoir si l'on pouvait g&#233;n&#233;raliser ce que Breuer avait trouv&#233; &#224; l'occasion d'un unique cas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Les relations mises au jour par lui [Breuer] me paraissaient d'une nature si fondamentale que je ne pouvais croire qu'elles pussent &#234;tre absente de quelques cas d'hyst&#233;rie que ce fut, une fois qu'elles avaient &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;es sur un seul. Mais l'exp&#233;rience seule pouvait trancher &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question, nous le savons, constituera un v&#233;ritable leitmotiv pour Freud et, bien apr&#232;s l'avoir r&#233;solu pour l'hyst&#233;rie, il tentera d'y r&#233;pondre pour la n&#233;vrose obsessionnelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme en t&#233;moigne cette superbe remarque issue de l'&#233;tude du cas de l'homme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais pour l'heure, Freud s'employait &#224; utiliser la m&#233;thode de Breuer dans le but de savoir si, oui ou non, &#034; c'est de r&#233;miniscences surtout que souffre l'hyst&#233;rique &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Breuer et S. Freud, &#201;tudes sur l'hyst&#233;rie, [1895], Communication (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je commen&#231;ai donc &#224; r&#233;p&#233;ter les investigations de Breuer sur mes patients, et, surtout apr&#232;s que la visite aupr&#232;s de Bernheim en 1889 m'eut r&#233;v&#233;l&#233; les limites de l'efficacit&#233; de la suggestion hypnotique, je ne pratiquai plus que cela. Lorsque, au cours de plusieurs ann&#233;es, je n'eu fait qu'en trouver de nouvelles confirmations, et que, pour chaque cas d'hyst&#233;rie qui &#233;tait accessible &#224; un tel traitement, je disposais d'embl&#233;e d'une quantit&#233; imposante d'observations analogues, je lui proposai de travailler &#224; une publication commune, id&#233;e qu'il commen&#231;a par rejeter violemment. Il finit par c&#233;der, d'autant plus que les travaux de Janet avaient anticip&#233; une partie des r&#233;sultats, &#224; savoir la th&#232;se qu'on peut faire remonter les sympt&#244;mes hyst&#233;riques &#224; des impressions v&#233;cues et les supprimer par leur reproduction hypnotique &#224; l'&#233;tat naissant. Nous f&#238;mes para&#238;tre en 1893 une communication provisoire : &#034;Les m&#233;canismes psychiques des ph&#233;nom&#232;nes hyst&#233;riques &#034;. En 1895 lui succ&#233;da notre livre &#201;tudes sur l'hyst&#233;rie &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 37.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233;es en 1895 et tir&#233;es &#224; huit cents exemplaires, les Etudes sur l'hyst&#233;rie sont assez mal accueillies dans les milieux m&#233;dicaux et certaines critiques, forts s&#233;v&#232;res, commencent &#224; parsemer les p&#233;riodiques sp&#233;cialis&#233;s : Breuer est d&#233;courag&#233;, alors que Freud, qui n'en n'est pas &#224; sa premi&#232;re d&#233;convenue scientifique, semble d&#233;j&#224; avoir pris son parti de s'en moquer et souhaite aller plus loin dans son travail de d&#233;frichement des lieux du refoul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un strict point de vue scientifique, en effet, la collaboration avec Breuer avait &#233;t&#233; extr&#234;mement fructueuse : en mettant en &#233;vidence le ph&#233;nom&#232;ne du refoulement et en mettant au point une th&#233;rapeutique capable de rendre le conflit refoul&#233; &#224; la conscience, abr&#233;agissant ainsi la souffrance et les sympt&#244;mes, Freud devait se trouver pleinement satisfait. En outre, sur cette voie, les deux auteurs avaient r&#233;ussi &#224; d&#233;gager un autre ph&#233;nom&#232;ne psychique d'une importance cruciale : le transfert. Mais si Breuer voulait bien reconna&#238;tre ces deux &#233;difices fondamentaux de la psychanalyse en construction, en d&#233;clarant notamment &#224; propos du ph&#233;nom&#232;ne du transfert : &#034;C'est l&#224;, je crois, la chose la plus importante que nous ayons tous deux &#224; r&#233;v&#233;ler au monde&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il n'&#233;tait cependant pas pr&#232;s &#224; faire le pas de plus qui devaient mener &#224; l'ach&#232;vement v&#233;ritable de la pratique psychanalytique. Car il en restait essentiellement deux &#224; faire : mettre en &#233;vidence l'&#233;tiologie sexuelle des n&#233;vroses et mettre en relation le refoulement et le transfert, ce qui n&#233;cessitera la mise en &#233;vidence d'un autre ph&#233;nom&#232;ne psychique, la r&#233;sistance, dont la reconnaissance n&#233;cessitera l'abandon de la m&#233;thode cathartique de Breuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sera qu'une fois que ces deux ph&#233;nom&#232;nes psychiques que sont le sexuel et la r&#233;sistance seront reconnus et th&#233;oris&#233;s, que Freud pourra d&#233;finitivement asseoir sa m&#233;thode psychanalytique, celle des associations libres, et qu'il pourra enfin partir pour l'Odyss&#233;e de l'Inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais Breuer n'&#233;tait pas pr&#234;t pour le grand voyage. Entre les deux auteurs, des divergences non n&#233;gligeables commenc&#232;rent &#224; appara&#238;tre : le d&#233;couragement de Breuer, suite au mauvais accueil de l'ouvrage, ainsi que son statut professionnel et sa r&#233;putation qu'il ne souhaitait pas mettre en danger, tout cela contrebalan&#231;ait singuli&#232;rement avec l'impertinence et l'audace scientifique d'un Freud qui n'avait lui, rien &#224; perdre, et qui souhaitait toujours pousser plus loin ses investigations. Comme Freud le soulignera cruellement : &#034; La foi de Breuer en lui-m&#234;me et sa capacit&#233; de r&#233;sistance n'&#233;tait pas &#224; la hauteur de son organisation intellectuelle &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 179.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l'&#233;t&#233; 1894, leur collaboration devint difficile, leurs relations personnelles s'espac&#232;rent, et leur amiti&#233;, qui avait d&#233;but&#233; vingt ans plus t&#244;t, se refroidit progressivement. Mais c'est surtout &#224; partir du mois d'avril 1896 que les sentiments de Freud &#224; l'&#233;gard de Breuer se modifi&#232;rent irr&#233;m&#233;diablement. Or, comme le Jones le souligne subtilement, &#034; cette date correspond &#224; la phase la plus passionn&#233;e de ses relations avec Fliess &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si Breuer n'&#233;tait pas en total d&#233;saccord avec Freud et si Freud ne gardera aucun ressentiments vis-&#224;-vis de Breuer, allant m&#234;me parfois jusqu'&#224; lui reconna&#238;tre la paternit&#233; de la psychanalyse (&#034; ce qui &#233;tait, comme le pr&#233;cise Jones, pure modestie de sa part &#034;), Freud avait cependant encore quelque chose &#224; faire avant de d&#233;finitivement voler de ses propres ailes : une autoanalyse. Or, hasard de l'histoire ou extraordinaire sinc&#233;rit&#233; d'un homme ordinaire, cette autoanalyse, Freud nous l'a laiss&#233; en h&#233;ritage au travers de sa correspondance avec Fliess, d'une part, et entre les lignes de son ouvrage fondateur, l'Interpr&#233;tation des r&#234;ves, d'autre part. Il avait su anticiper, quarante ans auparavant, les cinq derni&#232;res lignes qu'il &#233;crira avant de mourir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce que tes a&#239;eux t'ont laiss&#233; en h&#233;ritage, si tu veux le poss&#233;der, gagne-le &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce fameux &#034;Erwirb Es, um Es zu besitzen&#034; de G&#339;the (Faust, premi&#232;re partie), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 276.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 246.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comment Breuer avait-il d&#233;couvert l'hypnotisme ? Certainement par l'interm&#233;diaire de Benedickt, qui fut son professeur &#224; l'h&#244;pital g&#233;n&#233;ral de Vienne, alors qu'il n'&#233;tait encore qu'un assistant, au m&#234;me titre que l'ancien ma&#238;tre de Freud, d'Ernst Br&#252;cke. Avec Heidenhain et quelques rares autres, Benedickt fut en fait l'un des premiers m&#233;decins &#224; pratiquer l'hypnotise &#224; vienne, puis n'avait pas h&#233;sit&#233; ensuite &#224; th&#233;oriser ses vues sur le proc&#233;d&#233;, au travers de nombreux &#233;crits que Freud et Breuer n'avaient pas manqu&#233; de lire. Pour l'anecdote, signalons tout de m&#234;me qu'&#224; l'&#233;poque, Breuer tenta de mettre en garde Benedickt contre l'utilisation abusive du proc&#233;d&#233; hypnotique qui pouvait parfois se rapprocher du &#034;magn&#233;tisme animal&#034; (E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On sait en outre qu'elle &#233;tait capable de traduire dans un Anglais bien loin d'&#234;tre approximatif et en temps r&#233;el n'importe quel texte de Fran&#231;ais ou d'Italien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034; Breuer qualifiait notre proc&#233;d&#233; de cathartique ; on lui assignait comme finalit&#233; th&#233;rapeutique de canaliser le quantum d'affect utilis&#233; &#224; entretenir le sympt&#244;me, qui s'&#233;tait fourvoy&#233; sur de fausses routes et s'y &#233;tait pour ainsi dire coinc&#233;, vers des voies normales par lesquelles il p&#251;t &#234;tre d&#233;charg&#233; (abr&#233;agi). Le succ&#232;s pratique de la proc&#233;dure cathartique &#233;tait remarquable. Les d&#233;fauts qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;s par la suite &#233;taient ceux aff&#233;rents &#224; tout traitement hypnotique &#034; (S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 38).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034; La m&#232;re de la jeune fille, pr&#233;cise Jones, &#233;tait une sorte de dragon qui, vers 1890, accourut de Francfort pour la reprendre en main &#034; (E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Martha, dat&#233;e du 11 novembre 1883 (E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans une lettre &#224; Fliess dat&#233;e du 18 d&#233;cembre 1892, il &#233;crira combien f&#251;t difficile l'obtention de ce pr&#233;cieux soutien : &#034;Il m'a joliment fallu pour cela me battre avec mon collaborateur&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme en t&#233;moigne cette superbe remarque issue de l'&#233;tude du cas de l'homme aux loups : &#034; Naturellement, un cas isol&#233; ne nous apprend pas tout ce que nous voudrions savoir. Ou, plus justement, il pourrait tout nous apprendre si nous &#233;tions &#224; m&#234;me de tout comprendre et si l'inexp&#233;rience de notre propre perception ne nous obligeait pas &#224; nous contenter de peu &#034; (Cinq psychanalyses, PUF, Paris, 1993, p 327-328).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Breuer et S. Freud, &#201;tudes sur l'hyst&#233;rie, [1895], Communication pr&#233;liminaire : &#034;Le m&#233;canisme psychique de ph&#233;nom&#232;nes hyst&#233;riques&#034;, [1892], PUF, Paris, 1994, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 179.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &#034; La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud &#034; [1953], PUF, Paris, 1958, p. 281.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce fameux &#034;Erwirb Es, um Es zu besitzen&#034; de G&#339;the (Faust, premi&#232;re partie), qui ne sera finalement que sa derni&#232;re version de la c&#233;l&#232;bre formule : &#034;Wo Es war, Soll Ich werden&#034; (&#034;L&#224; o&#249; &#199;a &#233;tait, je dois advenir &#034;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Freud et l'Hypnose</title>
		<link>https://psychanalyste-paris.com/Freud-et-l-Hypnose.html</link>
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		<dc:date>2002-10-18T12:52:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
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		<dc:subject>Hyst&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Martin Charcot</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le dimanche 25 avril 1886, jour de P&#226;ques, on pouvait lire dans les journaux et p&#233;riodiques m&#233;dicaux viennois l'annonce suivante : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Dr Sigmund Freud, charg&#233; de cours de neurologie &#224; la Facult&#233; de Vienne, est de retour apr&#232;s un s&#233;jour de six mois &#224; Paris et habite maintenant Rathausstrasse 7 &#187; . &lt;br class='autobr' /&gt; L'installation comme Neurologue et le Mariage civil &#224; Wandsbeck &lt;br class='autobr' /&gt;
Dix jours auparavant, Freud avait en effet emm&#233;nag&#233; dans cet appartement, situ&#233; juste derri&#232;re l'H&#244;tel de Ville de Vienne. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/-A-propos-de-Freud-.html" rel="directory"&gt;&#192; propos de Freud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Sigmund-Freud-+.html" rel="tag"&gt;Sigmund Freud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Hypnose-+.html" rel="tag"&gt;Hypnose&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-Hysterie-+.html" rel="tag"&gt;Hyst&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-CHARCOT-Jean-Martin-+.html" rel="tag"&gt;Jean-Martin Charcot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://psychanalyste-paris.com/+-BREUER-Joseph-+.html" rel="tag"&gt;Joseph Breuer&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton42-8c9b7.gif?1757696789' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le dimanche 25 avril 1886, jour de P&#226;ques, on pouvait lire dans les journaux et p&#233;riodiques m&#233;dicaux viennois l'annonce suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Dr Sigmund Freud, charg&#233; de cours de neurologie &#224; la Facult&#233; de Vienne, est de retour apr&#232;s un s&#233;jour de six mois &#224; Paris et habite maintenant Rathausstrasse 7 &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 158.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'installation comme Neurologue et le Mariage civil &#224; Wandsbeck&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix jours auparavant, Freud avait en effet emm&#233;nag&#233; dans cet appartement, situ&#233; juste derri&#232;re l'H&#244;tel de Ville de Vienne. L'ameublement de cette location semblait lui convenir, et il ne restait plus &#224; Freud qu'&#224; se procurer le traditionnel divan de rigueur &#224; l'&#233;poque pour proc&#233;der aux examens m&#233;dicaux, &#224; poser sur la porte coch&#232;re une plaque de verre noire, sur laquelle le mot m&#233;decin se d&#233;tacherait en lettres d'or et, enfin, &#224; envoyer 200 cartes de visite &#224; ses diff&#233;rents confr&#232;res viennois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq mois apr&#232;s, le 13 septembre 1886, Freud se marie civilement &#224; l'H&#244;tel de Ville de Wandsbeck. Jones nous d&#233;peint un Freud &#034;&#233;l&#233;gant et robuste&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 166.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sous des &#034;traits r&#233;guliers et des yeux noirs brillants&#034;. Il mesure 1, 69 m et p&#232;se 57 kg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce premier appartement, na&#238;tront successivement les 16 octobre 1887, 7 d&#233;cembre 1889 et 19 f&#233;vrier 1891, Mathilde, Jean-Martin et Olivier Freud. Ce n'est qu'en ao&#251;t 1891, l'appartement &#233;tant devenu trop petit, que Freud d&#233;m&#233;nagera pour emmener sa famille au d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre 19, de la Berggasse, o&#249; il passera quarante-sept ann&#233;es de sa vie. Jones pr&#233;cise d'ailleurs que &#034;le loyer [&#8230;] en &#233;tait moins &#233;lev&#233;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 167.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un an plus tard, Freud louera trois pi&#232;ces suppl&#233;mentaires au rez-de-chauss&#233;e de l'immeuble, o&#249; il y installera son bureau de travail, sa salle d'attente et son cabinet de consultation. Les trois enfants qui na&#238;tront dans ce nouvel appartement les 6 avril 1892, 12 avril 1893 et 3 d&#233;cembre 1895, se pr&#233;nommeront : Ernst, Sophie et Anna Freud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En cette ann&#233;e 1886, tout porte &#224; penser que, selon l'expression de Jones, &#034;Freud avait fini par atteindre le havre de bonheur auquel il aspirait depuis si longtemps&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 167.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'en &#233;tait rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#224; trente-cinq ans, &#034; tous ces travaux auraient suffi &#224; faire consid&#233;rer Freud comme un neurologue de premier ordre &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 243.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, plusieurs ombres pouvaient &#234;tre n&#233;anmoins port&#233; &#224; ce tableau : l'argent, la confiance dans sa pratique et, surtout, ce d&#233;sir de savoir apr&#232;s lequel Freud courait toujours. Le 9 septembre 1883, Freud avait &#233;crit &#224; Martha : &#034;Mon ambition sera satisfaite si je parviens, au cours d'une longue existence, &#224; avoir une notion de ce qu'est le monde &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 215.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce d&#233;sir n'&#233;tait pas encore satisfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Du strict point de vu financier d'abord, et comme Jones le souligne, &#034; Freud ne parvint &#224; sortir de cette affreuse pauvret&#233; qu'au bout de plusieurs ann&#233;es et, entre 1890 et 1900, bien des passages de ses lettres &#224; Fliess montrent qu'il se demande avec angoisse comment nouer les deux bouts &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 171.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud le pr&#233;cise lui-m&#234;me dans son autobiographie : &#034; Dans la p&#233;riode de 1886 &#224; 1891, [&#8230;] j'&#233;tais accapar&#233; par l'obligation de me faire une place dans ma nouvelle profession et d'assurer mon existence mat&#233;rielle ainsi que celle de ma famille qui s'accroissait rapidement &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 31.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut &#224; ce titre rappeler avec Jones, que &#034; Freud avait &#224; sa charge non seulement sa femme et ses enfants, mais aussi de nombreux parents qu'il aidait beaucoup &#034;. Le nombre de parents dont Freud devait assurer l'existence s'&#233;leva jusqu'&#224; une bonne douzaine de personnes &#224; la fin de la d&#233;cennie 1890&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D'un point de vue plus professionnel, la majeure partie de sa client&#232;le lui &#233;tait envoy&#233;e par Breuer, son ami le plus proche, dont la femme avait tenu &#224; fixer elle-m&#234;me la plaque de m&#233;decin du premier cabinet de Freud. Freud avait rencontr&#233; Joseph Breuer, quinze ans plus t&#244;t, &#224; l'Institut de physiologie d'Ernst Br&#252;cke. Joseph Breuer &#233;tait de quatorze ans son a&#238;n&#233;. C'&#233;tait un m&#233;decin reconnu et r&#233;put&#233; non seulement &#224; Vienne, mais &#233;galement partout en Allemagne et, surtout, un homme tr&#232;s cultiv&#233; qui partageait avec Freud une v&#233;ritable passion pour G&#339;the. Breuer avait lui-m&#234;me &#233;t&#233; Ma&#238;tre de Conf&#233;rence &#224; la Facult&#233; de M&#233;decine de Vienne en 1868, soit dix-sept ans avant Freud, mais lorsque &#224; l'&#233;poque on lui proposa de devenir professeur, il avait pr&#233;f&#233;r&#233; refuser pour se consacrer &#224; sa riche client&#232;le priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, lorsque Freud s'installa, Breuer n'h&#233;sita pas &#224; aider son jeune Mentor, financi&#232;rement d'abord, ce qu'il avait du reste d&#233;j&#224; fait &#224; de nombreuses reprises, mais &#233;galement, professionnellement. Car si, &#224; l'h&#244;pital, chaque m&#233;decin travaille en &#233;quipe et sous la supervision d'un sup&#233;rieur hi&#233;rarchique, en cabinet priv&#233;, le confort psychologique qu'apporte ce type de structure hi&#233;rarchique dispara&#238;t, et chaque m&#233;decin travaille &#034;sans filet&#034;, devant &#224; tout moment faire face &#224; ses responsabilit&#233;s m&#233;dicales. Or Freud comme Jones le rappelle, &#034; n'avait qu'une confiance limit&#233;e en ses propres capacit&#233;s m&#233;dicales et g&#233;missait sans cesse de se sentir aussi maladroit en face de ses malades &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 159.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud perdait rapidement la confiance qu'il acqu&#233;rait en lui-m&#234;me, et avait besoin d'un ami sur qui compter. Il n'avait plus Charcot, ni Br&#252;cke, cet appui, il le trouva en la personne de Joseph Breuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cet appui &#233;tait d'autant plus crucial, que Freud, en cette ann&#233;e 1886, s'&#233;tait tout bonnement emm&#234;l&#233; dans la &#034;Confusion ses sentiments&#034; : d'un c&#244;t&#233;, il ne semblait rechercher que la reconnaissance de ses p&#232;res, tandis que de l'autre, il n'aspirait qu'&#224; leur d&#233;montrer qu'il &#233;tait bien meilleur qu'eux. C'est l&#224; l'ambivalence m&#234;me qui conduit g&#233;n&#233;ralement le n&#233;vros&#233; obsessionnel soumis &#224; un tel conflit &#339;dipien tout droit dans le mur. Nous le savons, c'est gr&#226;ce &#224; son analyse qu'il put extirper son d&#233;sir du conflit &#339;dipien o&#249; celui-ci restait encore emm&#234;l&#233;. Il s'en fallut cependant de peu pour qu'il ne s'enferme d&#233;finitivement dans sa propre prison inconsciente, et c'est tout d'abord au travers de son transfert sur Breuer qu'il sut trouver les ressources pour pers&#233;v&#233;rer dans son entreprise : rompre ses propres cha&#238;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'hyst&#233;rie masculine : le nouveau d&#233;fi de Freud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il faut tout d'abord rappeler que Freud avait quitt&#233; Vienne, en octobre 1885, en v&#233;ritable conqu&#233;rant. Il esp&#233;rait secr&#232;tement qu'&#224; son retour, ses travaux sur la coca&#239;ne lui vaudraient la renomm&#233; internationale qu'il convoitait. Or, comme nous l'avons vu, entre-temps - c'est-&#224;-dire durant son s&#233;jour &#224; Paris, le vent avait tourn&#233;. Il fut tout d'abord surpris de constater qu'il &#034;&#233;tait l'objet d'attaques toujours plus vives&#034; et qu'on l'accus&#226;t &#034;d'avoir favoris&#233; l'apparition d'une nouvelle sorte de toxicomanie&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 150&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais non content de cela, Freud persiste et signe : il revenait &#224; Vienne avec, dans son sac, un nouveau rem&#232;de miraculeux qui, cette fois-ci, n'&#233;tait pas la coca&#239;ne, mais l'hypnose, ainsi qu'avec un nouveau myst&#232;re &#224; faire d&#233;couvrir &#224; ses a&#238;n&#233;s : l'hyst&#233;rie masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Avec sa coutumi&#232;re ardeur&#034;, nous dit Jones&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Freud se posai d&#233;sormais en champion enthousiaste des nouvelles id&#233;es de Charcot sur l'hyst&#233;rie et l'hypnotisme, et ce fait n'&#233;tait gu&#232;re fait pour am&#233;liorer sa r&#233;putation. Car Freud se cr&#251;t en effet oblig&#233; de faire savoir &#224; la Soci&#233;t&#233; m&#233;dicale de Vienne, ce qu'il avait d&#233;couvert &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le 15 octobre 1886, que Freud pr&#233;senta &#224; la Soci&#233;t&#233; m&#233;dicale de Vienne son rapport intitul&#233; &#034;De l'hyst&#233;rie masculine&#034;. L'ambiance de cette soir&#233;e particuli&#232;re est magnifiquement bien d&#233;peinte dans le Film r&#233;alis&#233; en 1961 par John Huston et dont le sc&#233;nario f&#251;t &#233;crit par Jean-Paul Sartre : &#034;Freud, passions secr&#232;tes&#034;. On y voit un Montgomery Clift, particuli&#232;rement habile dans le r&#244;le d'un Freud maladroit, exposant les vues de Charcot, et tentant de modifier la conception qui pr&#233;valait &#224; l'&#233;poque dans les milieux m&#233;dicaux viennois, selon laquelle l'hyst&#233;rie n'&#233;tait non seulement qu'une vague simulation, mais surtout, une maladie typiquement f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce soir-l&#224;, Freud pr&#233;sente justement un cas d'hyst&#233;rie traumatique chez un homme qui &#233;tait tomb&#233; d'un &#233;chafaudage, et qu'il avait lui-m&#234;me pu observer &#224; la Salp&#234;tri&#232;re. Il s'agit d'un jeune ma&#231;on de dix-huit ans, Pinaud, qui apr&#232;s une chute d'environ deux m&#232;tres reste sans connaissance. Lorsqu'il reprend conscience, il ne constate que quelques contusions &#224; son genou gauche, mais quelques jours plus tard, il se r&#233;veille avec le membre sup&#233;rieur gauche paralys&#233;. Il finit par atterrir quelques mois plus tard dans le service de Charcot &#224; la Salpetri&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le&#231;ons 19 &#224; 22 du tome III des &#339;uvres compl&#232;tes de Charcot. Sur ce sujet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jones commente l'accueil que re&#231;u l'expos&#233; de Freud de la fa&#231;on suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Quand un jeune enthousiaste, un jeune fanatique pourrait-on m&#234;me dire, vient annoncer &#224; ses a&#238;n&#233;s dont la plupart ont &#233;t&#233; ses ma&#238;tres qu'ils leur reste beaucoup &#224; apprendre et que lui se pr&#233;pare &#224; les &#233;clairer, l'in&#233;vitable r&#233;ponse qu'il re&#231;oit est d'ordre d&#233;fensif, et prend la forme d'une d&#233;pr&#233;ciation &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir-l&#224;, les auditeurs de Freud ont soit cherch&#233; &#224; nier le caract&#232;re nouveau de l'information qui leur &#233;tait pr&#233;sent&#233;, l'hyst&#233;rie masculine devenant soudain un ph&#233;nom&#232;ne bien connu des m&#233;decins viennois, soit ont directement cherch&#233; &#224; remettre en cause le caract&#232;re scientifique et rigoureux de la formation m&#233;dicale de Freud, lui rappelant que le mot &#034;hyst&#233;rie&#034; se d&#233;duisait &#233;tymologiquement de &#034;hysteron&#034;, mot grec signifiant &#034;uterus&#034;, ce qui excluait par l&#224;-m&#234;me l'id&#233;e d'une hyst&#233;rie masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud, si d&#233;sireux de se faire reconna&#238;tre et de br&#251;ler les &#233;tapes qui devaient inexorablement le conduire vers la c&#233;l&#233;brit&#233;, accuse le coup. En r&#233;alit&#233;, comme Jones le pr&#233;cise : &#034; [&#8230;] Rien de notable ne semble s'&#234;tre produit ce soir-l&#224; et Freud aurait pu s'attendre &#224; une telle r&#233;ception. En pareilles circonstances, cet accueil aurait &#233;t&#233; aussi froid dans la plupart des cercles m&#233;dicaux. [&#8230;] En commentant cet incident, il faut souligner la na&#239;vet&#233; du jeune mentor et peut-&#234;tre son exc&#232;s de sensibilit&#233; aussi bien que le manque d'imagination si &#233;vident de ses a&#238;n&#233;s &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, 253.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meynert, chef du service psychiatrique de l'H&#244;pital de Vienne, finit par demander &#224; Freud d'apporter la preuve de ses affirmations, en le sommant de leur montrer un cas d'hyst&#233;rie masculine pr&#233;sentant les sympt&#244;mes typiques d&#233;crits par Charcot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but novembre, Freud a d&#233;couvert le cas qu'il s'&#233;tait, pendant un mois, ardemment employ&#233; &#224; rechercher. C'est celui d'un jeune m&#233;tallurgiste de 29 ans qui, s'&#233;tant violemment disput&#233; avec son fr&#232;re, fut ensuite atteint d'une h&#233;mianesth&#233;sie avec troubles du champ visuel et du sens de la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas est pr&#233;sent&#233; par Freud le 26 novembre 1886 &#224; la Soci&#233;t&#233; m&#233;dicale. Si, cette fois, Freud recueille quelques applaudissements, pour Meynert cependant, rien n'y fait : &#034; l'erreur fondamentale de la th&#233;orie de Charcot &#233;tait sa m&#233;connaissance de l'existence d'une petite branche de la carotide interne, l'art&#232;re choro&#239;dale !&#034; Meynert reprochait &#224; Charcot d'avoir d&#233;finitivement entra&#238;n&#233; Freud &#034; hors du sentier &#233;troit et born&#233; de la science pure &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 256.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud adopta quant &#224; lui une attitude de d&#233;fi, et ses rapports avec Meynert et la Soci&#233;t&#233; m&#233;dicale de Vienne ne s'am&#233;lior&#232;rent gu&#232;re jusqu'au jour o&#249;, sur le point de mourir, Meynert, que l'on savait alcoolique, avoua &#224; Freud qu'il se savait lui-m&#234;me hyst&#233;rique. Comme Jones le pr&#233;cise, une telle confession apr&#232;s tant d'ann&#233;es, ne fut qu'une &#034;pi&#232;tre consolation&#034; pour Freud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, 254 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Freud &amp; l'Hypnose&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, en Allemagne, il n'y avait gu&#232;re qu'une poign&#233;e de m&#233;decins, dont le c&#233;l&#232;bre Moebius, qui prenait l'hypnotisme au s&#233;rieux. La plupart des coll&#232;gues de Freud, qu'ils soient m&#233;decins ou psychiatres, consid&#233;raient ce proc&#233;d&#233; comme une formidable supercherie. Meynert, encore une fois, alla jusqu'&#224; &#233;crire que &#034; l'hypnotisme d&#233;grade l'&#234;tre humain en en faisant une cr&#233;ature priv&#233;e de volont&#233; et de raison et qu'il ne peut que h&#226;ter sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence nerveuse et mentale [&#8230;]. Il provoque une forme artificielle d'ali&#233;nation &#034;. Il comparait l'hypnose &#224; une v&#233;ritable &#034;&#233;pid&#233;mie psychique qui s&#233;vissait parmi les docteurs&#034;, ajoutant, dans sa grande bont&#233; : &#034;J'&#233;prouve certes une commis&#233;ration sympathique &#224; l'&#233;gard de ces confr&#232;res qui, peut-&#234;tre par altruisme, et confiants de leurs premiers succ&#232;s, s'abaissent jusqu'&#224; assumer le r&#244;le de bonnes d'enfants en assommant les gens par la suggestion pour les faire dormir &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette fin de XIXe si&#232;cle, la mode &#233;tait aux traitements &#233;lectriques qui, comme le rappelle Jones, &#034; furent tr&#232;s en faveur en neurologie, non seulement pour l'&#233;tablissement du diagnostic, mais davantage encore en tant que fondement m&#234;me d'une th&#233;rapeutique &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 221.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud, qui avait &#233;t&#233; form&#233; &#224; l'&#233;cole classique, connaissait bien le proc&#233;d&#233; et avait commenc&#233;, durant les deux premi&#232;res ann&#233;es de sa carri&#232;re, par appliquer le traitement &#233;lectrique orthodoxe, qu'il combinait avec des bains et des massages, deux adjuvants qu'il continuera d'ailleurs &#224; prescrire jusqu'en 1895&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, les n&#233;vros&#233;s, qui semblaient se multiplier dans les milieux viennois, passaient inlassablement d'un m&#233;decin &#224; l'autre, sans qu'une aide visible puisse leur &#234;tre apport&#233;, malgr&#233; le caract&#232;re tr&#232;s sophistiqu&#233; de l'appareil &#233;lectrique mis au point par Erb :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Qui veut vivre du traitement des malades nerveux doit &#233;videmment pouvoir faire quelque chose pour eux. Mon arsenal th&#233;rapeutique ne contenait que deux armes : l'&#233;lectroth&#233;rapie et l'hypnose, car l'envoi dans un &#233;tablissement hydroth&#233;rapique apr&#232;s une consultation unique n'&#233;tait pas une source de gain suffisante. Je m'en rapportai, en ce qui concerne l'&#233;lectroth&#233;rapie, au manuel de W. Erb, qui donnait des prescriptions d&#233;taill&#233;es sur le traitement de tous les sympt&#244;mes des maladies nerveuses. Je devais malheureusement bient&#244;t reconna&#238;tre que ma docilit&#233; &#224; suivre ces prescriptions n'&#233;tait d'aucune efficacit&#233;, que ce que j'avais pris pour le r&#233;sultat d'observations exactes n'&#233;tait qu'un &#233;difice fantasmagorique. La d&#233;couverte qu'un livre sign&#233; du premier nom de la neuropathologie allemande n'avait pas plus de rapports &#224; la r&#233;alit&#233; que, par exemple, une clef des songes &#034;&#233;gyptienne&#034; telle qu'on en vend dans nos librairies populaires, fut douloureuse, mais elle m'aida &#224; perdre encore un peu de la na&#239;ve croyance aux autorit&#233;s dont je ne m'&#233;tais pas encore rendu ind&#233;pendant. Je mis donc l'appareil &#233;lectrique de c&#244;t&#233;, avant m&#234;me que Moebius n'ait prof&#233;r&#233; ces paroles lib&#233;ratrices : les succ&#232;s du traitement &#233;lectrique - quand il en est - ne sont dus qu'&#224; la suggestion m&#233;dicale &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 28.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en d&#233;cembre 1887, que Freud commence &#224; r&#233;guli&#232;rement utiliser la suggestion hypnotique dans sa propre pratique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; &#192; Paris, j'avais vu qu'on se servait sans aucune r&#233;serve de l'hypnose comme d'une m&#233;thode propre &#224; cr&#233;er et &#224; supprimer ensuite des sympt&#244;mes chez les malades. Puis nous parvint la nouvelle qu'avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e &#224; Nancy une &#233;cole qui utilisait &#224; des fins th&#233;rapeutiques la suggestion avec ou sans hypnose, et ce &#224; une grande &#233;chelle et avec un succ&#232;s particulier. Il arriva ainsi tout naturellement que pendant les premi&#232;res ann&#233;es de mon activit&#233; m&#233;dicale, et compte tenu des m&#233;thodes psychoth&#233;rapeutiques plut&#244;t occasionnelles et non syst&#233;matiques, la suggestion hypnotique devint mon principal instrument de travail &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 29.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui &#233;tait d&#233;j&#224; arriv&#233; de l'employer occasionnellement, comme avec cette malade italienne, par exemple, prise de convulsions hyst&#233;riques &#224; chaque fois que l'on pronon&#231;ait devant elle le mot &#034;pomme&#034;, et qu'il avait trait&#233; avec succ&#232;s par l'hypnose au tout d&#233;but du moins de juin 1886&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, Freud s'apercevait que, malgr&#233; son exp&#233;rience avec Charcot &#224; la Salp&#234;tri&#232;re, il ne r&#233;ussissait pas toujours &#224; hypnotiser ses patients comme il le souhaitait. Pour am&#233;liorer sa pratique, il d&#233;cide tout d'abord de se replonger dans les livres : en d&#233;cembre 1887, il signe un contrat avec les &#233;diteurs de Bernheim, en vue de la traduction de deux volumes de l'hypnotiseur fran&#231;ais. En mai, il donne deux conf&#233;rences sur l'hypnotisme et lit &#233;galement le livre de Forel sur l'hypnose, dont il donnera une pr&#233;sentation d&#233;taill&#233;e en 1889. C'est du reste Forel, tout comme Benedickt l'avait fait lors de sa visite &#224; Charcot, qui lui donne un mot d'introduction pour Bernheim, lorsque Freud entrepr&#238;t de parfaire sa technique &#224; Nancy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Dans l'intention de perfectionner ma technique hypnotique, je me rendis en &#233;t&#233; 1889 &#224; Nancy, o&#249; je passai plusieurs semaines. Je vis le vieux Li&#233;beault qui &#233;tait touchant dans le travail qu'il pratiquait sur les femmes et les enfants pauvres de la population ouvri&#232;re ; je fus t&#233;moin des exp&#233;riences &#233;tonnantes de Bernheim sur ses patients hospitaliers ; et j'en ramenai les impressions les plus pr&#233;gnantes de la possibilit&#233; de processus psychiques puissants, qui ne s'en d&#233;robent pas moins &#224; la conscience de l'homme &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 30.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; son retour de Nancy, Freud n'arrive toujours pas &#224; une ma&#238;trise parfaite du proc&#233;d&#233; et commence &#224; se poser bon nombre de questions sur l'efficacit&#233; de cette technique. L'hypnose est-elle v&#233;ritablement efficace ? Si oui, le proc&#233;d&#233; ne masquerait-il pas une r&#233;sistance &#224; l'acc&#232;s de la v&#233;ritable cause de la maladie ? &#192; la premi&#232;re question, Freud eut un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; Nancy, lorsqu'il pr&#233;senta &#224; Bernheim un cas qu'il n'arrivait pas &#224; hypnotiser :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; J'avais pouss&#233; une de mes patients &#224; me suivre &#224; Nancy. C'&#233;tait une hyst&#233;rique d'une grande distinction, g&#233;nialement dou&#233;e, qu'on avait remise &#224; mes soins, parce qu'on ne savait qu'en faire. Par influence hypnotique, je lui avais permis d'acc&#233;der &#224; une existence humaine d&#233;cente, et j'arrivais toujours &#224; la d&#233;gager &#224; nouveau de la mis&#232;re de ses &#233;tats. Dans mon ignorance d'alors, j'attribuais le fait qu'elle rechutait chaque fois au bout d'un certain temps, &#224; ce que son hypnose n'avait jamais atteint le degr&#233; du somnambulisme avec amn&#233;sie. Alors Bernheim s'y essaya &#224; plusieurs reprises, mais sans plus de r&#233;sultats que moi. Il m'avoua avec franchise qu'il n'arrivait &#224; ses grands succ&#232;s th&#233;rapeutiques par la suggestion que dans sa pratique hospitali&#232;re, mais pas avec ses patients priv&#233;s &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 31.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais Freud semblait d&#233;finitivement s'&#234;tre &#233;loign&#233; de l'h&#244;pital et avait &#224; faire face &#224; une client&#232;le qui le mettait devant les responsabilit&#233;s d'un m&#233;decin de cabinet priv&#233;. Il ne pouvait pas se contenter des remarques de Bernheim et devait imp&#233;rativement pousser plus loin ses investigations personnelles. V&#233;ritable fil conducteur, il remettait sans cesse la question de l'efficacit&#233; de l'hypnotisme sur le m&#233;tier qu'il avait &#224; tisser : le proc&#233;d&#233; ne masquait-il pas une r&#233;sistance et l'acc&#232;s &#224; la v&#233;ritable cause de la maladie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps de sa pratique, Freud se servait de l'hypnose comme d'un pur proc&#233;d&#233; suggestif : pour supprimer le ou les &#233;tats morbides, il mettait ses patients sous influence suggestive et leur &#233;mettait cette injonction de supprimer leurs sympt&#244;mes &#224; leur r&#233;veil. Profitant de l'&#233;tat somnambulique, il leur interdisait tout bonnement d'avoir recourt &#224; leurs sympt&#244;mes. C'est l&#224; l'image d'&#201;pinal que l'on se fait d'un hypnotiseur, et c'est &#224; cette image que Freud s'est conform&#233; dans un premier temps. Cependant, Freud se doutait que ce proc&#233;d&#233; masquait une r&#233;sistance &#224; la v&#233;ritable compr&#233;hension de la maladie, et le v&#233;ritable tour de force de Freud est d'avoir su d&#233;nicher cette r&#233;sistance l&#224; o&#249; personne d'autre que lui n'aurait pu r&#233;ussir &#224; la d&#233;nicher : chez le m&#233;decin lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Freud s'aper&#231;ut tr&#232;s vite qu'il se complaisait dans le r&#244;le du magicien tout puissant, r&#244;le qui le flattait certes, mais surtout, qui masquait son v&#233;ritable manque de confiance en lui, qu'on lui connaissait chronique. Bref, en croyant n'enregistrer que des succ&#232;s, il ne faisait que se mentir &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Freud s'est alors livr&#233; &#224; une autre utilisation de l'hypnose :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je me servais d'elle pour explorer chez le patient l'histoire de la gen&#232;se de son sympt&#244;me, que souvent, &#224; l'&#233;tat de veille, il ne pouvait pas communiquer du tout, ou seulement de mani&#232;re tr&#232;s imparfaite. Non seulement ce proc&#233;d&#233; paraissait plus efficace que la simple injonction ou interdiction suggestives ; il satisfaisait aussi le d&#233;sir de savoir du m&#233;decin, qui avait tout de m&#234;me le droit d'apprendre quelque chose de l'origine du ph&#233;nom&#232;ne qu'il s'effor&#231;ait de supprimer par la monotone proc&#233;dure suggestive &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 33.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme nous le voyons, si Freud r&#233;ussi &#224; reconna&#238;tre et &#224; se d&#233;faire de son d&#233;sir de puissance en abandonnant ses injonctions et ses interdictions de magn&#233;tiseurs, son autre d&#233;sir - son d&#233;sir de savoir -, lui, ne l'a toujours pas quitt&#233;, et l'hypnose, de ce point de vue, lui fournissait encore un b&#233;n&#233;fice secondaire non n&#233;gligeable. Certes, c'est ce d&#233;sir de savoir qui l'aura guid&#233; jusqu'aux portes des grands myst&#232;res de l'humain, et comme Jones le souligne, &#034; Freud &#233;tait certain qu'un grand nombre de myst&#232;res se dissimulaient derri&#232;re les sympt&#244;mes manifestes et son imagination, toujours en &#233;veil, br&#251;lait de les &#233;claircir &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 264.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce ne sera qu'&#224; partir du moment o&#249; Freud pourra abandonner cette terrible qu&#234;te sans fin du savoir, que son d&#233;sir pourra s'&#233;manciper. Et ce n'est qu'une fois son d&#233;sir libre, que l'homme Freud pourra accueillir les associations qu'il qualifiera alors du m&#234;me nom, les associations libres, abandonnant par l&#224; m&#234;me d&#233;finitivement le savoir &#224; ses patients et, surtout, au lieu d'o&#249; ils parlent : l'inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le chemin &#233;tait encore long et l'on sait que Freud ne renoncera d&#233;finitivement &#224; l'hypnose en tant que proc&#233;d&#233; th&#233;rapeutique, qu'en 1896, alors m&#234;me que quatre ans auparavant, il avait d&#233;j&#224; d&#233;couvert que cet abandon &#233;tait possible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 269.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 158.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 166.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 167.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 167.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 243.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 215.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 171.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 251 et 370.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 159.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 150&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 104 et 260.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le&#231;ons 19 &#224; 22 du tome III des &#339;uvres compl&#232;tes de Charcot. Sur ce sujet, lire l'excellent article d'Agn&#232;s Sofiyana, Freud &amp; Charcot, sur &lt;a href=&#034;http://abreactions.asso.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://abreactions.asso.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, 253.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 256.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, 254 et Interpr&#233;tation des r&#234;ves, p. 372.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 221.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 259.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 260-263.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud pr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, [1925], Gallimard, Paris, 1984, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 264.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 269.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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